Fille violée par des « médecins » à Enta : le témoignage glaçant du père de la victime

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Il y a environ 3 mois, une jeune fille s’est fait violer dans une clinique à Entag, en haute banlieue de Conakry. Elle aurait été violée par son médecin traitant qui l’aurait droguée, violée puis enceintée avant de la faire avorter en prétextant un kyste. Malheureusement, cela a entraîné des complications sur la santé de la jeune fille qui peine encore aujourd’hui à se tenir debout. Opérée 5 fois à cause de ses bourreaux qui lui ont aussi fait perdre une partie de son intestin, la jeune fille se trouve dans un état grave à l’hôpital Ignace Deen. Dans le but de mieux éclairer la lanterne de ses lecteurs, Mediaguinee est allé le samedi dernier à la rencontre du père de la victime, Mamadou Bhoye Sylla, qui nous a raconté la mésaventure de sa fille aînée.

« J’étais allé au travail et ma mère m’a appelé pour me dire de vite venir car on dit que ma fille a un kyste dans son ventre et que si on ne l’opère pas, elle en mourra. Alors, ma mère s’est rendue à la clinique accompagnée d’un de mes frères. Et arrivée là-bas, on lui a dit de payer 1.500.000 GNF pour l’opération de ma fille. Ma mère a appelé mon grand frère pour qu’il prenne un million à la maison pour le lui envoyer à l’hôpital. Ensuite elle est allée trouver que ma fille est couchée inconsciente avec les yeux creux. Elle est claire de nature mais elle a subitement noirci. Elle ne parle pas, elle ne se rappelle pas de son père et elle ne se rappelle pas même de sa grand-mère. Ma mère a posé la question de savoir ce qui n’allait pas. Le docteur a dit que ma fille a un kyste dans le ventre et que si on ne l’opère pas elle en mourra. Ma mère lui a demandé ce qu’il fallait faire, il a dit qu’il faut payer 1.500.000 GNF. Mais elle lui a dit qu’elle a 1.000.000 et que si elle peut verser ça d’abord pour ne pas perdre sa petite fille. Elle a donc payé la somme et ils ont opéré ma fille. Quand ils l’ont opérée, Patrice, Célestin et Pierre, ils ont pris ma fille et sont allés la faire coucher à la maison. Depuis qu’ils l’ont envoyé à la maison, elle ne pouvait plus se retenir, à peine elle s’arrêtait qu’elle déféquait sur elle-même. Cela parce qu’ils l’ont violée et même son col ne se ferme plus. Ma mère leur avait même dit de l’envoyer à l’hôpital. Quand moi je suis venu, je leur ai demandé l’ordonnance, il n’y en avait pas. Je leur ai demandé les papiers de l’examen, il n’y en avait pas. Je leur ai demandé aussi la radio, ça non plus il n’y en avait pas. J’ai dit mais ça c’est grave, comment vous pouvez opérer quelqu’un sans avoir aucun papier. Ils ont dit qu’ils avaient une pellicule et que c’était un kyste, ils m’ont montré une photo de kyste.

Quand le médecin l’a vue, il a demandé qui avait fait une telle opération ?

