Faranah : citoyens et autorités s’expriment sur l’interdiction de la prière nocturne dans les mosquées

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La décision du gouvernement relative à  l’interdiction des prières nocturnes « Qiyam Layl » dans les mosquées durant les dix derniers jours du Ramadan, fait couler beaucoup de salive et anime les débats dans plusieurs préfectures du pays. Si certaines préfectures ont opté pour la rue pour se faire entendre, à Faranah, les autorités administratives et religieuses ont saisi cette décision à bras-le-corps et se sont investies dans la sensibilisation des fidèles musulmans.

Abordant ce sujet, Oumar Camara, maire de la commune urbaine de Faranah, s’est exprimé en ces termes : « les autorités religieuses de Conakry ont fait une assisse avec les docteurs, en disant de mettre fin à ces prières nocturnes. Si ce communiqué est passé, c’est Dieu qu’on cherche mais en cherchant Dieu, on ne doit pas aussi avoir des problèmes (maladie). Parce que eux aussi ils ont regardé  que  derrière cette maladie, il y a beaucoup de problèmes qui pourraient être la  propagation de cette maladie. Alors il faut sauvegarder notre santé, notre vie. Donc  restons derrière les chefs », a-t-il indiqué. 

De son côté, le secrétaire général chargé des Collectivités décentralisées, Sinè Magassouba, a, au nom des autorités locales de Faranah, souligné ceci : « la décision, on ne peut que l’accepter parce que c’est préserver la santé de la population. Le secrétaire général de la ligue islamique, les autorités concernées ont pris la décision de surseoir à la prière nocturne. Déménager dans les mosquées, c’est un grand risque et vraiment les fidèles doivent comprendre ça.  Donc, nous demandons à la population d’être tranquille, d’accepter. Les chefs se battent aussi pour préserver notre vie, et aidons-les à réussir. Nous devons les supporter et nous sommes avec eux. Et je pense que la population aussi va nous écouter. » 

Certains citoyens aussi comprennent le bien-fondé de cette décision. C’est le cas de  Sékou Kourouma : « moi, je crois que la pratique religieuse ne peut être rendue facile que lorsque nous sommes en bonne santé. S’il y a une raison sanitaire qui a amené l’autorité à prendre une telle décision,  on ne peut qu’obéir, parce que se rendre dans la mosquée et prier c’est parce que nous sommes dans les meilleures conditions sanitaires. Mais à partir du moment qu’on dit que le rapprochement entre les fidèles musulmans  peut être à l’origine de la propagation ou l’aggravation de cette maladie, alors il serait mieux de suivre les principes sanitaires qui doivent être appliqués en la matière.  Donc, à mon humble avis, il va falloir que tous les musulmans acceptent et comprennent cette décision du gouvernement qui n’est pas contre nous mais plutôt pour nous. Donc, on doit accepter de rester à la maison comme ils l’ont souhaité. » 

Par contre, cet autre citoyen confie : « il n’y a aucune raison valable pour interdire les fidèles musulmans de faire leurs prières à partir du moment où les marchés restent ouverts durant toute la journée,  les écoles, les prières de vendredi mais et surtout on a laissé les gens prier Nafila durant 20 jours. Alpha Condé veut tout simplement saboter l’islam ».

 Lanciné Keita, correspondant à Faranah

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