En pleurs, Manamba, fille de Mory Kanté veut voir son père avant son inhumation…

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Le Ministère de la Culture accédera-t-il à la demande de la fille ”chouchoutée” de la légende de la musique africaine Mory Kanté ? Dans l’émission ‘’les Grandes Gueules’’ de la radio Espace fm, Manamba Kanté épouse Bangoura, en larmes, a demandé, lundi, depuis Paris, aux autorités guinéennes de vouloir reporter l’inhumation du monument Mory Kanté, décédé vendredi denier de maladie à Conakry à l’âge de 70 ans. Pour ainsi permettre à la famille du griot électrique dont sa première épouse de l’accompagner à son dernier voyage, officiellement prévu demain mardi, 26 mai. Emouvant !

“Vraiment aidez-nous”

Les circonstances du décès de Mory Kanté…

D’abord merci pour vos condoléances. Mon père est parti dans son sommeil. C’est vrai qu’il avait 70 ans, mais on gardait l’espoir. Il ne voulait pas lâcher. Souvent même on se moquait de lui. On disait :  ‘’papa, tu es devenu vieux’’. Il disait : ‘’non, je ne suis pas vieux’’. Parce qu’il n’aimait pas qu’on lui dise vieux. Il n’a jamais voulu lâcher, il s’est battu. En fait, il a toujours voulu être parmi nous pour nous donner le meilleur de lui. Donc Dieu l’a voulu comme ça. Il avait la tension et le diabète comme beaucoup de personnes âgées. Et ces derniers temps, ça n’allait pas trop bien, mais il n’avait pas de maladie chronique comme l’ont annoncé tous les médias. Ce n’est pas vrai.

Vous dites qu’il est parti dans son sommeil. Est-ce que c’était à l’hôpital ou à la maison ?

C’était à la maison. On a parlé mercredi jeudi, et le vendredi il est décédé. Toutes les fois qu’on a parlé, il avait parlé normalement, moi je ne savais même pas si la maladie l’avait un peu fatigué comme ça. C’est quand j’ai vu la vidéo que j’ai su qu’il ne se sentait pas très bien. Et j’ai mon grand-frère qui est là-bas, c’est lui qui a fait une vidéo, il a envoyé qu’à la famille. Et moi j’ai eu la chance de voir la vidéo. Donc il était un peu fatigué. On a appelé notre médecin de la famille qui n’est pas loin de la maison, il est venu lui faire des perfusions et tout, donc on lui a donné ça jeudi soir jusque la nuit, on l’a laissé se reposer, il s’est endormi et le matin il ne s’est plus réveillé. Donc, on a appelé mon grand-frère qui avait appelé le médecin. Moi, je n’étais pas sur les lieux. D’après ce qu’on m’a expliqué, mon grand frère est venu taper fort à la porte parce que les gens qui s’occupent de la maison sont venus trouver que mon père ne bougeait plus le matin du vendredi. Donc, ils ont appelé mon frère. Quand il est venu, le coup qu’il a donné à la porte était fort donc les voisins ont compris qu’il y avait quelque chose à la maison. J’ai une amie juste à côté de chez nous, elle m’a témoigné. Quand mon frère est rentré, comme il ne bougeait plus, ils l’ont amené à l’hôpital. Mais il était déjà parti (pleurs).

Pour les obsèques, nous apprenons que l’Etat compte l’inhumer demain mardi. Vous n’êtes pas sur place [France], qu’est-ce que vous pensez de cette initiative ?

(Pleurs), j’aimerais voir mon père, j’aimerais être avec lui pour une dernière fois parce que ça fait 6 mois quand même. La dernière fois qu’on s’est vus, je me rappelle bien j’étais enceinte. C’était en janvier, je suis passée le voir, on s’est dit au revoir. Parce que je lui dis que je venais pour l’accouchement en France. Depuis lors, on s’est plus revus. De janvier à mai c’est beaucoup quand même. Contrairement aux autres années, mon père m’appelait tout le temps ces derniers temps. Parce que les dernières années au moins il n’avait de temps avec les tournées et tout. Ces derniers moments qu’on a passés au téléphone, il me réclamait, il réclamait tous ses enfants, ses petits-fils même mon nouveau-né. Il voulait qu’on lui donne le nom du bébé. Il est parti, et nous on ‘n’aura même pas la chance de le voir. C’est la volonté de Dieu, et si au moins on pouvait voir son corps ça allait nous faire plaisir.

Qu’est-ce que vous retenez de particulier de l’héritage de papa, et qu’est-ce que vous comptez en faire, puisse que désormais vous vous engagez aussi sur la même voie que votre père ?

Déjà mon père était vraiment exceptionnel, parce que quand tu es avec lui, tu as l’impression que tu es à l’école, tu suis des cours. Parce que même son bonjour était vraiment spécial, quand on est avec lui on apprend. Et moi je n’ai pas eu la chance de commencer ça, je devrais commencer ça toute petite. Avec ses tournées, je n’ai pas eu la chance et Dieu m’a juste donné la chance quelques années, j’en profitais et il est parti. Donc par rapport aux autres enfants de mon père, moi je me dis que pour le moment une charge très très lourde parce que j’ai un défi à relever. J’ai déjà commencé, il faut que je me batte pour l’honneur de mon père, pour le rendre encore fier. Donc l’héritage qu’il m’a laissé est vraiment immense. Et inchallah le chemin est long mais je vais y arriver.

Un message peut-être à l’endroit des autorités parce que votre souhait c’est d’être là pour l’inhumation de votre papa. Vous avez essayé de joindre les départements pour voir s’il y a possibilité de décaler surtout qu’aucun membre de la famille n’est là ?

(Pleurs). Il y a le premier enfant de mon père qui est au Mali. Et nous autres, on est là [France]. Il a eu 14 enfants, et il n’y a que 3 qui sont en Guinée, et sa première épouse aussi est en France. Donc vraiment aidez-nous”.

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Décryptage : Elisa CAMARA

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