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Grande interview. Mohamed Touré : ‘’le président de la République doit sortir de la confusion’’ (vidéo)

Dans cette interview accordée à notre rédaction, le secrétaire général du Parti démocratique africain -Révolution démocratique africaine (PDG-RDA), Mohamed, fils du président Ahmed Sékou Touré revient sur les élections communales du 4 février dernier, la victoire symbolique de sa sœur Aminata Touré à Kaloum, la gestion de la crise post-électorale, le score de son parti au scrutin communal, la récente grève des enseignants, la constitution guinéenne, etc. INTERVIEW…

La crise que nous vivons après ces communales n’aurait pas été une crise qui perdure avec des résultats qu’on n’arrive pas à publier, avec des manifestations d’ici et là, qui engendrent des morts d’hommes si le système était performant

Mediaguinee : Mohamed Touré, vous êtes le secrétaire général du PDG-RDA. Votre parti a participé aux communales du 4 février dernier. Quelle analyse faites-vous de ces élections ?

Mohamed Touré : Je vous remercie. C’est une question qui vaut son pesant d’or, si je puis m’exprimer de la sorte, puisque à l’évidence, le système électoral qui a été mis en place, qui est le mode démocratique, qui quelque part, nous est imposé, prouve éloquemment qu’il ne fonctionne pas et qu’il est en déphasage total avec les réalités de notre société. Alors, nous sommes en train de mettre un système démocratique semble-t-il mais en dehors des populations puisqu’apparemment elles ne le comprennent pas. La preuve c’est qu’à date, les résultats de ces élections qui, autrement, auraient dû être très faciles, puisqu’au niveau communal, les effectifs sont beaucoup plus réduits, puisqu’au niveau communal, le système de décompte devait être plus facile et plus rationnellement fait, si le système était performant, et s’il ne cachait pas des intentions qui ne sont pas nécessairement démocratiques, et qui ne sont pas loyales, je crois que le problème n’aurait pas été comme il l’est aujourd’hui. Et la crise que nous vivons après ces élections n’aurait pas été une crise qui perdure avec des résultats qu’on n’arrive pas à publier, avec des manifestations d’ici et là, qui engendrent des morts d’hommes, qui engendrent des destructions de biens de personnes et de familles entières. Je crois que le leadership doit faire en sorte que dans toutes les décisions qui sont prises, que les citoyens soient respectés. Nous estimons que c’est ce manque fondamental de respect vis-à-vis du citoyen qui amène le chaos dans lequel nous sommes.

C’est le manque de transparence que nous reprochons au processus électoral

Concrètement, Monsieur Touré, qu’est-ce que vous reprochez à ce processus électoral ?

C’est le manque de transparence que nous reprochons au processus électoral. Ce que nous reprochons au processus électoral, c’est la volonté délibérée de certains politiques, parce qu’ils ont des positions de dominance soit par rapport à leur effectif qui n’est lié à aucune appartenance idéologique que raciale, ethnique et régionale, de leur dominance par rapport à leur contrôle de l’Etat qui profite de cet état de fait pour tripatouiller, transformer, agresser si vous voulez, le verdict des populations, le verdict des citoyens. Quand je dis que le citoyen manque de respect, c’est à ce niveau, parce que quand même, quand un citoyen est appelé aux urnes, il entre dans l’isoloir, vote par conscience. Mais qu’un citoyen vote par conscience et après qu’on se rende compte que par des méthodes d’autres manipulent les résultats, vous savez, ce n’est pas une question de gagner des élections ou de perdre des élections. C’est une question d’équilibre national, de stabilité ! Nous voulons que ce pays-là soit stable. Nous voulons que ce pays-là soit géré de façon équitable. Nous voulons que ce pays soit géré par la volonté des citoyens de ce pays. Dans ce cas-là, la moindre des choses, c’est de permettre une expression plus limpide de leur volonté. Une fois ça c’est bafoué pour des raisons obscures, pour des raisons qu’on ne peut pas avouer, évidemment, tout l’équilibre de la société est mis en cause. Voilà les conséquences que nous vivons. Nous avons participé aux élections. Nous avons eu d’ailleurs des positions dans la plupart des circonscriptions où nous avons pu présenter des listes électorales. Nous avons obtenu des résultats, parfois 4, parfois 3, parfois 2 et parfois 1. Donc, le PDG, de ce point de vue, s’est satisfait du fait qu’il est présent sur tout le territoire national, puisqu’on a pris un échantillonnage de toutes les régions et de toutes les contrées. Nous nous sommes rendu compte qu’effectivement le PDG a une présence au niveau local. Et cela est très important, en ce qui me concerne. Maintenant, le reste, vous le vivez.

