GNF s’apprécie, hausse du prix des denrées : Elhadj Tidiane Koula Diallo, président des cambistes de Guinée, en donne les raisons

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Depuis le changement de régime intervenu le 5 septembre dernier, les différentes monnaies étrangères connaissent une détérioration vis-à-vis du Franc guinéen, chose qui ne se répercute pas sur les prix des denrées alimentaires. Pour comprendre cet état de fait, un des reporters de Mediaguinee a interviewé le Président de l’Association des Cambistes de Guinée.

Étant le premier cambiste agréé en Guinée, depuis le 15 janvier 1986, Elhadj Tidiane Koula Diallo a, pour commencer fait savoir que les devises ont considérablement baissé,  100€ qui étaient à 1,250,000 gnf sont aujourd’hui à 950,000 gnf et 100 dollars ui tournaient autour de 1,040,000 se retrouvent aujourd’hui à 880,000 gnf, dit-il. 

Depuis que les devises ont commencé à chuter, il n’y a pas eu d’accompagnement de la part de l’Etat


À en croire ce doyen dans ce domaine, depuis plus de 3 decenies, « les devises suivent l’évolution du pouvoir, les devises n’aiment pas le mauvais pouvoir,  ni le bruit. Les devises ont connu une baisse ces derniers  temps parce que les gens ont eu confiance aux nouvelles autorités. Il y a juste un petit temps en arrière, les fonctionnaires amassaient de l’argent n’importe comment. Par exemple, si quelqu’un fait une affaire et gagne 100 millions, il ne peut pas prendre tout ce volume emmené chez lui ou à la banque,  il cherche des devises à n’importe quel prix, il s’en fiche. C’est l’une des raisons de la montée des devises à l’époque. Deuxièmement, il n’y a pas de mesure d’accompagnement. D’ailleurs, même ce gouvernement actuel n’a pas fait des mesures d’accompagnement, s’ils le font, 1 dollar va revenir entre 5000 à 6000 gnf. Aujourd’hui, toutes les personnes ont un grand espoir, que ça soit ici en Guinée ou à l’étranger. Même ceux qui ont envoyé l’argent à l’étranger le ramènent pour investir, parce qu’ils pensent que ce régime pourra faire quelque chose de bon pour le pays. »
Poursuivant, M. Diallo a tenu à préciser qu’il y a des choses qui l’intriguent, parce que depuis que les devises ont commencé à chuter, dit-il, il n’y a pas eu d’accompagnement de la part de l’Etat.

Dans les autres pays, au Sénégal par exemple, dès que le prix descend sur le marché parallèle, la banque diminue aussi immédiatement. Si tel n’est pas le cas, les détenteurs de devises vont toujours continuer à garder leurs devises selon le coût référentiel sur le marché

« Aujourd’hui, au moment où je vous parle, le dollar, c’est 8800 gnf et l’euro 9500 gnf. Mais à la banque 1€ aujourd’hui c’est 10,400 gnf et le 1$ c’est 9,300 gnf, soit plus ou moins une différence de 2,000 gnf entre la banque et le marché parallèle. Dans les autres pays, au Sénégal par exemple, dès que le prix descend sur le marché parallèle, la banque diminue aussi immédiatement. Si tel n’est pas le cas, les détenteurs de devises vont toujours continuer à garder leurs devises selon le coût référentiel sur le marché. Moi personnellement, je ne peux pas les condamner, parce que c’est des militaires, certes eux, ils ne connaissent pas et les cadres qui sont derrière eux ne vont pas accepter de détailler ceci pour eux. »
Plus loin,  Elhadj Tidiane Koula Diallo de réitérer que le problème de la Guinée, c’est le manque d’information. « Si c’est seulement les idées et les propositions des bureaucrates cravatés qu’il faut utiliser, ça sera très difficile de faire marcher les choses. Ce que nous cambistes, nous demandons au Gouverneur, à ses Vice-Gouverneurs, au Ministre du Commerce, au Ministre du Budget, à celui des Finances et au Premier ministre, c’est d’apporter des mesures d’accompagnement. Depuis plusieurs jours moi-même personnellement j’ai essayé de rencontrer les responsables de la BCRG. Mais malheureusement à chaque fois que j’appelle ou on envoie des courriers ils me disent qu’ils sont en réunion ou autre chose. Ils n’arrivent pas à comprendre que nous les cambistes, nous savons ce qui se passe sur le terrain plus qu’eux. Pour la bonne marche des affaires, il faut collaborer avec les cambistes. S’ils refusent cela,  les devises connaîtront une hausse sans précédent. »

Les gens doivent comprendre que les devises ne diminuent pas et en un mois les prix des marchandises diminuent aussi immédiatement. Les importateurs ne sont pas aussi rassurés que s’ils diminuent les prix il n’y a pas de risques que les devises ne connaissent pas une hausse


Pour faire, le président des cambistes de Guinée a expliqué les raisons pour lesquelles les prix des denrées alimentaires de première nécessité n’ont pas connu une baisse pour soulager le panier de la ménagère.

« Les gens doivent comprendre que les devises ne diminuent pas et en un mois les prix des marchandises diminuent aussi immédiatement. Les importateurs ne sont pas aussi rassurés que s’ils diminuent les prix il n’y a pas de risques que les devises ne connaissent pas une hausse. Si le gouvernement accepte de faire des mesures d’accompagnements, dès que le prix chute sur le marché,  il descend le coût des devises à la banque aussi, les gens auront un grand espoir et les prix vont baisser drastisquement en fonction des taux d’échange des devises. »
Mamadou Yaya Barry

 622 26 67 08 

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