EXCLUSIF. Mohamed Keïta, ex-ministre des Transports : « si je voulais fuir, je n’allais jamais revenir de mes précédents voyages »

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Depuis plusieurs heures, des informations selon lesquelles l’ancien ministre des Transports sous Alpha Condé, Mohamed Keïta a été arrêté à la frontière guinéo-malienne (Kourémalé, préfecture de Siguiri) alors qu’il tentait de fuir circulent sur la toile.

Dire que j’ai fui, je ne sais pas pour quelle raison je vais fuir ? Parce que si je voulais fuir, je n’allais jamais revenir de mes précédents voyages. J’étais libre de rester là-bas. Les gens qui sont harcelés ou qui ont des problèmes ne sont jamais revenus. Moi je n’ai aucun problème, je n’ai fait que six mois dans le gouvernement. Je n’ai absolument rien à me reprocher

Joint par notre rédaction, l’intéressé (Mohamed Keita) qui fut ambassadeur de Guinée à Moscou a bien voulu nous livrer -en exclusivité- sa part de vérité.

Moi, j’étais Président-Directeur Général de Guinée Inter-Air, je n’étais pas de la fonction publique, j’évoluais dans le privé. Donc, c’est l’Etat qui me doit beaucoup d’argent, moi je ne dois rien à l’Etat. C’est pourquoi je dis que je n’ai à me reprocher

« Je veux rappeler un fait parce que je ne voudrais pas rentrer dans trop de polémiques. Après la prise du pouvoir par l’armée, je suis sorti officiellement de la Guinée, après je suis revenu et après je n’ai jamais eu d’empêchement. Je suis allé faire mes interventions et je suis revenu. Il n’y a pas d’animosité entre le CNRD et moi. Cette fois-ci, dire que j’ai fui, je ne sais pas pour quelle raison je vais fuir ? Parce que si je voulais fuir, je n’allais jamais revenir et j’étais libre de rester là-bas. Les gens qui sont harcelés ou qui ont des problèmes ne sont jamais revenus. Moi je n’ai aucun problème, je n’ai fait que six mois dans le gouvernement. Je n’ai absolument rien à me reprocher. Et quand je suis passé devant la CRIEF, ils ont reconnu que ce sont eux [l’Etat] qui me doivent. Parce que moi j’étais Président-Directeur Général de Guinée Inter-Air, je n’étais pas de la fonction publique, j’évoluais dans le privé. Donc, c’est l’Etat qui me doit beaucoup d’argent, moi je ne dois rien à l’Etat. C’est pourquoi je dis que je n’ai à me reprocher », dit-il.

Poursuivant, il a tenu à préciser : « Hier soir [dimanche] à la prière, j’ai fait une chute et je ne pouvais même plus m’arrêter parce que je sentais une forte douleur au niveau de mon dos. Ce lundi matin, je ne pouvais plus reprendre la voiture pour repartir à Conakry. C’est ainsi que j’ai décidé d’aller à Bamako pour un vol pour Conakry, avec un passeport ordinaire sans aucun visa. Je précise qu’on ne fuit pas avec un passeport ordinaire sans visa. Contrairement à ce que les gens racontent, je n’étais même pas encore arrivé à la frontière. C’est à quelques trois kilomètres de la frontière que des policiers m’ont trouvé assis, alors que j’attendais ma voiture pour me ramener. J’ai dit à ces policiers que je ne me sentais pas bien et que je vais à Bamako pour prendre un vol pour Conakry. J’ai même montré aux policiers en question la grosse ceinture qui entourait mon dos. J’ai tout expliqué à ces policiers mais comme ils aiment actuellement la sensation, c’est pourquoi ils en font un bruit. Sinon, je partais prendre mon vol pour Conakry parce que j’ai mal au dos. »

J’avais plus de 3 millions francs guinéens, 4 mille dollars et 200 mille francs CFA. Et je précise que j’ai toujours de l’argent sur moi

Plus loin, il a répondu à ceux qui affirment qu’il était à moto en ces termes : « J’ai quitté Kankan avec mon chauffeur dans l’espoir qu’on aura de l’essence en cours de route. Malheureusement, nous sommes tombés en panne d’essence. Et comme il fallait trouver de l’essence en détail pour pouvoir continuer, j’ai décidé de laisser le chauffeur avec le véhicule. C’est ainsi qu’un motard m’a pris pour m’amener et je suis me présenté aux policiers. J’ai emprunté la moto dans l’espoir d’aller me reposer devant avant l’arrivée de mon véhicule ». Non sans mentionner qu’il avait sur lui de l’argent.

« J’avais plus de 3 millions francs guinéens, 4 mille dollars et 200 mille francs CFA. Et je précise que j’ai toujours de l’argent sur moi. Je précise que j’ai prié [Aïd el-Fitr] aujourd’hui [lundi] à Kankan et j’ai quitté Conakry le samedi dernier… ». Et de tirer un trait sur la polémique : « je ne suis pas dans un commissariat de Siguiri, mais dans un hôtel« .

Mayi Cissé

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