Les protagonistes, prétendument grands, ne sont grands que parce qu’ils représentent une ethnie. Ils ne sont grands que parce qu’ils représentent une région. Mais en réalité, ils se battent entre eux dans le même système, simplement pour que l’un chasse l’autre

Vous parlez de manque de transparence. Au même moment, pouvoir et opposition s’accusent mutuellement de fraudes massives aux communales. Cela vous dit ?

C’est bonnet blanc et blanc bonnet. Nous l’avons toujours dit au PDG, peut-être que vous ne vous en souvenez pas, les protagonistes, prétendument grands, ne sont grands que parce qu’ils représentent une ethnie. Ils ne sont grands que parce qu’ils représentent une région. Mais en réalité, ils se battent entre eux dans le même système, simplement pour que l’un chasse l’autre. Donc, c’est une question de positionnement au sein du système. Cela doit être très clair. Le PDG-RDA ne cherche aucun positionnement dans ce système, parce que nous combattons le système. Nous estimons que ce système est un système faible. Nous estimons que ce système n’est pas au standard de la morale politique du PDG et nous estimons que ce système doit être remplacé par un système qui donne beaucoup plus d’équité aux populations, qui donne beaucoup plus d’équité à la représentation du citoyen. La différence est nette. Et quand vous dites que les uns accusent les autres, qu’est-ce que vous voulez que nous disions ?

CENI remplacée ou pas, le problème n’est pas là. C’est le système électoral entier qui doit être révisé

Certains partis politiques de l’opposition demandent à ce que cette CENI soit remplacée. Est-ce la position du PDG ?

CENI remplacée ou pas, le problème n’est pas là. C’est le système électoral entier qui doit être révisé. Regardez le taux de corruption qu’il y a dans notre pays ! Regardez le taux de vol qu’il y a dans notre pays ! La propension à mentir ! Tout le monde ment ! Ce système-là, nous n’en voulons pas. Parce qu’il compromet d’une manière dangereuse l’évolution normale de cette nation, qui, pourtant a fait ses preuves, qui pourtant, a été l’arrière-garde et à l’avant-garde de la lutte de libération de l’Afrique tout entière, qui pourtant a représenté dignement tout notre continent dans toutes les sphères internationales. Notre nation n’est pas une nation au rabais et nous ne voulons pas continuer de cautionner une république bananière.

La constitution à laquelle nous obéissons aujourd’hui n’est pas une constitution de la troisième république, mais de la transition

Vous ne voulez pas de la nation en l’état, vous ne voulez pas d’une république bananière. Qu’est-ce que vous proposez comme alternative ?

Mais nous proposons justement une solution où il y aura un système politique multipartite certainement mais qui reposera sur la loi, qui reposera sur des textes que nous aurons élaborés tous ensemble par des méthodes consensuelles. Une fois que ces textes seront établis, tout le monde obéira à ces textes et de la façon la plus rigoureuse. D’abord, la constitution à laquelle nous obéissons aujourd’hui, on l’appelle constitution de la troisième république. Ce n’est pas une constitution de la troisième république. C’est la constitution de la transition qui a été élaborée par un groupe de cadres qui a été sélectionné comme ça pour former un CNT (Conseil national de la transition, ndlr) qui a fait un travail transitoire pour juste permettre au pays de sortir d’une phase qui était une phase de déséquilibre total.

Vous dénoncez une constitution qui a été faite par le CNT. Que proposez-vous alors ?

Elle a été promulguée par un acte du président de la transition. Ce texte, il est là, pas de référendum. Je dis que la constitution doit être adaptée à la république.

Mais qui doit le faire ?

