Général Konaté témoigne : ‘’Henriette avait peur d’une attaque contre le stade du 28 septembre où le corps de Conté devait être exposé’’

President of Guinea transition General Sekouba Konate speaks during a meeting with other political parties at the presidential palace in Conakry in this June 26, 2010 file photo. REUTERS/Luc Gnago
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Depuis Paris, l’ancien président guinéen de la transition le général Sékouba Konaté a ouvert son cœur au site d’informations Nouvelledeguinee à propos de l’ex-Première dame Henriette Conté, décédée mardi dernier de maladie à son domicile, en haute banlieue de Conakry. Selon le général, feue Henriette avait peur d’une attaque contre le stade du 28 septembre où le corps de l’ancien président Lansana Conté devrait être exposé avant son inhumation. « C’est moi qui l’ai rassurée et j’ai tenu parole”. Réaction…

D’abord, je rappelle ici que j’ai parlé récemment au téléphone avec elle. Du coup, je profite des colonnes de votre journal en ligne pour présenter mes condoléances les plus attristées au peuple de Guinée, à la famille éplorée, et surtout à son petit frère Raymond Bangoura. Je prie Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très Miséricordieux d’accueillir maman Henriette Conté dans son Paradis Éternel.”
Maman Henriette et son mari, feu général Conté, venaient régulièrement chez nous à Kaloum. Je l’ai très bien connue. Ma maman était la confidente de l’ancienne première dame à qui elle se confiait sur sa vie de couple. Parfois, si couple est sous tension, c’était ma mère qui faisait de la médiation dans le but de calmer les esprits”.

Ma mère était la marraine d’un groupe de femmes d’anciens dignitaires dont Henriette Conté. Elle était la confidente de toutes ces femmes. C’est elle qui réglait les petites conflits dans les couples.

Elle (NDLR : Henriette) m’a appelé. Elle m’a demandé si les militaires ne vont pas lancer une attaque contre le Stade du 28 Septembre où le corps de Conté devait être exposé avant son enterrement. Elle avait peur. Je lui ai dit de ne pas avoir peur. Je l’ai rassurée d’avoir interdit à tout militaire de se rendre au stade. Je lui ai promis qu’ils vont enterrer, dans la paix, la quiétude, la dignité, feu général Lansana Conté. Et, j’ai tenu parole.

Quand le CNDD a pris définitivement le pouvoir, quelques officiers de l’ancien régime ont été jetés en prison. Ils étaient soupçonnés d’être liés aux trafiquants de drogue. Maman Henriette m’a appelé pour plaider leur cause. Beaucoup d ‘entre eux étaient âgés et malades. J’ai ordonné leur libération grâce à l’intervention de Maman Henriette Conté.

C’est elle (NDLR : Henriette) qui est venue me voir pour me demander d’aider Kassory Fofana à pouvoir sortir du pays. Le capitaine Dadis voulait mettre aux arrêts ce dernier. A cause de maman Henriette, j’ai demandé à Dadis de laisser Kassory en paix. Ce dernier a ainsi pu quitter le pays dans la paix. Dadis voulait à tout prix l’arrêter. Il y a aussi le cas de Lounsény Nabé, actuel gouverneur de la Banque Centrale. Le CNDD avait mis ce dernier en prison. Il était poursuivi pour enrichissement illicite et détournement de fonds publics. Maman Henriette est venue me voir. J’ai fait libérer Lounsény Nabé. Elle est également intervenue pour la libération de feu Ousmane Conté, fils de son mari, emprisonné, à l’époque, à cause de la drogue”.

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