Elhadj Mohamed Fodé Sylla du SGAR : « l’islam accepte qu’on déplace la tombe si… »

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La fermeture annoncée du cimetière de Bambéto, dans la commune de Ratoma, continue de faire couler des flots d’encre et de salive dans le pays.  Elhadj Mohamed Fodé Sylla est le directeur national adjoint du réseau des ONG et associations religieuses  au secrétariat général des affaires religieuses. Il a bien voulu donner son avis sur la nécessité ou non de déplacer la tombe d’un musulman.

« L’homme est sacré, qu’il soit vivant ou mort. Tout le respect que l’islam accorde à un être vivant, c’est ce même respect qui est réservé à un mort. C’est pour cela que l’islam interdit catégoriquement de toucher à la tombe d’un musulman. Mais, s’il y a un besoin, par exemple une tombe est dans un endroit dont on a besoin pour y construire un bâtiment ou pour faire passer une route, ou pour creuser un puits, ou pour faire quelque chose d’autre qui est profitable aux vivants et qu’il n’y a pas d’autres endroits sauf là-bas, dans ce cas, l’islam accepte qu’on déplace la tombe. Deuxièmement, il y a des recommandations. Vous savez, auparavant, nos parents, ils considéraient quand un imam meurt et que c’est lui le fondateur d’une grande mosquée, on l’enterre directement à l’est de cette mosquée. Mais ces derniers temps, il y a eu des avancées intellectuelles dans la connaissance de l’islam, et ça c’est un comportement qui est prohibé par l’islam. Le Prophète (Paix et Salut sur Lui) a interdit dans un hadith authentique où il dit qu’on ne doit pas prier sur une tombe, non plus vers une tombe. Donc, le conseil des grands intellectuels a décidé depuis très fort longtemps, dans toutes les mosquées où nos morts sont enterrés, là où il  n’y a pas de clôtures entre la mosquée et les tombes, de déplacer les tombes. Mais s’il se trouve qu’ils sont enterrés dans un endroit  où il y a une clôture qui sépare le cimetière de la mosquée, là, on peut conserver. Troisième chose, là où on est enterré, on bénéficie du bon comportement, du  bon sort ou du mauvais sort de nos voisins directs. Si quelqu’un meurt dans un Etat où l’islam n’est pas pratiqué, les moyens vous le permettent, vous pouvez aussi, dans ce cas-là, déplacer la tombe. », a-t-il expliqué.

Propos recueillis par Elisa Camara

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