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Football guinéen : Le signe indien permanent (Par Moïse Sidibé)

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La CAN du Caire 2019 sera un cimetière pour des coaches et entraîneurs du football africain, les jours à venir. S’il est prévisible de voir ceux qui vont passer à la trappe, il est cependant important de reconnaître que certains d’entre eux vont subir, à raison ou à tort, le courroux des dirigeants indélicats, qui vont leur faire porter le chapeau, faisant fi des influences subjectives, dont ils ont été les auteurs et sans tenir compte du niveau technique des joueurs, des interférences…

Peut-on exiger du meilleur coach du monde, qui n’a pas toutes les coudées franches, qui marche sur des œufs vis-à-vis des roitelets qui veulent imposer leurs points de vue complètement erronés, de mener une équipe de moindre niveau à un autre qui lui est supérieur ?

Pour ce qui concerne le Syli National, il faut dire que la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a. Le Syli de Guinée de cette année n’avait rien à donner que du vent, ne comptant que sur une seule hirondelle pour faire le printemps.

Avec un seul joueur de haut niveau, l’on a mis dans la tête des millions de supporters que cette fois, la coupe viendra, mais elle s’est arrêtée en huitième de chemin, et surtout l’on a exigé au pauvre Paul Put la qualification en quart de finale, sans calculer que sur ce chemin, il fallait passer sur les Algériens, l’un des sérieux prétendants … Depuis la déculottée face à Madagascar et la défaite face aux Nigérians, les choses ont dû être revues à la modestie. L’ambiance débordante lors du match contre Madagascar avait baissé brusquement d’un cran dès l’égalisation en deuxième période, et quand le Syli a encaissé le second but malgache, le silence était de mort. Face au Nigéria, l’engouement du premier match avait repris. Mais, des collégiennes qui s’étaient fait décorer les joues du rouge-jaune-vert avaient eu bien du mal à l’enlever. On les voyait s’en laver le visage en rigolant : Yagui nan ya !

Si on ne nous a rien dit sur les conditions du regroupement et de la préparation au Maroc, le bruit court que des personnes choisies pour supporter l’équipe, au Caire, sont composées en grande partie de personnes qui n’avaient rien de supporters sportifs.

Subjectivement, il faut dire que le ballon est rond pour tout le monde. Rien ne peut être plus parfait que ce qui est rond, et rien d’imparfait ne doit lui être associé, surtout les êtres chez lesquels les hommes aiment ce qui est rond en eux.

Quand on jouait les inter-quartiers, les féticheurs que nos responsables faisaient venir nous bondissaient un très de conneries et ils recommandaient de ne pas toucher à une fille et on nous enfermait dans des internats de fortune jusqu’au départ pour le terrain, qu(on gagnera 2 buts à zéro. Que dalle ! Les adversaires nous tenaient en échec ou nous battaient à plate couture. Plus tard, je demandais à Pathé Diallo, qui était cartésien, s’il croyait au incantations occultes des marabouts et autres qui accompagnaient nos équipes de football, il disait que si les ‘’machinations occultes’’ pouvaient faire gagner une équipe, les Chinois et les Hindous n’allaient jamais perdre en coupe du monde.

Objectivement, il faut souligner que la Guinée, en manque cruel de jouer de haut niveau, avait mis tous ses oeufs dans un panier, en misant sur le pauvre Naby Kéita. Certes, c’est un joueur talentueux, mais ses pieds agiles sont en argile (comme Neymar), mais le Brésil a gagné la Copa América sans lui. Dans le cas du Syli National, l’attente mise sur Naby était si grande et la pression sur lui ne lui a pas permis de jouer relâché, or c’est en jouant relâché que l’on fait parler son génie. Le besoin fiévreux de bien faire, ou la crainte de mal faire peuvent conduire au désastre. Il faut ajouter à cela que les commentaires trop enflammés de la presse sportive ne sont pas étrangers à cela. Et à force de forcer, il est parti dans des engagements imprudents, qui l’ont mis hors d’état de nuire à l’adversaire. Il en a été ainsi pour Mohamed Salah, qui n’a rien réussi de bon. Souhaitons que Sadjo Manè comprenne la leçon et qu’il se décrispe lors des prochaines rencontres capitales.

Et pour tout dire, les vedettes qui opèrent en Europe sont les cibles de choix de leurs adversaires sur les terrains d’Afrique, lors d’une CAN. Pour cette seule raison, la CAF ne devrait pas désigner le meilleur footballeur africain de l’année pour les performances montrées sur d’autres cieux. Le meilleur doit être vu à l’œuvre sur les terrains africains, ou sur leurs performances sur les deux. On se demande si Mohamed Salah sera placé à la même enseigne que l’année passée par rapport à Sadjo Manè, cette année, rien que pour ce qu’ils ont produit lors de cette CAN…

On l’a toujours dit, la FEGUIFOOT et le Ministère des Sports ne sont pas composés que de gens qui servent du football, il y a aussi des personnes qui se servent de lui. Voilà la raison pour laquelle rien ne se développe que le football, et il se développe mal. Il y a trop de ‘’nèm-nèm’’.

Y a-t-il un directeur technique national digne du nom ? Y a-t-il des centres de formation dignes du nom ? Le choix des joueurs et de l’encadrement est-il rationnel et judicieux ?

Ce Syli National n’a pas l’étoffe du Syli des Titi, Salam, Mohamed Sylla Oféi de 2004 à 2008, qui n’avait pas aussi l’étoffe du Syli des années 70, celui des Papa Camara, Petit Sory, Chérif Souleymane, Njo Léa…, mais qui n’avait jamais remporté la Coupe d’Afrique des Nations. Exiger donc de ce Syli efféminé et émasculé, hétéroclite, sans trompe, sans défense, sans inspiration, qui n’a, à aucun moment de la rencontre, pris les initiatives du jeu face aux Algériens, se contentant plutôt de jouer au rythme de l’adversaire, perdant presque toutes les balles au milieu et jouant à reculons en revenant sans cesse en arrière, c’est lui demander la lune, surtout si tout était basé sur une sorte d’arnaque, dans laquelle et selon la rumeur persistante, le sélectionné doit payer une ‘’dîme de sélection’’. Le constat est amer, quand on voit que les joueurs qui ont mouillé le maillot lors des éliminatoires ont été écartés au profit des nouvelles figures qui ne connaissent même pas l’hymne guinéen… ouf ! Que dire, en plus, de la manière dont Paul Put a été engagé, va-t-il servir de fusible !

La FEGUIFOOT et le Ministère des Sports ont des choses à raconter. Rendez maintenant le football aux anciens footballeurs, puisque les politiques et les bureaucrates ont montré leur limite et leur carence

Tant que le milieu du football guinéen n’est pas assaini, le signe indien le poursuivra. Il n’est pas superflu de dire, n’en déplaise, que les responsables politiques les plus en vue sont aussi les plus nuisibles au football guinéen soit par leur laxisme, soit par leur manque de vision et qui veulent imposer leur idée.

L’Etat guinéen qui se saigne pour mettre les footballeurs dans les conditions les plus favorables est aussi malvoyant. Comment débourser galamment des millions à chaque compétition et laisser le tout à la gestion fantaisiste des gens qui ne cherchent qu’à se servir, sans exiger des comptes !

Science sans conscience n’est que ruine du contribuable.

Moïse Sidibé

 

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