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Economie

Guinée : ces coupes budgétaires qui hypothèquent le développement !

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Alors que 55, 2% de la population guinéenne vivent en dessous du niveau de seuil de pauvreté, le gouvernement a décidé de ratiboiser, une nouvelle fois, le budget de nombreux départements stratégiques dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté. Cette mesure est gravissime pour les populations de façon générale et en particulier, les populations en milieu rural.

En effet, force est de constaté que la session extraordinaire de loi de finances rectificatives est close. D’énormes coupes budgétaires ont été opérées dans le budget 2019.  Plusieurs départements ont fait les frais.  Toutes sont dangereuses pour la stabilité de notre pays.  Il s’agit là, d’une déclaration de guerre vis-à-vis d’une population qui se sait et sent de plus en plus méprisée et laissée pour contre.

Le ministère de l’agriculture est le plus touché. Il a connu une baisse drastique de 26 milliards 679 millions de son budget initial. Les indicateurs de notre situation alimentaire sont au rouge. Avec 31 % de ménages touchés par l’insécurité alimentaire. A cela, s’ajoute la malnutrition qui constitue un facteur de fragilité et d’exposition aux maladies et à la mortalité.

Pour rappel, l’agriculture revêt une importance capitale pour le développement de la Guinée.  Ce secteur est d’abord pourvoyeur d’emplois : En 2018, la part des emplois créés par le secteur agricole était de 66,54 % de la population active. De plus, l’agriculture est un vecteur de croissance durable et solidaire. Elle représente 17, 81 % du produit intérieur brut de la Guinée (BM, Indicateurs banque mondial, 2018). Nous constatons ainsi que l’agriculture est le cœur de l’économie guinéenne bien qu’on nous rabatte les oreilles avec l’importance des mines. Pourtant, les recettes minières ne représentent que 2,6 % des emplois.  Cette mésure rendra difficile, à nos yeux, le respect des engagements du gouvernement exprimés dans le PNDES.

Le ministère de l’action sociale est le deuxième département concerné par les réductions du gouvernement. Sa coupe s’élève à 13 milliards 187 millions. Selon le recensement général de la population (RGPH-3) de 2014, la population guinéenne est de 10 523 261 habitants dont 51,7% de femmes.

Les autres départements concernés par la réduction sont : Elevage (-6 milliards 998 millions), la Police (-6 milliards 194 millions Gnf), la Justice (-3 milliards 469 millions), et la Culture (-2 milliards).

En revanche, la part belle a été accordée à la présidence de la République. De 347 milliards 909 millions 261 mille, son enveloppe passe à 462 milliards 112 millions 583 mille francs guinéens, soit une hausse de plus de 114 milliards de francs guinéens.  Ma foi, nous sommes mal barrés ! C’est la preuve que le développement n’est pas une priorité dans ce pays. Ne nous trompons pas. Notre priorité n’est pas celle de nos autorités publiques. Je me demande de ce qui reste de la fameuse promesse de mise en place d’un gouvernement proche du peuple.

En silence nous formulons les vœux d’un lendemain meilleur. Après une gouvernance, une autre vient nous dire ô combien la précédente a été vaine. On a trop souffrance dans ce pays pour reprendre l’expression d’une interview devenue virale sur les réseaux sociaux (rire).

En vérité, si consultation doit avoir lieu, voilà bien les sujets qui intéressent le peuple : moraliser la vie publique et réduire le train de vie de l’Etat. Alors, pour la dignité de notre pays, attaquons-nous aux questions essentielles : La réduction des inégalités et de la pauvreté.

Par Amadou Tidiane Barry, E-mail: barrytidiane2012@gmail.com

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