Faranah : les conducteurs de motos-taxis se font entendre après une tentative d’assassinat d’un des leurs

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Le banditisme et la criminalité commencent à s’enraciner à Faranah. Le jeudi 16 avril 2021, un taxi motard a été poignardé par un homme présenté comme un militaire qui l’avait déplacé  à 25 km de la ville de Faranah, dans un village du nom de Yatia. Ce vendredi 17 avril, les conducteurs de motos-taxis ont exprimé leur colère. Du rond-point central jusqu’au marché central de Faranah, la circulation était totalement paralysée. Ils se sont dirigés vers la prison civile pour libérer le présumé bandit. Il a fallu l’intervention des gendarmes qui ont usé des gaz lacrymogènes. 

Un manifestant, sous couvert de l’anonymat, nous a confié ceci: « Nous sommes dans la rue parce que nous voulons désormais notre liberté. Ici, les gens ne connaissent pas notre importance, pourtant nous avons une importance dans la vie. Chaque fois on agresse nos amis voire les tuer ici. Hier, un militaire a agressé un de nos amis, un peu il n’a pas tué notre ami. Il est à l’hôpital. Et les gendarmes ont pris 6 motos hier quand les gens ont voulu manifester leur colère mais nos chefs nous ont dit qu’ils ont libéré les motos. Nous voulons maintenant qu’on nous livre  le bandit-là, nous allons régler son cas. On va se rendre justice, il faut qu’on le libère. Nous, on va s’occuper de lui. »

Interrogé dans son lit de malade à l’hôpital régional de Faranah, la victime, Lansana Kourouma, étudiant de la 2ème année à l’Ecole nationale de Santé de Tindo, résidant au quartier mosquée de Faranah, revient sur sa mésaventure. « Hier, on est sorti de la classe, je suis venu m’arrêter à la gare pour me débrouiller afin d’aider ma famille pour les dépenses. Le monsieur est venu me déplacer pour Yatia, à 25 km de Faranah, aux environs de 14h 30. Il m’a dit de l’accompagner à Yatia, nous avons discuté le prix à 50000fg. On est parti jusqu’à Yatia qui est au bord de la route nationale Faranah-Mamou. On a dévié pour partir à Yatia Taganyah. Quand on est parti jusqu’au milieu des deux Yatia, il s’est soulevé derrière moi, pour mettre le couteau sur mon coup pour m’égorger. J’ai dit eh il ne faut pas me tuer, on est tombé et j’ai pris le couteau avec ma main gauche et j’ai saisi son col dans ma main droite. On s’est levé ensemble du sol. On est resté arrêté jusqu’à 3 minutes, je n’ai pas pu récupérer le couteau et il m’a poignardé au ventre. Heureusement pour moi, je portais un sous-vêtement, le couteau n’est pas rentré trop en profondeur. Je me suis reculé et j’ai pris la fuite. Il s’est retourné pour prendre la moto pour venir en ville ici. 

J’ai appelé mon ami pour lui dire que le bandit m’a attaqué ici, d’informer la police. Il m’a égorgé mais quand même je respire encore, donc il faut informer les policiers qui sont sur la route de Conakry. Et il n’a pas tardé à informer les policiers. J’étais dans la brousse, je suis arrivé dans un bas-fond et j’ai trouvé un  confectionneur de briques. Je lui ai dit que s’il  ne m’aide pas, je vais mourir bientôt. Lui aussi il m’a accompagné, il pleurait même. On n’est venu jusqu’à Yatia qui est au bord de la route. Ils ont appelé Yatia Taganyah pour les informer de la situation. Ils m’ont transporté à Faranah maintenant. Il (bandit) portait la tenue militaire. », a difficilement exprimé la victime.
Pour la circonstance,  le maire de la commune urbaine de Faranah, Mr Oumar Camara, a appelé une réunion avec les syndicats des motos-taxis pour les sensibiliser afin de permettre à la justice de jouer son rôle dans un bref délai.

Présentement, l’auteur de ce crime se trouve sous la haute surveillance de la justice et des forces de sécurité à la maison centrale de Faranah. Nous y reviendrons.


Lanciné Keita

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