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En Gambie, Yahya Jammeh accusé d’avoir détourné 21,4 millions de dollars

Dans son rapport officiel remis au président gambien Adama Barrow, la commission soutient que l’ex-chef de l’État a détourné 21 millions 426 mille 717 dollars américains avant de partir en exil en Guinée Équatoriale.

La commission accuse aussi Yahya Jammeh d’avoir détourné et blanchi de l’argent pour un total de 343 millions de dollars américains.

Pendant 18 mois, la commission d’enquête dirigée par le juge Surahata Janneh et la procureure spéciale Amie Bensouda, a auditionné des centaines de témoins.

Des témoins qui ont répondu aux questions des commissaires, livré des documents, ainsi que d’autres preuves sur la nature et les circonstances de l’acquisition des biens en nature et en espèces de Yahya Jammeh.

 »Nous avons maintenant établi qu’il est en possession de 281 propriétés dans ce pays. Nous avons des informations partagées avec des gouvernements étrangers qui nous assistent pour traquer et reprendre les biens à l’étranger. Ce qui est à l’origine de la confiscation de sa résidence du Potomac par les Etats-Unis », a déclaré le ministre gambien de la Justice, Ba Tambedou, en présentant le résultat des enquêtes et auditions.

Au total, la commission d’enquête officielle indique que les seuls comptes bancaires et les biens retrouvés en Gambie sont évalués à 343 millions de dollars.

On y trouve des voitures de luxe et des propriétés foncières dont la villa de Yahya Jammeh dans son village natal de Kanilai estimée par la commission à 28 millions 250 mille dollars américains.

Il y a deux jours, le Projet de signalement du crime organisé et de la corruption a aussi accusé Yahya Jammeh d’avoir volé près d’un milliard de dollars américains avant sa fuite en exil.

Président du groupe parlementaire du parti de Yahya Jammeh jusqu’en 2017, Fabakary Tombong Jatta est aujourd’hui le leader de l’APRC, le parti fondé par l’ex-président gambien.

 »La commission d’enquête, ils (les dirigeants actuels du pays) l’utilisent comme un outil de propagande pour faire croire aux gens que ce qu’ils disent, c’est ce qui a été fait par le président Yahya Jammeh et l’APRC », soutient M. Jatta.

 »Ce n’est pas vrai. Le fait qu’il garde le silence et vaque à ses occupations nous conforte », ajoute-t-il.

Il revient au président Adama Barrow de donner suite aux conclusions de la commission. Le chef de l’État gambien a, pour cela, un délai de six mois.

Source : BBC

 

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  1. CONDÉ ABOU

    30 mars 2019 at 23 h 34 min

    Je crois que la situation est beaucoup plus explosive et grave que celle que décrit la très respectable BBC à la suite du Rapport des enquêteurs nationaux du Gouvernement Gambien.

    Tous les détails sont en fait, partis des conclusions des enquêteurs du consortium international d’enquêteurs indépendants de l’OCCRP, et qui sont extrèmement accablants et explosifs pour l’ancien Président Gambien Mr. Yahya Jammeh. Ces détails ont été repris par The Guardian, le grand quotidien Britannique.

    Dans son édition du 27 Mars 2019 sous la signature de David Pegg, voici ce qu’a publié le très sérieux quotidien Britannique The Guardian, fondé en 1821 et qui n’a rien à voir avec les conclusions des enquêteurs nationaux actuellement accrédités par le Gouvernement Gambien:

    Gambian ex-president ‘stole almost $1bn before fleeing country’.
    Yahya Jammeh accused of orchestrating huge theft of government funds
    https://amp.theguardian.com/world/2019/mar/27/

    Traduisez pour la compréhension:
    L’ex-président Gambien a «volé près d’un milliard de Dollars US avant de fuir son pays»
    Yahya Jammeh accusé d’avoir orchestré le vol massif de fonds publics

    Voici ce qu’écrit en substance, David Pegg:

    Yahya Jammeh, l’ancien président Gambien, a orchestré le vol de près de 1 milliard de Dollars (760 millions de livres sterling) dans son pays avant sa fuite en exil, il y a deux ans, ont affirmé des journalistes d’investigation.

    Le consortium Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), ou Projet de lutte contre le crime organisé et la corruption (OCCRP) a déclaré qu’il avait examiné des milliers de documents ayant fuité et qui décrivaient comment les fonds du Gouvernement avaient été pillés pendant 22 ans.

    Notez entre parenthèses, que selon Wikipedia, l’OCCRP ou Projet de lutte contre le crime organisé et la corruption (OCCRP), fondé en 2006, est un consortium de centres d’enquête, de médias et de journalistes opérant en Europe orientale, dans le Caucase, en Asie centrale et en Amérique centrale. L’OCCRP est la seule organisation de compte rendu d’enquêtes à temps plein spécialisée dans le crime organisé et la corruption. Il publie ses récits dans les médias locaux et en Anglais et en Russe sur son site Web. En 2017, NGO Advisor l’a classée au 69ème rang mondial des 500 meilleures organisations non gouvernementales (ONG).

    Retour sur l’article de David Pegg, consultable par tout le monde sur The Guardian:
    Jammeh, un ancien officier militaire qui a pris le pouvoir par un coup d’État en 1994, s’est enfui au début de l’exil début 2017 après avoir perdu une élection.

