En prison depuis 27 ans, Chaud-chaud et Indien Kaala demandent la grâce : « nous sommes devenus un serpent sans venin »

Print Friendly, PDF & Email

Leur procès en 1995 avait fait un écho dans tout le pays et au-delà de nos frontières. Depuis maintenant 27 ans qu’ils sont détenus à la prison de Kindia pour vols à main armée et complicité d’assassinat, Sékou Tidiane Soumah dit « Chaud-chaud » [un petit nom que les agents lui ont donné à son arrestation] et Alpha Kaala Diallo dit » Indien Kaala », ne cessent de demander la clémence des autorités, à leur tête le colonel Mamadi Doumbouya, président de la transition.

Condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, ces deux membres du tristement célèbre gang de Mathias âgés aujourd’hui de 58 et 59 ans disent être détenus dans des conditions vraiment pitoyables. 

Malades depuis quelques années déjà, toutes leurs tentatives d’implorer la grâce des autorités précédentes et des réductions de peines sont restées vaines.

« Nos conditions ne sont pas du tout bonnes ici et en plus nous sommes tous malades. Indien Kaala est là il souffre de l’hypertension, des fois ses membres se paralysent. On n’a pas les moyens et on n’a pas eu d’assistance pour lui, côté médical. On avait demandé à être graciés, on est passé par le juge d’application des peines mais là-bas aussi on n’a pas eu de suite favorable. Et même moi qui vous parle comme ça je souffre de l’épilepsie. On m’a déplacé ici pour aller suivre un traitement à Conakry en 2013. J’ai fait 5 ans là-bas et après on m’a renvoyé ici de ma propre volonté. C’est là-bas on m’a prescrit un produit à vie. Étant donné que ça coûte cher (180.000fg), on n’a pas un soutien », nous a confié Sékou Tidiane Soumah, « M’boûzo » pour les intimes.

Décidés à devenir de bonnes personnes si grâce leur était accordée, en prison, Chaud-chaud et Indien Kaala ont consacré leur vie à l’apprentissage des métiers tels que l’infirmerie la briqueterie.

« Nous sommes devenus des serpent sans venin. Donc, nous ne représentons plus aucun danger pour la société. J’ai appris un métier. J’ai été assistant à l’infirmerie et j’ai appris la briqueterie aussi. Quant à Kaala, il est devenu prédicateur (religieux et imam) », nous a-t-il fait savoir.

Au début, 85 detenus du gang de Mathias à la prison de Kindia, Chaud-chaud et Indien Kaala ne sont que désormais les deux seuls survivants. Ibrahima Sory Sangaré dit Papa Sangaré, lui est décédé dans la matinée d’hier dimanche 24 juillet dans un hôpital de Conakry.

Maciré Camara

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.