Grève en vue :  les pharmaciens réclament la fermeture du marché de médicaments de Madina, 3 sociétés grossistes et le camion de faux médicaments… - Mediaguinee.org
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Grève en vue :  les pharmaciens réclament la fermeture du marché de médicaments de Madina, 3 sociétés grossistes et le camion de faux médicaments…

Au cours d’une rencontre mercredi à sa pharmacie de Dixinn Terrasse, le secrétaire général du syndicat des pharmaciens privés de Guinée a dit la volonté des pharmaciens d’aller en grève. Une décision due, selon lui, à la disparition d’un camion remorque de faux médicaments d’une valeur de 33 milliards de francs guinéens qui avait été saisi par les autorités.

Selon le Dr Manizé Kolié, secrétaire général du syndicat, cette menace fait suite à un préavis de grève lancé depuis le 20 mars dernier

« Cette menace a été confirmée par un préavis de grève qu’on a lancé depuis le 20 mars 2019. Un préavis de grève, par définition, c’est une main tendue, là où on recense un certain nombre de problèmes et on demande que ça soit traité de préférence à l’amiable. Alors si ce n’est pas fait, on fait brandir en ce moment un mot d’ordre de grève et on passe à application », dit-il.

A l’en croire, la cause c’est le refus du Ministère de la santé, d’obtempérer à la décision du chef de l’État en réduisant à trois le nombre de sociétés grossiste de médicaments en Guinée

« Nous ne sommes pas satisfaits de tout ce qui s’est passé depuis qu’on a annoncé ce préavis de grève et on a été reçu par le Chef d’État qui a donné des instructions fermes au ministre de la Santé. Mais nous sommes dans un langage de sourd avec le ministre de la santé. Je suis surpris de voir un département qui refuse d’obtempérer aux ordres du Chef de l’État. Le chef de l’État a été très clair quand il nous a reçu le 27 mars 2019. Il a dit je veux qu’on ferme (comme nous on lui avait proposé), les grands marchés de Conakry et de l’intérieur du pays dans les 48 heures. Et il était prêt à financer tout ce qu’il faut pour que les brigades de répression soient opérationnelles. Et il a demandé à ce que le nombre de sociétés grossistes très faramineux dans notre pays, parce que nous sommes au-delà de cent, soit ramené à la normale trois, comme dans tous les autres pays de la sous-région, les pays qui ont même le double de notre effectif n’ont que trois grossistes, pourquoi la Guinée en a plus de cent, deux-cent même ? Voilà les instructions du chef de l’État, mais malheureusement le Ministère de la santé, lui au lieu de trois ils ont entendu cinquante-huit, c’est là où on ne se comprend pas. Parce que je le dis et je l’ai dit avant vous, nous sommes en train de croire que le nombre de sociétés grossistes est un fonds de commerce pour le ministère de la santé, vous comprenez ce que je veux dire ? Donc réduire le nombre à trois ne les arrange pas. Alors voilà où nous ne nous entendons pas. Le président dit trois, eux ils disent cinquante-huit. On n’est pas d’accord. Et les brigades qui doivent être constituées, les arrêtés sont déjà pris, les ministères qui sont concernés sont prêts à identifier les différents éléments qui doivent contribuer à former ces brigades, mais le ministère de la santé trouve encore à nuancer tout ça là. La dernière fois que nous sommes rencontrés, nous sommes surpris de voir dans la salle de réunion les administrateurs de marché. Qu’est-ce que ceux-là ont à faire dans un ministère de la santé, concernant un secteur aussi sombre que les faux médicaments. Certains administrateurs nous ont dit carrément qu’ils ont interpellé certains commerçants et eux ils ont dit carrément qu’ils ne répondront pas. Même sur quarante-deux administrateurs de marché, il n’y a que dix qui se sont présentés. Tellement que ça ne les intéresse pas », affirme le pharmacien.

Le syndicat revendique entre autres la fermeture immédiate du marché de médicaments de Madina, la mise à disposition de la justice des sociétés MEDCO et DISPROPHARM, impliquées selon lui dans la disparition d’un camion remorque de faux médicaments et la limitation du nombre des sociétés grossistes à 3.

« Dans notre plateforme revendicative, nous avons dit ceci, depuis le 20 mars, on a été très clair, et ça c’est suite à l’arrestation d’un camion qui a disparu. Toute la Guinée est au courant de ça. Un camion de faux médicaments de douze tonnes d’une valeur de 33 milliards de francs guinéens a disparu miraculeusement alors qu’il était déjà un élément de justice. Des plaintes ont été déposées, le camion a été présenté en conseil des ministres et en conseil interministériel, ce camion a disparu. C’est ce qui nous a choqué pour organiser le neuf mars passé, une assemblée générale où nous avons décidé d’aller en grève, on a donc peaufiné le préavis de grève. Nous avons demandé la fermeture immédiate du marché de médicaments de Madina, nous avons demandé en deuxième lieu que les sociétés MEDCO et DISPROPHARM qui sont impliquées dans la disparition de ce camion remorque, soient traduites en justice. Nous avons demandé encore principalement la limitation du nombre des sociétés grossistes, c’est ce qui a été favorablement répondu par le Président de la République, qui a répondu en disant que lui aussi il veut que la Guinée n’ait que trois grossistes au lieu de cent. Et c’est là où nous ne nous comprenons pas avec les gens du ministère de la santé qui sont mordicus derrière leur chiffre « 58 ». Qu’est-ce que la Guinée a à faire avec cinquante-huit ? Moi je n’en connais pas, premier pharmacien privé de Guinée, je ne connais pas plus de trois grossistes qui me fréquentent. Le reste, du port c’est au marché », a-t-il martelé.