Peut-être une commission de rédaction d’une constitution. Même si les textes sont relativement identiques, mais le processus permettra aux populations guinéennes de s’approprier cette constitution ! La constitution, c’est le cadre qui définit une loi en tant que citoyen, mes droits et mes devoirs ! Mais quand je ne connais pas cette constitution, je suis leader d’un parti politique, je ne peux pas prétendre connaître cette constitution. Alors, allez demander au citoyen lambda, de quoi parle cette constitution. Il ne sait pas, puisqu’on ne lui a pas transcrit, on ne lui a pas expliqué, on ne lui a pas dit dans sa langue par exemple, c’est quoi la constitution, voilà ce qu’elle dit, à propos de tel, voilà tes droits, voilà tes devoirs, voilà quelles sont les institutions qui gèrent la nation. Aujourd’hui, quand vous regardez l’architecture de nos textes, vous voyez qu’on a des institutions très belles. Elles sont même dotées de personnels, parfois elles peuvent même refouler certains. J’apprenais la dernière fois que le président de la cour constitutionnelle (Kélèfa Sall, ndlr) n’est pas vu en sainteté par des milieux politiques en Guinée. Quand vous regardez ça sur le plan théorique comme ça, je suis émerveillé. Mais en réalité, en quoi le citoyen guinéen est concerné par ces institutions ? Il ne connaît même pas, il ne connaît pas le fonctionnement, il ne connaît pas l’objet de ces institutions. C’est un  minimum de la population, peut-être un pour cent qui est agglutiné à Conakry et qui parle de ces choses-là et en savant, alors que ça concerne tous les citoyens guinéens. Il faut que tous les citoyens guinéens soient versés dans la connaissance parfaite de leur Etat, pour défendre leur droit. Alors, nous exigeons qu’un système soit mis en place pour permettre ces choses-là.

C’est quoi ce système ?

C’est le système de démocratie totale. C’est le système de démocratie participative directe, qui permet à tous les citoyens de voir la réalité d’un aspect de la gestion de son Etat, de le critiquer et qui lui permet ultimement de le modifier.

Ce n’est pas la population qui doit être confuse, c’est le président qui doit sortir de la confusion

Est-ce que vouloir toucher à cette Constitution ne pousserait pas le peuple à penser à une modification de la constitution en faveur du président en place ? 

Le président en place peut être très clair là-dessus. Dire on le fait, mais moi c’est fini, j’ai prêté serment deux fois sur une constitution, mais la réalité est que cette constitution ne peut pas faire vivre l’Etat comme elle est dans ces conditions-là. On la change, mais moi en tant que chef d’Etat, je dis ce sont les deux mandats, puisque j’ai prêté serment deux fois, c’est très facile. Ce n’est pas la population qui doit être confuse, c’est le président qui doit sortir de la confusion.

En Guinée, c’est le système de la débrouille. Quand l’Etat est basé sur ça au vu et au su de tout le monde, il faut que ça change

Monsieur Touré, le pays a été récemment paralysé par une grève des enseignants. Selon vous, qu’est-ce qui n’a pas marché ?

C’est le dysfonctionnement du système. On laisse des cadres se former, c’est-à-dire, tous les corps de métier qui sont par ailleurs tous des fonctionnaires de l’Etat. Quand vous regardez, très peu de ce beau monde sont dans des professions libérales qu’on considère comme telles, qui ont un capital à part, et qui travaillent par eux-mêmes. Très peu. A part quelques ouvriers, l’importante masse des travailleurs guinéens est de la fonction publique. Chacun a son syndicat, chacun a sa fonction de défense, qu’il met en exergue de telle façon qu’on connaît. Il y a une différence notoire entre les salaires officiels et le niveau de vie.  Donc, on donne la possibilité à chacun de faire la pression. Ceux qui font la pression sont mieux organisés. Par exemple, là c’était les enseignants. Ils ont le droit, puisqu’ils savent que 500.000 fg ne vous font pas vivre avec votre famille. Le ministre guinéen a un salaire qui ne lui permet pas de faire vivre sa famille. Il faut qu’il ait le carburant, qu’on donne à coté ; qu’il ait tous les autres avantages. En fait, c’est la débrouille, c’est le système de débrouille. Quand l’Etat est basé sur ça au vu et au su de tout le monde, il faut que ça change. Au PDG, c’était très simple ! On a fait un cadre unique. Aujourd’hui, nous ne sommes pas en mesure d’avoir cette multitude de cadres parce que l’Etat est coincé. Le budget, où ils vont le prendre pour payer tous ces salaires-là ? Et pourtant, la pression sociale a fait qu’on a signé et qu’on donne à tout le monde toutes les revendications qu’il veut. Même pour les enseignants seulement, on ne pouvait pas trouver les recettes nécessaires pour satisfaire cette dépense. Il faut qu’on soit sérieux. Je ne pense pas qu’on se regroupe tous et qu’on dise voilà un cadre unique qu’on impose pour le moment en tout cas pour qu’on sorte de cette situation-là et que ce cadre-là reflète effectivement le niveau du pouvoir d’achat. Quel ministre a besoin de tous ces artifices pour pouvoir joindre les bouts à la fin du mois ? Qu’est-ce que la secrétaire va faire, ou encore moins le planton ? Tous ces fonctionnaires sont citoyens qui ont leurs droits, leurs familles qu’ils doivent faire vivre de la manière la plus digne possible. Cela veut dire du produit de leurs parents. Donc, nous estimons que cette situation doit entièrement être reformée et que si on a suffisamment de volonté politique, on peut le faire parce que nous avons non seulement les ressources humaines pour le faire. Mais nous avons aussi les ressources économiques, financières et monétaires. Notre monnaie nous appartient. Donc, c’est nous qui déterminons la masse monétaire. Si la banque centrale fonctionnait, elle devait savoir quelle masse monétaire mettre en circulation. Comment la soustraire de la circulation en cas de besoin. Nous sommes indépendants ! Et nous devons être indépendants économiquement, nous devons le prouver par notre action politique que nous exerçons.

