Equipe nationale de Guinée : après sa nomination, ces chantiers qui attendent Kaba Diawara et le Syli !

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ANALYSE – Logé dans le groupe D des éliminatoires de la CAN Côte d’Ivoire 2023 en compagnie du vice-champion d’Afrique l’Egypte, le Malawi et l’Ethiopie, le Syli national retrouvera les terrains dès ce mois de juin pour les premières saveurs de Kaba Diawara en tant que sélectionneur titulaire avec un baptême de feu loin de l’ordinaire contre les pharaons. Dans la logique de la continuité du travail amorcé au Cameroun, nombreux sont les chantiers qui attendent l’ancien attaquant de Nice et d’Arsenal pour relancer un groupe Syli en quête de gloire.

L’heure a sonné pour le Syli de Kaba Diawara de lever le voile sur les doutes qui planent sur ses capacités de rehausser son niveau de jeu face aux gros calibres du continent. La bande à Naby Kéita est attendue avec impatience après l’élimination en huitième de finale de la coupe d’Afrique des nations face à la Gambie. Si le sélectionneur et ses joueurs on fait le minimum en amicale (0-0) contre les Bafana Bafana lors de la dernière fenêtre FIFA au mois de mars 2021 en Belgique, tous sont conscients de l’immense attente des milliers de fans et supporteurs qui espèrent une nette progression de leur pachyderme pour les échéances qui pointent à l’horizon, à savoir la qualification pour la CAN 2023.

Affiner le meilleur groupe possible pour les éliminatoires

Dans la dynamique du dernier regroupement de la journée FIFA soldée par le match amical face à l’Afrique du Sud, Kaba Diawara avait déjà donné quelques indices sur ce qui devrait être le visage du groupe Syli pour les mois ou années à venir. Tout le monde sait que ce groupe a besoin de renfort dans tous les secteurs de jeu. De la défense à l’attaque et même dans les buts, le sélectionneur devra faire du nettoyage pour bâtir une équipe compétitive capable de rivaliser dans le top 10 de la CAF. Pour ce faire, le ton semble être donné par la convocation pour la toute première fois d’un groupe de jeunes joueurs expatriés aux origines guinéennes. Les défenseurs Antoine Conté (Roumanie), Sekou Oumar Sylla (Pays-Bas) ; les milieux Thierno Barry (Tenerife/Espagne), Cheick Oumar Condé (Rep Tchèque) ; le gardien de but Ibrahima Diallo (Andorre) et les attaquants Amadou Traoré (Girondins de Bordeaux), Bafodé Dansoko (KMSK Deinze/Belgique), Sehrou Guirassy (Reine/France), Alkhaly Momo Cissé (Pologne) ont ainsi intégré le groupe pour apporter plus de fraicheur et d’options au staff technique. A ceux-ci, devront s’ajouter des cadres sur la voie du retour tels que François Kamano, Mady Camara et même Flo Pogba qui est régulièrement titulaire dans la formation du FC Sochaux en ligue 2. Kaba Diawara devra également composer avec l’apport significatif des joueurs locaux qui se distinguent le mieux dans l’élite du championnat guinéen. Et comme souvent, la composition de la sélection du Syli est sujet à débats, mais seule la compétition saura déterminer les bons ou mauvais choix de l’entraineur.

Trouver une ligne défensive en phase avec le système

A ce niveau se situe un gros point d’interrogation, puisque les dernières sorties du Syli continuent de susciter des inquiétudes sur le système adéquat pour sa ligne défensive. Longtemps adepte d’une défense à 4, Kaba Diawara qui avait conduit l’équipe nationale à la dernière coupe d’Afrique avait pris le pari de miser sur une défense à 3. Un choix tactique qui a provoqué l’incompréhension de certains observateurs et spécialistes du foot guinéen. Mais dans sa quête d’un football offensif avec un marquage systématique dans le camp adverse, le natif de Toulon croyait fermement en ses idées pour relancer le jeu du Syli. Après un parcours presque satisfaisant, à la limite sur la nouvelle vie du groupe et de nouvelles méthodes de travail, il a dû comprendre les carences affichées par ce choix pendant la compétition. D’ailleurs, le dernier match en amicale face à l’Afrique du Sud est une illustration de cette prise de conscience, puisque le sélectionneur avait changé pour tenter une ligne défensive à 4. Plutôt satisfaisant, la Guinée avait fait jeu égal avec son adversaire à Courtrai (Belgique) en gardant sa cage inviolée malgré quelques occasions concédées. La première journée des éliminatoires de la CAN annoncée pour le mois de juin contre l’Egypte sera l’occasion pour Kaba et son groupe de marquer le pas dans la progression vers une défense mieux définie et capable de répondre à l’épineuse question du jeu dans l’arrière centrale qui reste un chantier important.

Poursuivre le travail d’intégration des locaux et des binationaux

Partant du potentiel joueurs dont dispose la Guinée à travers les quatre coins du monde, il est clair que l’intégration de nouveaux joueurs pour la progression du groupe Syli reste un des chantiers phares de Kaba Diawara. Souvent confrontée aux soucis physiques de certains de ses cadres, notamment le capitaine Naby Kéita et surtout à un manque du temps de jeu en club, les portes de l’équipe nationale de Guinée restent plus que jamais ouvertes pour accueillir des renforts capables de booster ses performances. Après l’élimination et la grande déception en huitième de finale de la CAN, c’est une nouvelle page qui s’ouvre pour le Syli. Entre forfaits, blessures et méformes, le groupe Syli a besoin d’être élargi à toutes les compétences. Qu’elles soient locales ou composée de joueurs expatriés, Kaba sait qu’il lui faut un bon groupe de joueurs qui adhèrent à sa philosophie, mais aussi à ses méthodes. Mais cela passe par une bonne approche sur les besoins dans chaque compartiment du jeu de l’équipe, avant d’opter pour des choix en fonction de la disponibilité et le potentiel. Donc, mettre en place une équipe avec des automatismes pour un football plus attractif faciliterait sans aucun doute l’arrivée des binationaux qui ne demandent que ça.

Bernard Leno

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