    En Décembre 2017, l’administration Trump a imposé à Jammeh des sanctions américaines pour sa «longue histoire de corruption et de violations graves des droits humains», notamment une brigade de la torture et des assassinats appelée Junglers, qui visait les détracteurs et les opposants politiques de Jammeh.

    L’année suivante, le Département d’État annonça que Jammeh et sa famille étaient exclus de l’obtention de visas d’entrée sur le territoire des États-Unis.

    Jeggan Gray-Johnson, responsable des communications au bureau africain de la Open Society Foundation, a déclaré à l’OCCRP que M. Jammeh « dirigeait le pays comme un syndicat du crime organisé », mais que ses exactions avaient été largement ignorées par la communauté internationale à cause de la petite taille de l’Etat d’Afrique de l’Ouest (La Gambie).

    Au moment où il l’a placé sous sanctions, le Trésor Américain a également accusé M. Jammeh d’avoir «ordonné le retrait illégal» d’au moins 50 millions de dollars de son pays.

    Cependant, le bureau de l’OCCRP, a indiqué que les documents examinés suggéraient que Jammeh et ses associés avaient pillé au moins 975 millions de Dollars US, citant des documents datant principalement de 2011 à 2016, notamment:

    • 71 millions de Dollars ont été détournés de la Banque centrale de Gambie en quelques années, principalement d’un fonds consolidé du revenu destiné à conserver les recettes du Gouvernement, y compris les impôts sur les bénéfices.

    • 82% des revenus de l’opérateur de télécommunications d’État, pour un montant total d’environ 364 millions de Dollars, ont été versés en vertu de contrats avec divers tiers ou retirés en espèces par les associés de Jammeh.

    • 36.000 Dollars ont été détournés sur un compte créé pour «le bureau de la première dame», alors que ce bureau n’existait pas.

    • Plusieurs demandes d’associations de Jammeh visant à retirer des recettes d’une taxe de 10% sur les captures de poisson dans les eaux gambiennes.

    Une partie des fonds a été dépensée pour le luxe de Jammeh, notamment un Palais avec une mosquée privée, ou investie dans des projets de prestige, tels qu’un concert en hommage à Michael Jackson en 2010 après le décès du chanteur.

    Des documents ont montré qu’au cours des deux dernières années, au moins 35 millions de Dollars avaient été soustraits d’un compte appelé «3M» de la Citibank, créée pour recevoir une aide de Taiwan, a déclaré l’OCCRP. Citibank aurait refusé de commenter.

    L’argent aurait été distribué à environ 20 bénéficiaires. Parmi eux figurait Muhammad Bazzi, homme d’affaires et financier présumé du groupe terroriste Libanais Hezbollah.
    L’année dernière, Bazzi a été soumis à des sanctions Américaines pour ses liens présumés avec le groupe terroriste (Hezbollah), ainsi que pour cinq sociétés sous son contrôle.

    Le Trésor Américain l’aurait décrit comme un « proche associé » de Jammeh et l’a accusé de liens avec le trafic de drogue et le blanchiment d’argent. L’OCCRP a déclaré que Bazzi n’avait pas répondu aux demandes de commentaires.

    Les survivants des 22 années de pouvoir de Jammeh décrivent son autorité sur l’État, définie par la cruauté et l’excentricité. L’année dernière, 12 corps auraient été exhumés d’une fosse commune située à l’extérieur de la capitale, Banjul, qui auraient été victimes d’un massacre par les Junglers, la brigade de la torture et des assassinats.

    Ancien officier de l’Armée, Jammeh a également affirmé avoir inventé un remède contre le VIH et contraint plusieurs Gambiens séropositifs à se soumettre comme sujets de test pour des potions de son choix.

    Un comité vérité, réconciliation et réparations (justice) a estimé l’année dernière que 150.000 victimes du régime de Jammeh attendaient de raconter leur histoire.

    En Décembre 2016, Jammeh a perdu l’élection face à un candidat rival, Adama Barrow, et a été appelé à se retirer. Jammeh a d’abord concédé mais a ensuite changé d’avis et a rejeté le résultat, alléguant des «anomalies graves et inacceptables» dans le processus.

    Après un mois de confrontation et sous la pression d’autres Chefs d’État africains, Jammeh a finalement concédé et quitté le pays. Selon le New York Times, il était accompagné d’un avion cargo bourré d’objets de luxe, dont au moins trois voitures.

    La commission d’enquête sur les crimes économiques commis sous Jammeh, (qui vit en exil en Guinée Équatoriale), n’a pas encore été informée.

    L’OCCRP a déclaré que le Gouvernement Équato-Guinéen n’avait pas répondu aux demandes visant à joindre Jammeh pour commentaires.

    Après les conclusions du quotidien Britannique, The Guardian, croisons les bras et attendons de voir la suite. Je ne vois pas du tout, comment à Banjul, les partisans de l’ancien President Gambien pourront-ils balayer d’un revers de la main, les conclusions des enqueteurs independants de l’OCCRP ?

    Bonne soirée chez vous et merci pour la courtoisie de Mediaguinee.

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