Fatoumata Yarie Soumah aux commandes de la Justice : ‘’les chantiers sont énormes’’

La nouvelle Garde des sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Fatoumata Yarie Soumah a été installée ce mercredi 3 novembre 2021 dans ses fonctions par le secrétaire général du gouvernement. C’était dans les locaux dudit ministère en présence du ministre secrétaire général de la Présidence de la République, Colonel Amara Camara, des membres du CNRD, des parents et amis de la nouvelle promue.

A cette occasion, le secrétaire général du gouvernement a rappelé à la nouvelle ministre que depuis un certain temps, la justice est secouée par les vagues de contradiction au point de perdre sa puissance.

« Madame la ministre, vous n’êtes pas sans savoir que la justice est depuis quelques temps secouée par les vagues de contradiction au point de perdre sa puissance en tant que 3è pouvoir ainsi que son efficience et ces nobles objectifs. Pourtant, tout le monde sait que lorsqu’on maîtrise la justice, les écarts et les dérives sont pratiquement impossibles. C’est pourquoi madame la ministre, lors de sa toute première adresse à la nation, son Excellence Monsieur le président de la transition a promis au peuple de Guinée que la justice va être notre boussole dans la conduite des affaires de l’Etat. Madame la ministre, sachant que la justice est le pilier central de l’Etat de droit, il faut reconnaître que le droit et la politique ne font pas toujours bon ménage. Quand l’un entre dans le territoire, l’autre en sort. Aujourd’hui, le constat nous amène à observer quelques manquements qui nous interpellent tous. Il y a l’instrumentation de la justice comme l’a bien souligné récemment monsieur le président de la transition lors de sa rencontre avec l’ensemble du personnel de la magistrature. La corruption au quotidien au sein de l’appareil judiciaire, l’accumulation des affaires pendantes devant les différentes juridictions.  C’est pour vous dire que tant que ces affaires resteront en suspend pour différente considération partisane, la confiance en la justice restera ébranlée et personne n’acceptera de croire en son impartialité. D’ailleurs, madame la ministre, le mea-culpa lors de leur rencontre avec son Excellence monsieur le président de la transition en est une preuve éloquente que la justice était à la solde de l’exécutif. Alors que ces deux pouvoirs sont séparés », dira-t-il.

Pour remédier à cet état de fait, dira le secrétaire général du gouvernement, les magistrats doivent établir la confiance entre les justiciables. « En appliquant la loi et tous les principes de droit afin de contrer toute tentative de déstabilisation des valeurs juridiques et être le pilier sur lequel butent  ceux qui veulent porter atteinte à l’intégrité de la magistrature », indique-t-il.

Prenant la nouvelle, la ministre a d’abord manifesté un sentiment de satisfaction à l’endroit des nouvelles autorités. « C’est un sentiment de gratitude à l’endroit des autorités de la transition, avec à sa tête, le Colonel Mamadi Doumbouya et son Premier ministre pour l’honneur fait à ma modeste personne en me confiant les rênes d’un ministère aussi central et stratégique que le Ministère de la justice et des droits de l’homme », a-t-elle mentionné.

Poursuivant, elle (la ministre) a parlé des défis à relever au sein de son département. « Comme vous le savez tous, les attentes sont grandissantes et les chantiers sont énormes. Ils sont entre autres, les réformes tendant à la consommation du respect des droits fondamentaux de la personne et de l’Etat, et de l’Etat de droit dans notre pays, la facilitation de l’accès à une justice de qualité pour le justiciable, le renforcement de l’indépendance de la justice, la modernisation de l’institution par la mise place d’infrastructures et d’équipements propices à assurer son meilleur fonctionnement et son efficacité, et la lutte contre la corruption et l’impunité. »

Plus loin, elle a invité l’ensemble de ses collaborateurs à s’impliquer pour pouvoir relever ces défis majeurs non des moindres.

« Pour relever ces défis majeurs vieux de plusieurs années, il faut de l’aide du personnel du ministère de la justice, des acteurs de la justice tous corps confondus et de la population guinéenne de manière générale… »

Christine Finda kamano 

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