Le Docteur Manizé Kolié qui n’entend pas lâcher prise a annoncé qu’une assemblée extraordinaire des pharmaciens de Guinée sera convoquée le 8 juin prochain pour décider de l’enclenchement de la grève.

Maciré Camara

 

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  1. CONDÉ ABOU

    16 mai 2019 at 19 h 04 min

    C’est franchement très pathétique et incroyable. L’avenir de l’industrie pharmaceutique en Afrique est sombre au regard des chiffres que renvoient les enquêteurs indépendants et plusieurs organisations internationales comme l’OMS.

    Très malheureusement, le combat va être très difficile à gagner, puisqu’il s’agit d’un trafic extrêmement juteux et qui reste sous le contrôle absolu du crime international organisé dont les cerveaux et les planificateurs se trouvent essentiellement en Chine et en Inde.

    L’Organisation Mondiale de la Santé estime à 100.000 le nombre de décès chaque année en Afrique liés à la consommation de faux médicaments, et tous les Gouvernements Africains le savent.

    Ils savent aussi qu’après un sévère contrôle douanier organisé par l’OMD (Organisation Mondiale des Douanes) à partir d’un échantillon de quinze ports du continent Africain, il a été saisi en 9 jours, 113 millions de médicaments contrefaits.
    Sur 290 conteneurs inspectés, 40 % contenaient de faux produits: antalgiques, antibiotiques, anti-inflammatoires, antituberculeux…

    La plupart des cargaisons provenaient de Chine et d’Inde, a indiqué l’OMD en révélant les resultats de l’opération. Ces trafics, organisés par de petits groupes de truands ou par des bandes plus organisées, sont en progression continuelle, a précisé Bernard Leroy, Directeur de l’Iracm.

    Voici les conclusions du Figaro, du Monde et de l’AFP à partir d’études réalisées à des dates differentes:

    (1)Selon Le Figaro, le crime organisé lié aux médicaments a malheureusement de quoi séduire. Le retour sur investissement est spectaculaire. Alors que 1000 Dollars US investis dans le trafic de drogue rapportent 20.000 Dollars, le gain dans la contrefaçon de médicaments peut atteindre 200.000 à 500.000 Euros, estime Bernard Leroy.

    Pis, il est beaucoup plus facile de faire circuler des comprimés multicolores à l’aspect inoffensif que de la drogue, traquée par les Polices de nombreux pays. Enfin, les risques liés à ce trafic sont faibles.

    Les contrôles sont quasi inexistants et, en cas de procès, les peines sont souvent symboliques. De quoi faire réfléchir des mafias à la recherche de nouvelles activités. Le principal cartel de drogue mexicain songerait ainsi à s’y reconvertir.

    (2)Dans une enquête conduite par Le Monde et l’AFP et qui a été publiée le 10 Octobre 2018, l’on apprend que la situation des faux médicaments est de plus en plus dramatique aujourd’hui en Afrique Subsaharienne, particulièrement en Côte D’Ivoire classée comme la jungle des médicaments en Afrique de l’Ouest.

    L’on estime à 385 tonnes de faux médicaments les quantités qui ont été saisies en deux ans en Côte d’Ivoire, dont la capitale, Abidjan, abrite le plus grand marché de produits illicites d’Afrique de l’Ouest, a annoncé, le 9 Octobre dernier le Ministère Ivoirien de la Santé.

    Au cours des deux dernières années (2017 et 2018), 385 tonnes de faux médicaments, représentant pour l’industrie pharmaceutique une perte financière de 100 milliards de francs CFA (150 millions d’Euros), ont été saisies, a déclaré un des Inspecteurs du Ministère de la Santé Publique.

    Selon un ancien Président de l’Ordre des pharmaciens le marché des faux médicaments représente aujourd’hui 30% des ventes de médicaments en Côte d’Ivoire.

    Au total, le secteur pharmaceutique légal Ivoirien enregistre chaque année « une perte de 40 à 50 milliards de francs CFA (76 millions d’Euros) dont plus de 5 milliards destinés à l’Etat, due à l’existence d’un marché de rue des médicaments », selon lui.
    Bref, près d’un médicament sur trois utilisé en Afrique est illicite ou contrefait, ce qui en fait la région du monde la plus touchée par ce trafic contrôlé par le crime international organisé.

    Voici le lien sur l’intégralité de l’enquête publiée le 10 Octobre 2018 par Le Monde et l’AFP:
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/10/10/la-cote-d-ivoire-declare-la-guerre-aux-faux-medicaments_5367237_3212.html

    QUELS ENSEIGNEMENTS PEUT-ON TIRER DU FIASCO ÉCONOMIQUE ACTUEL DE L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE DANS UN PAYS COMME LA GUINEE ?

    Je n’en trouve qu’une seule issue. Laquelle ?
    À mon humble avis, il faudrait concevoir une stratégie nationale qui soit capable de trouver les sources de financement sur la longue durée en vue de la couverture maladie universelle en faveur des pouvoirs d’achat les plus faibles et particulièrement au niveau des couches sociales les pauvres.

    Tant que cette frange de la population n’accèdera pas a un tel mécanisme de financement de la santé publique, la situation ne changera pas du tout sur le marché des médicaments. En dehors d’une telle politique qui pourrait actuellement sauver les meubles, aussi bien les populations économiquement vulnérables que les pharmaciens resteront sous la dictature impitoyable du crime international organisé des faux médicaments

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