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Politique

Guinée : la démocratie en deux

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Les politiques du monde jouent au même jeu avec les jouets différents. Nana Mouskouri chantait : « Les poupées ont aussi de la peine, aie-aie-aie !!! quand elles sont le jouet de l’amour … » Les Guinéens diraient « Démocratie — aussi de la peine aie-aie-aie!!! quand elle est le jouet guinéen… » Le jouet des politiques est : « Marche ou crève » (ce film a passé à « l’Information », future Syli-cinéma, dans les années 65-67).

Pour s’opposer à un projet du troisième mandat qui refuse de dire son nom, l’Opposition a fait sortir du monde (1500000 hasarde-t-elle) cela a chatouillé et agacé le Pouvoir, qui en a fait autant. Depuis, belote et rebelote à qui mieux-mieux, le Pouvoir transfert le match à l’intérieur, en Forêt et dans ses fiefs de la Haute-Guinée. Là, il sera difficile au camp d’en face de faire comme à Nzérékoré, à Kankan et à Siguiri.

On a parlé de l’achat des consciences, du « national-socialisme » dans l’administration, dans les écoles et marchés, où tous les militants des autres partis se sont confondus et ont forcément hurlé avec les loups…Tout le monde connait le caractère ambivalent des manifestations populaires.

Et ce mardi, c’était au tour de l’opposition-FNDC de montrer de quel bois ils se chauffent, mais cette marche nous a semblé moins époustouflante que celle de la dernière fois et pas comparable à celles du Pouvoir à l’intérieur du pays. Mais, mais, mais, attention, la capacité de nuisance sera intenable pour cette gouvernance, il ne faut pas se leurrer ! 

On aimerait attirer l’attention sur un fait prémonitoire : Un peu avant l’agression du 22 Novembre 1970, les gamins de Conakry faisaient éclater des pétards avec des rayons de bicyclette et du phosphore d’allumette, c’était à qui produirait le plus gros pétard (Donald Trump et Kim Jong-Un). Un superstitieux qui passait devant nous avait dit avec insistance que cela est un très mauvais signe. On lui avait ri au nez, pauvres de nous ! Quelques temps après, c’était l’agression en feu et flamme. Actuellement, les pétards que les gamins font péter dans les quartiers ont le bruit des armes de guerre. Et au vu de ce qui se passe au Mali, il faut éviter ça à la Guinée, pourquoi ces pétards ?

Dans la même pensée, parlant de l’agression du 22 novembre 1970, les héritiers des opposants de Sékou Touré et les héritiers du PDG se bombardent de contre-vérités sans que les survivants des deux camps ne réagissent afin d’éviter la falsification pour un envenimement qui ne fait que compromettre la réconciliation.

Les uns disent que l’agression n’a été qu’un débarquement. Le Conseil de Sécurité de l’ONU n’aurait pas condamné le Portugal à la réparation de ses gaffes. De l’autre côté, les héritiers du PDG parlent du débarquement « des centaines de milliers de mercenaires » alors que tous les opposants de Sékou n’étaient pas dans ce débarquement. On en connait un…

Puisque le FNDC a parlé de 1 500 000 manifestants à chacune de ses sorties, les partisans du Pouvoir parlent aussi des « centaines de milliers », chacun prend l’autre pour une gourde… Dans une telle atmosphère, les choses vont indéfiniment continuer pour la ruine du pays.

Il est temps de siffler la fin de la récréation. Mais il y a un os: Alpha Condé a des idées de conservateur éculées, il a des préjugés et des idées préconçues sur les anciens Premier-ministres, singulièrement sur Cellou Dalein Diallo. Il ne gobait pas du tout que Cellou puisse être un adversaire digne de lui. Il aurait préféré Siradiou Diallo, Bah Mamadou, Jean-Marie Doré ou autres, pas Cellou. Pour l’opposant hystérique et historique pendant 40 ans, qui a été condamné à perpétuité par contumace, qui a risqué sa vie à Piné et à la Sûreté de Coronthie, être traité d’égal à égal par un novice, un bleu en politique, c’est subir un double-triple affront de lèse-majesté. Seulement, Emmanuel Macron, plus jeune et plus bleu en politique, a fait tomber les dinosaures de la Droite et de la Gauche française…

Persécuté et obligé de déclarer sa position, cela lui ressemblait à courber l’échine, il s’est muré dans un black-out pour ouvrir la boite de Pandore, tout en étant conscient que le troisième mandat sera plus invivable que le deuxième quinquennat de Laurent Gbagbo.

Alpha est coincé entre le réalisme et l’orgueil. Il faut le tirer de là, pourquoi ?

 Parce qu’il est le seul à posséder tous les atouts pour arriver à la réconciliation nationale. On lz dit sans faiblesse. En dehors de la politique, Alpha est un homme sympathique et plaisant qui a de l’entregent, qui est social et compatissant, Il a cette force de caractère de se lever et d’aller vers Cellou, Sidya et vers tout autre sans façon et sans manière. On a vu et compris cela depuis les rencontres avec le groupe international de contact de 2010.

Pour toutes ces raisons, il mérite d’être aidé et le forcer à un sursaut d’orgueil, mais s’il refuse cela pour briguer un troisième mandat pour tenter le diable, ce serait adieu veau-vache-cochon-couvée, adieu émergence, adieu 40 ans d’opposant historique, adieu la reconnaissance des grandes réalisations, adieu la paix, la cohésion et la quiétude sociale. Et au moment où la menace jihadiste plane partout…

Maintenant qu’il a montré sa capacité de mobilisation intacte, il peut jouer à l’apaisement sans être vu comme celui qui recule sous la contrainte. Convoquer et réunir toute la classe politique, de préférence au Palais du Peuple pour faire la paix, s’en laver les mains de la politique et donner le coup d’envoi à une compétition scratch, dans laquelle rien ne sera à redire.

Les deux partis qui ont précédé cette gouvernance avaient tout accaparé pendant plus d’une vingtaine d’année. A la disparition de leur leader, tout sombré. La traversée du désert est interminable. Faut-il nécessairement que cela arrive aussi au RPG, qui a des jeunes qui apprennent vite ?

Au vu de tout ce qui est dit ici, une loi d’amnistie générale est indispensable.

Reste à savoir ce qu’en diront les « anciens Premier-ministres » et Faya Millimouno.

Reste à savoir ce qu’en dira le camp présidentiel, qui continue de planer.

Enfin, sait-on pourquoi les dirigeants communistes du Vietnam sont en train de ‘’révivifier’’ Ho Chi Minh à l’école des cadres du parti ? 50 ans après sa disparition, les dirigeants communistes réapprennent à faire et à marcher sur les pas de l’oncle Hô. A-t-on jamais vu cela en ce bas monde ? Qui n’a pas envie d’une telle reconnaissance post-mortem ?

Moise Sidibé

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