Et vint le 5 Septembre 2021 [Par Mamy Keïta]


🔴TRIBUNE] L’instauration de la démocratie en Guinée, avec pour socles, la liberté d’expression, d’opinion, de regroupement, de mouvement et d’entreprendre a favorisé la formation de plusieurs partis politiques et de nombreuses organisations civiles qui se partagent l’espace civilo-politique du pays à travers d’âpres batailles ouvertes ou voilées qu’ils se livrent quotidiennement ou à l’occasion des consultations populaires fixées par la constitution.
Même si, vu de loin, ces pratiques obéissent tant bien que mal aux principes généraux du marché libre, les méthodes peu orthodoxes de la conquête du pouvoir politico-administratif concoctées par les cadres servant de tête de pont pour l’implantation et l’animation de ces structures sociopolitiques, laissent toujours un arrière-goût qui présage leur penchant à se servir au premier chef, une fois qu’ils ont les pieds enfoncés dans les étriers de l’administration générale.
Cette attitude désinvolte que ces cadres manifestent sans ressentiment vis-à-vis de la chose publique et qu’ils distillent avec une ingénierie corruptive dont ils sont les seuls à détenir le secret, est à l’origine de la culture de l’impunité criarde qui a caractérisée le fonctionnement de l’administration guinéenne au cours de ces 30 dernières années. D’autres tares de la gouvernance nationale qui contribuèrent à aiguiser l’appétit d’enrichissement illicite des petits commis, que l’on observa impuissant, au cours de cette longue et poreuse période de gouvernance, sont entre autres: le défaut de contrôle, le manque de transparence, le népotisme et le non-respect de la hiérarchie.
Ce sont ces fléaux administratifs qui ouvrirent la voie à toute forme d’arnaques et de prévarications de la chose publique par les agents véreux de l’Etat qui pêchaient chacun, comme il le pouvait, dans cette eau trouble de la mal gouvernance pour s’assurer la plus grande prise possible des biens et autres ressources publiques au grand dam des populations dont elle devaient servir à améliorer le cadre de vie dangereusement menacé par ces vautours.
Le hic est que le butin que chacun arrache louchement et emporte précipitamment en termes de fonds dilapidés, au terme de chaque séquence de la bataille, servait à entretenir leurs familles outre-mer. Au même moment, les contribuables tirent le diable par la queue sans pouvoir s’offrir les 3 repas requis par jour, faute d’opportunités socio-économiques. Cette situation est davantage délétère chez les jeunes en âge de produire qui, faute d’alternatives, bravent désespérément les dûnes de sable du Sahara, et/ou se jettent dans les eaux profondes de la méditerranée sans l’assurance d’atteindre l’autre rive sur pieds.
C’est ce triste décor administratif du « sauve qui peut » de cette foire à la dilapidation des biens et autres ressources publiques qui prévalait jusqu’ au 5 septembre 2021, lorsqu’un groupe de jeunes soldats décidèrent de mettre un terme à cette culture d’accaparement des biens publics qui avait pris pignon dans chaque compartiment de l’administration publique.
Cet acte historique qui restera gravé à jamais dans les annales de la gouvernance, fut salué avec allégresse par les populations qui le qualifièrent de hautement courageux et libérateur en l’approuvant à 95%. A noter que le système qui venait d’être éliminé et celui qui l’avait précédé quelques années plutôt, s’étaient tristement illustrés par les détournements massifs de fonds et l’absence de sanctions conséquentes.
Parmi les nombreux fronts que cette vaillante équipe de soldats a ouvert avec détermination et sérénité sous le leadership du colonel Mamady Doumbouya dans le cadre de cette offensive de moralisation de l’administration publique, il y a, celui particulièrement sensible de la traque des biens mal acquis et des fonds frauduleusement soustraits des caisses publiques, qui fait froncer les sourcils de ceux/celles qui qualifient injustement cette démarche hautement salutaire de « chasse à la sorcière ». Ces individus mal intentionnés se sentent expressément visés par cette œuvre titanesque dont la portée administrative et morale n’est plus à démonter tant elle bénéficie du soutien des masses durement éprouvées par tant d’années de mal gouvernance.
Ils feignent de reconnaitre que lorsqu’on a géré une portion si petite soit-elle de la chose publique, l’on a l’obligation de justifier ses décisions managériales devant les instances commises à cette œuvre de moralisation. Se dérober de cette exigence de gestion, sous quelque prétexte, c’est fuir ses responsabilités. C’est dire que cette refondation ne porte aucune couleur de quelque nature que ce soit, orientée vers qui que ce soit. La seule couleur qui compte, c’est celle de la préservation de la chose publique qui doit préoccuper tout citoyen soucieux de la bonne marche de l’Etat.

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.