 Depuis 12 jours qu’ils l’ont envoyée à la maison, ça n’allait pas, je leur ai dit que s’ils n’emmenaient pas ma fille à l’hôpital je porterai plainte contre eux. C’est ainsi qu’ils l’ont prise pour l’envoyer à Dabompa chez Dr Cissé. Ce jour-là, lorsqu’ils l’ont fait envoyer, moi je n’y étais pas, mais sa mère, ma mère et d’autres membres de la famille étaient avec eux. Quand le médecin l’a vue, il a demandé qui avait fait une telle opération ? Que ces gens-là ont voulu la tuer et qu’on devait les enfermer et les condamner. Il dit mais qui paie pour ses soins, ils ont dit ses parents. Il dit non, ce n’est pas ses parents qui doivent payer pour ses soins c’est vous les faux médecins qui devriez le faire. Il leur a dit de s’occuper d’elle obligatoirement sinon lui-même Dr Cissé allait porter plainte contre eux. C’est là qu’ils ont commencé à payer pour les soins de ma fille. Elle a fait jusqu’à 3 semaines là-bas. Au cours de la 3ème semaine, ma mère m’a appelé pour me dire qu’on lui a dit d’envoyer des poulets, quatre rouges et deux blancs. Je lui ai dit que moi je ne suis pas dans ce genre de choses et que moi-même je veux qu’ils envoient ma fille à Ignace Deen car là-bas il y a de grands médecins, si l’autre ne peut pas être disponible, l’autre le pourra. C’est lui-même, Dr Cissé, qui m’a dit non que le plus souvent c’est les stagiaires qu’on trouve sur les lieux. J’ai insisté, j’ai dit qu’il faut qu’elle aille à Ignace Deen et quoi qu’il en soit, on le réglera là-bas. Alors elle a fini la troisième semaine à la clinique là-bas, elle a été transférée à l’hôpital Ignace Deen. Ce jour de son transfert, ceux qui sont allés la chercher, tantie Djalikatou et son mari, ils sont de la même famille que Célestin. Il dit qu’ils ont étudié ensemble et qu’ils se connaissent bien », a-t-il expliqué.

Poursuivant, il ajoute qu’après 5 opérations, sa fille ne peut toujours pas se tenir debout.

« En tout, ils ont opéré ma fille 5 fois. La première fois, eux qui lui ont fait une mauvaise opération, en la faisant avorter et l’ont opérée. Ensuite ils l’ont envoyée chez Dr Cissé qui l’a opéré deux fois. Et comme là-bas aussi ça n’allait toujours pas, ils l’ont envoyée ici à Ignace Deen et ici aussi on l’a opérée deux fois. C’est ce qui fait 5 opérations, mais jusqu’à présent elle n’a pas encore recouvré la santé. Elle est toujours pareille. Actuellement, elle ne peut même pas marcher. L’eau ne circule pas, le sang aussi ne circule pas bien », a-t-il dit. 

Ils lui ont fait une injection et lui ont dit de boire du jus Vimto

Puis, revenant sur les circonstances du viol, il raconte que sa fille se serait rendue dans cette clinique pour un problème de gastrite.

« Cette histoire de viol m’a laissé sans voix, parce que je n’avais pas imaginé qu’ils puissent se comporter de la sorte envers ma fille. Car nos voisins chez qui ils ont installé leur clinique sont de la même famille avec ma mère. La clinique en question est située à Entag mais il n’y a aucun indicatif qui montre que c’est une clinique. Ils ont juste mis des étagères à l’intérieur. Ils n’ont aucun appareil d’opération qui démontre qu’ils sont des médecins. C’est juste des stagiaires, ils n’ont pas fini d’apprendre leur travail et sont allés ouvrir une clinique pour tuer les gens.

Ma fille m’a dit que quand elle est allée là-bas, ils lui ont fait une injection et lui ont dit de boire du jus Vimto. Elle dit qu’elle ne voulait pas le boire car elle s’était rendue là-bas pour un problème de gastrite et typhoïde. Quand elle boit l’eau, l’eau s’arrête au niveau de ses poumons. Eux ils sont allés lui donner du Vimto, et depuis qu’elle a bu ce jus elle ne s’est pas retrouvée. Au moment où elle est revenue à elle, elle s’est vue nue dans le lit du médecin sans aucun vêtement. Elle ne pouvait même pas se lever. C’est ainsi que toute cette histoire a commencé », a-t-il raconté.

« Aujourd’hui, ce que je souhaite c’est que la justice soit faite et qu’ils soient jugés comme il se doit »

« Aujourd’hui, ce que je souhaite c’est que la justice soit faite et qu’ils soient jugés comme il se doit. Je demande aux croyants de me venir en aide car une personne ne peut rien faire seule. J’ai neuf enfants et elle est l’aînée. Elle a fini ses études et c’est elle qui était censée m’aider à m’occuper de ses frères et sœurs. C’est dans cette souffrance que je suis actuellement. Je demande aux autorités de m’aider sinon l’état dans lequel ma fille est actuellement, si on ne m’aide pas je crains qu’elle ne puisse s’en sortir », a-t-il lancé.

Maciré Camara

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