On ne peut pas dire que les syndicalistes ont tort d’aller en grève, ils veulent vivre

Et qui parle de syndicalisme en Guinée, parle forcément du PDG-RDA. Est-ce qu’en tant que premier responsable de ce parti, vous appréciez la manière de fonctionner des syndicats ?

Mais les syndicats ne font que revendiquer leurs droits ! C’est l’arme du syndicat. La grève est légale, c’est l’arme par laquelle le syndicat peut faire des pressions sur le patronat, sur l’Etat, sur n’importe qui pour revendiquer et avoir gain de cause. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Donc, c’est dans l’arsenal légal qui leur revient ! Je vous ai dit que cette situation doit être refondée systématiquement.

Quand nous on allait à l’école, ils nous ont traités de cocolala. Je suis tellement fier d’être un produit du cocolala !

On ne peut pas dire que les syndicalistes ont tort d’aller en grève, ils veulent vivre, ils font beaucoup de sacrifices, ces enseignants guinéens, bien qu’on dise que leur niveau est bas !  D’accord, le niveau est bas, mais c’est de leur faute ? Quand nous on allait à l’école, ils nous ont traités de cocolala. Je suis tellement fier d’être un produit du cocolala ! La première réforme qui a été imposée au PDG après la chute de son régime par les militaires, c’était la réforme de l’enseignement. Quand quelqu’un n’a rien dans la tête, il peut revendiquer quoi ? Alors, nous, nous expliquons et nous voulons que le peuple de Guinée nous comprenne. Et que cette situation change et change pour le mieux. Nous, nous sommes pratiquement à la retraite. Il faut qu’on laisse quelque chose de gérable à nos enfants et à nos petits-enfants.

Kaloum revendique la gouvernance du président Ahmed Sékou Touré, revendique son leadership

On va aborder l’héritage du premier président guinéen, Ahmed Sékou Touré. Récemment, sa fille, votre sœur, est arrivée en tête aux élections communales dans la commune stratégique de Kaloum. Certains parlent d’une victoire symbolique. Vous, en tant que fils du père-fondateur de l’Etat guinéen, que représente cette percée ?

On ne peut pas enlever à cette victoire son caractère symbolique. C’est la preuve manifeste des populations guinéennes, puisque nous parlons de Kaloum. Kaloum revendique la gouvernance du président Ahmed Sékou Touré, revendique le leadership du président Ahmed Sékou Touré. Cela s’exprime à travers sa fille (Aminata Touré, ndlr) à qui nous ne voulons enlever aucun mérite. C’est une femme qui s’est faite malgré toutes les contradictions, les oppositions que nous avons eues pendant quelques décennies. Elle est une femme d’affaires aujourd’hui, qui, non seulement, est sur le plan national, mais aussi sur le plan international. Donc, on ne lui enlève pas ce mérite-là. En réalité, c’est la revendication de cet héritage, qui est un héritage dont je vais être hautainement fier. Cet héritage qui était complètement détaché de la gouvernance, qui était complètement détaché de la chose matérielle en tant que possession personnelle mais qui a voulu une rigueur dans la gestion du bien public en plus de cette rigueur, que la répartition de ce bien soit équitable. Je ne dis pas égal ou égalitaire. Je dis équitable en fonction du travail produit mais que la récompense soit donnée. Mais cela a été, les populations guinéennes ont vécu ça pendant des décennies ! Qu’elles réclament ça aujourd’hui, quoi de plus normal, quoi de plus naturel !  Vous me demandez ce que ça représente pour moi ? Entre autres par rapport à ce qu’a été le PDG, par rapport à l’héritage que le président Ahmed Sékou Touré a laissé à cette nation, puisque ce n’est pas à nous en tant que fils biologiques, pas du tout, mais c’est par rapport justement à la volonté du peuple à aller de l’avant. Dieu merci.

