Faranah : autorités et ouvriers se prononcent sur l’interdiction de la coupe et du transfert de bois

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En Guinée, les actions de l’homme continuent de détruire l’environnement. Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement guinéen, à travers le département de l’Environnement, des Eaux et Forêts, interdit chaque année la coupe et le transfert de bois pour une période donnée. À Faranah, autorités et ouvriers n’ont pas manqué de mots pour commenter cette décision gouvernementale. Le Directeur régional de l’Environnement, des Eaux et Forêts de Faranah, Adjudant Mory Fodé Diané, nous a confié ceci :

« Nous sommes les agents du gouvernement. Ce que ce gouvernement décide, c’est ce que nous, nous appliquons. La décision de cette année est un peu spéciale. C’est la coupe et le transfert de bois vers la Sierra-Léone qui sont source de ces problèmes.  Sinon, le gouvernement, chaque année, interdit la coupe et le transfert de bois pour une durée de trois mois. Mais cette année, il a pris cette décision un peu tôt. Pour les années précédentes, cette décision commençait au 1er juillet. Pour cette année, c’est le contraire. Nous demandons à tous les acteurs concernés de respecter scrupuleusement cette décision. Tout contrevenant à cette décision sera traduit à la justice. »

Le président de la corporation filière bois de Faranah, Sayon Cissé ( Rougeaud), s’est exprimé en ces termes : « Nous apprécions cette décision du gouvernement parce que si on est dans un pays, on doit respecter les lois de ce pays. À partir de l’instant, toute personne qui tenterait  de violer cette loi, nous mettrons main sur elle et nous la mettrons à la disposition du service de l’Environnement. Nous, corporation filière bois de Faranah, nous accompagnons cette décision jusqu’à ce qu’une autre décision l’abroge. Je demande à mes pairs coupeurs, vendeurs de bois et menuisiers d’utiliser les bois que nous avons avec nous mais de ne plus couper ou transférer ces bois ailleurs. Nous allons déployer des enquêteurs sur le terrain. Si on arrive à prendre quelqu’un en infraction, il sera sévèrement sanctionné. » Les menuisiers ont de leur côté formulé une doléance auprès du gouvernement. C’est le cas d’Abou Bangoura, maître menuisier.

« Nous menuisiers, nous étions frustrés quand on a appris qu’on prend nos bois ici pour les envoyer en Sierra-Léone. Mais Dieu merci, avec cette réaction du gouvernement, la solution pourrait être trouvée. Nous prions les autorités pour qu’elles acceptent au moins que les bois que nous utilisons sur place soient libérés. Nous vivons de ça et on a des apprentis. Si on n’a pas de bois et que les ateliers  de menuiserie ne fonctionnent pas, c’est difficile pour nous en tant que pères de famille. Et finalement, nos apprentis vont se livrer à la délinquance, parce qu’ils n’ont pas quoi faire »,  a-t-il plaidé.

 Lanciné Keïta

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