Fatou Badiar: « à ma sortie de prison, on a failli me tuer encore, ils ont envoyé des voitures piégées chez moi »

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Présente ce samedi 23 octobre à la mosquée turque de Koloma, lors de la rencontre entre le CNRD et les familles des victimes des répressions de l’axe, Mme Fatou Badiar Diallo, qui a perdu son jeune frère avant de se retrouver en prison après le coup d’État qui a visé le président Alpha Condé en 2011 a tout d’abord remercié tous les Guinéens qui ont compati à sa douleur avant de souligner que ce qu’elle a vécu dépasse l’entendement, parce qu’au-delà des séquelles de 9 ans de prison, elle a été dépossédée de tous ses biens. 

D’abord, pour commencer Mme Diallo est revenue sur les raisons de son silence prolongé depuis sa sortie de prison en décembre 2018 à la faveur d’une  grâce présidentielle. « Si vous voyez que je n’ai pas parlé, ce n’est pas  parce que je ne veux  pas parler,  mais c’est le moment de parler que je n’ai pas eu. Alors, c’est le moment qui est arrivé. Avec Colonel Mamadi Doumbouya, je prie le Bon Dieu qu’il puisse essuyer nos larmes parce qu’on pleure en profondeur, on pleure devant les gens. J’ai trop pleuré et j’ai fait pleurer des gens. Aujourd’hui, même si le colonel Doumbouya ne fait rien pour nous, au moins qu’il nous apporte le soutien moral », martèle Fatou Badiar.

Aujourd’hui, poursuit-elle, jusqu’à présent ses bourreaux  sont devant elle tout en citant Aboubacar Fabou Camara. « Moi par exemple ceux qui ont pris mes biens sont là, ils roulent avec 3 de mes véhicules,  tout ce qui était dans ma maison et tous mes domaines. S’il y a la justice, je vais les récupérer. Les véhicules, ils roulent devant moi. Les Fabou, ils roulent devant et c’est mon mari qui les avait achetés. »

Elle demande par ailleurs au président du CNRD de ne pas écouter les gens, mais d’écouter plutôt les victimes. « Il saura beaucoup de choses. Je me réserve un peu de dire d’autres noms. À ma sortie de prison, ce que j’ai vécu je connais. On a failli me tuer encore, ils ont envoyé des voitures piégées chez moi, ils m’ont donné cadeau. C’est Dieu qui m’a sauvée. Seul Dieu est le juge, si le chef d’État m’écoute, je sais qu’il va m’écouter, j’ai à lui parler. »

Pour finir, elle souhaite que la justice les confronte avec les gens qui ont pris leurs biens et qui ont fait du mal aux gens. 

Mamadou Yaya Barry

622 26 67 08 

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