États-Unis : le ministre de la Défense s’oppose au déploiement de l’armée

Print Friendly, PDF & Email

Le chef du Pentagone affirme ne pas être « favorable à décréter l’état d’insurrection ». Le pays est secoué par des manifestations antiracistes.

Le Pentagone n’adopte pas le ton martial de Donald Trump. Mercredi 3 juin, le ministre américain de la Défense Mark Esper s’est publiquement déclaré opposé au déploiement de l’armée américaine sur le territoire, théâtre de manifestations antiracistes après la mort de l’Afro-Américain George Floyd aux mains d’un policier blanc. « Je ne suis pas favorable à décréter l’état d’insurrection » qui permettrait au président de déployer des soldats d’active face à des citoyens américains, et non plus des réservistes de la garde nationale, a déclaré Mark Esper au cours d’une conférence de presse.

« L’option d’utiliser les soldats d’active ne devrait être employée qu’en dernier ressort et dans les situations les plus urgentes et les plus dramatiques. Nous ne sommes pas dans ce genre de situations aujourd’hui », a-t-il ajouté, après avoir été vivement critiqué la veille pour avoir parlé des rues américaines comme d’un « champ de bataille ». Comme un haut responsable du Pentagone l’avait dit la veille sous le couvert de l’anonymat, invoquant le « jargon militaire », Mark Esper a justifié l’usage de ce terme par son passé d’officier de l’armée de terre. « Cela fait partie du lexique militaire avec lequel j’ai grandi. C’est ce que nous utilisons de façon routinière pour décrire une zone d’opérations, a-t-il expliqué. Ce n’est pas une formule dirigée contre la population et certainement pas contre nos concitoyens américains, comme certains l’ont suggéré. »

Le chef du Pentagone a cependant admis avoir fait une erreur en s’affichant lundi aux côtés de Donald Trump quand celui-ci s’est fait photographier devant une église avec une bible à la main, quelques minutes après la dispersion brutale, à coups de matraque et de gaz lacrymogène, de manifestants qui protestaient pacifiquement près de la Maison-Blanche. « Je fais tout mon possible pour rester apolitique et pour éviter les situations qui peuvent paraître politiques, a-t-il dit. Quelquefois, j’y arrive ; quelquefois, je n’y arrive pas. »

AFP

 

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.