Fermeture des frontières : ‘’j’ai dépensé plus de 84 millions fg pour mes camions en quatre mois’’ (Elhadj Charifou)

Print Friendly, PDF & Email

Les quatre mois de fermetures des frontières entre la Guinée et certains de ses voisins notamment le Sénégal, ont sérieusement affecté les opérateurs économiques et les citoyens de Labé. Parmi eux, El. Mamadou Charifou Singouma Diallo, qui aurait présentement 11 de ses camions, transportant des produits laitiers et des tissus, cloués à la frontière avec le pays de la Téranga.

Selon cet opérateur économique, par jour depuis 4 mois, il dépense 700 mille fg pour entretenir ses gros-porteurs, chauffeurs et apprentis. Ce qui est estimé à plus de 84 millions comme dépenses. A cela s’ajoute le risque d’expiration des produits de consommation.   

« Personnellement, j’ai 11 de mes camions bloqués à la frontière. Chaque jour je dépense 3.300 dallas (monnaie gambienne ndlr), les 3300 présentement équivalent à 700 mille gnf, c’est ce que je dépense par jour. Les quatre mois ça fait 84 millions de gnf. En plus, certains de nos produits sont en train d’expirer. Nous avons dans les camions, des produits comme du lait en poudre, du Lipton, des sardines et des tissus», précise l’opérateur économique. 

Poursuivant, notre interlocuteur a levé l’équivoque sur les menaces sécuritaires qu’évoquent les autorités comme raison de la fermeture des frontières. Tout de même, il dira que cette fermeture n’affecte pas seulement les opérateurs mais aussi les citoyens du Foutah Djallon.

« Depuis 40 ans je fais la navette entre la Guinée, le Sénégal et la Gambie. Je n’ai jamais vu et entendu des menaces d’attaques contre la Guinée se profiler. En plus de ça, toutes les marchandises qu’on charge sont contrôlées. Tout ça c’est pour sécuriser le pays et les citoyens. Ces produits que nous avons sont en destination pour N’Nzérékoré, Guéckédou, Kankan, Conakry et Labé. Suite à la fermeture des frontières, trouver du Gloria, un sac de lait en poudre et du Lipton est un parcours du combattant. En lus de ça, le sac de sel de 25 kg qui était vendu à 25 mille fg aujourd’hui est vendu jusqu’à 50 mille fg, le sac de riz communément appelé Bangladesh qui était vendu à 280 mille est aujourd’hui vendu à 330 mille fg », argumente-t-il. 

Dans la foulée, El. Mamadou Charifou Singouma Diallo, n’a pas manqué de lancer un appel à l’endroit des autorités en ces termes : 

« Heureusement le pays est calme présentement, nul ne peut dire le contraire. Donc nous demandons aux autorités d’ouvrir les frontières pour permettre aux citoyens de reprendre les activités puisque les populations sont en train de souffrir. » 

A noter que lors de sa dernière sortie médiatique, le gouverneur de la région administrative de Labé, El. Madifing Diané a rassuré les citoyens quant à l’ouverture prochaine des frontières. Une annonce qui tarde toujours à se matérialiser. 

Tidiane Diallo, correspondant régional à Labé

620 44 25 83

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.