Quand une stratégie marche pour l’opposition, comment voulez-vous qu’elle l’arrête ? Quand cette pression est faite, le pouvoir cède. Quand le pouvoir cède, il y a un partage…

L’opposition dénonce ‘’l’assassinat’’ de ses militants lors des marches politiques. Vous, en tant que parti révolutionnaire, comment trouvez-vous cette stratégie des opposants de descendre dans la rue alors que de l’autre côté il y a toujours des morts ? 

Je n’ai pas à juger la stratégie de l’opposition. Ce que je dirai, c’est que c’est une stratégie qui a l’air de marcher pour eux. Quand une stratégie marche pour l’opposition, comment voulez-vous qu’elle l’arrête ? Puisque la pression est faite, et quand cette pression est faite, le pouvoir cède. Quand le pouvoir cède, il y a un partage. On a vu la même chose avant les élections communales. On avait vu que le pouvoir avait voulu mettre ce qu’il avait appelé les délégations spéciales, puisque c’est tout sauf faire voter le peuple pour ses représentants. On a dit délégations spéciales ! Quand on a fait les délégations spéciales, toutes les délégations spéciales étaient RPG. Les marches ont amené le pouvoir à reculer et à permettre que les délégations spéciales-là soient représentées au prorata des députés qu’ils ont eus à l’assemblée nationale. Dès qu’il y a eu ça, les marches se sont apaisées. Tout le monde a eu sa part du gâteau. La Guinée n’est pas un gâteau à partager.

C’est moi qui me mets contre la loi ou c’est la CENI ?

Monsieur Touré, vous parlez de légalité. Mais au même moment, le PDG a répondu à l’appel de la CENI alors que la loi dit qu’une fois les résultats des communales proclamés, aucun recours n’est possible. En y allant, ne participez-vous pas à affaiblir le système ?

Comment je peux participer à affaiblir le système ? La CENI est l’institution républicaine chargée d’organiser les élections. La CENI n’est même pas chargée de proclamer les résultats, d’entériner les résultats. Si la CENI, avant la proclamation des résultats, dit que des partis politiques viennent donner des preuves, que, elle CENI, elle a mal fait son travail, en quoi cela est mauvais. Deuxièmement, si c’était contre la loi, c’est moi qui me mets contre la loi ou c’est la CENI ?

Mais, il y a eu des partis politiques qui ont refusé d’aller parce que selon eux c’était illégal…

Donnez-moi un nom…

Il faut que le peuple de Guinée sache que le PDG-RDA est contre ce système unique qui bafoue les citoyens tous les jours, qui leur retire leurs droits, qui leur interdit de voter, qui vole leurs résultats

Le PEDN de Lansana Kouyaté !

Le PEDN peut refuser. Ça peut être sa démarche pour s’opposer au régime en place. Le PEDN est dans la logique de l’opposition contre le régime en place. C’est normal, s’il estime que la manière de montrer la carence de la CENI, la carence de l’Etat guinéen. Il est libre de le faire. Mais vous ne pouvez pas interdire aux autres partis de venir prouver qu’il y a eu défaillance. Ceci dit, nous, la CENI nous a appelés. C’est vrai qu’on est parti, mais nos revendications n’ont rien à voir avec les revendications qu’il y a.  Nous ne sommes pas là parce que je vous ai dit que c’est le système même que nous combattons. Donc, nous ne sommes pas en train de faire des petits trucs dans le système pour nous positionner. Il faut que le peuple de Guinée sache que le PDG-RDA est contre ce système unique qui bafoue les citoyens tous les jours, qui leur retire leurs droits, qui leur interdit de voter, qui vole leurs résultats. C’est ça notre combat. Mais si c’est pour nous amener à la CENI pour dire que c’est la loi, c’est ceci ou cela, ils n’ont qu’à gérer ça entre eux. Nous, nous n’en sommes pas là.

Nous devons changer le système en gardant intacte notre nation et même en renforçant les bases de son unité

Nous sommes à la fin de l’interview. Qu’est-ce que vous aimeriez ajouter ?

Au peuple de Guinée, nous dirons simplement que nous avons besoin de changer cette situation. Nous inviterons le peuple de Guinée à une révolution, mais nous dirons en même temps au peuple de Guinée que nous n’avons rien à gagner à nous entre-tuer, que la révolution doit être menée dans le cadre du renforcement de la cohésion du peuple de Guinée, contre tous ces marchands de malheurs. Nous, nous devons changer le système mais nous devons le changer en gardant intacte notre nation et même en renforçant les bases de son unité.

Réalisée par Mamadou Savané

+224622290565

 

 

 

 

 

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