Événements de janvier et février 2007 : la CGCPI demande aux procureurs de continuer les poursuites déjà engagées

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Suite à une grève générale déclenchée par les centrales syndicales CNTG-USTG, le 10 janvier 2007, des milliers de guinéens sont descendus dans les rues de Conakry et de l’intérieur du pays pour protester contre le régime de Lansana Conté, le président de la république d’alors. Plusieurs citoyens guinéens ont été tués, arrêtés et violés dans l’intervention des forces de défense et de sécurité d’alors.
A l’occasion de la commémoration des quinze (15) ans de ces douloureux événements de janvier et février 2007, la coalition guinéenne pour la cour pénale internationale (CGCPI) demande justice et indemnisation provisoire pour les victimes. Pour cela, la CGCPI exhorte les procureurs généraux et procureurs de la république près les cours et tribunaux à continuer les poursuites déjà engagées et à déclencher des actions pour les crimes qui n’ont pas fait l’objet d’enquêtes.
Dans une déclaration lue ce jeudi, 20 janvier, la CGCPI rappelle que : « le 18 mai 2021, cinquante (50) victimes ont porté plainte avec constitution de partie civile devant le Tribunal de Première Instance de Conakry II (Dixinn). Suite à cette plainte, un juge d’instruction a été désigné pour mener les enquêtes dans cette affaire. Mais, depuis la fin des premières auditions de vingt-huit (28) victimes, il y a plus de neuf (9) ans de cela, le dossier n’a pas connu d’avancées, faute d’inculpation des personnes qui ont été dénoncées par les victimes ».
Face à ce constat et aux engagements pris par le CNRD de faire de la justice, la boussole de la transition, la coalition guinéenne pour la cour pénale internationale (CGCPI) exhorte : « les Procureurs généraux, les Procureurs de la République près les cours et tribunaux du pays à continuer les poursuites déjà engagées et à déclencher des actions pour les crimes qui n’ont pas fait l’objet d’enquêtes ».
Par ailleurs, la CGCPI estime que : « les victimes de 2007, ainsi que les victimes de violences d’État, comme les victimes des massacres du 28 septembre 2009, sans oublier, entre autres, les victimes du Camp Boiro, de juillet 1985, les bacheliers de 2006, les victimes de Wanindara de 2018, méritent d’être soutenues et accompagnées sur le plan judiciaire, médical et social.
S’il estime qu’il est difficile de juger les crimes de masse, Me Hamidou Barry, le président du bureau exécutif national de la CGCPI estime qu’il y a de l’espoir avec les déclarations du CNRD qui a affiché sa volonté de faire de la justice, la boussole de la transition.
La coalition guinéenne pour la cour pénale internationale (CGCPI) lance un appel :
Aux nouvelles autorités pour qu’elles : accordent à la justice les ressources nécessaires afin d’examiner les cas graves de violations des droits de l’homme pendants devant les juridictions guinéennes ; allouent une indemnité provisoire à toutes victimes de violations des droits de l’homme ;
Aux partenaires bi et multilatéraux de la Guinée afin qu’ils continuent de soutenir la Guinée dans le cadre du renforcement de la justice et de la construction de l’État de droit notre pays ;
Aux organisations de la société civile et aux associations des victimes afin qu’elles restent unies dans le combat pour la promotion et la protection des droits de l’homme en Guinée.
Selon la Coalition guinéenne pour la cour pénale internationale (CGCPI), les événements de janvier et février 2007 ont fait environ 186 morts, 1188 blessés graves, 940 arrestations et de détentions arbitraires, 28 cas de viols et des dégâts matériels importants.

Sadjo Bah

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