Guinée. Pourquoi inflation maîtrisée [13 à 8,2%], mais hausse des prix? La réponse du ministre du Budget…

L’actuel patron du département du Budget s’est prêté hier soir aux questions des journalistes dans l’émission « On fait le point » de la télévision nationale.

Après son homologue Moussa Cissé de l’Economie et des Finances, Dr Lancinet Condé a été amené, à la demande du Président de la transition, à faire des éclaircissements sur les projets réalisés, l’impact de ceux-ci sur la vie du citoyen, à la suite du budget annuel obtenu.

En termes d’actions menées, le ministre a noté la stabilité macroéconomique qui s’explique par la maîtrise de l’inflation, même si le panier de la ménagère lui reste encore très cher.

À en croire le numéro 1 du département du Budget, le déficit du budget en cours d’exécution a été cadré à 2,6%, cela grâce à cette stabilité macroéconomique.  En plus de ce cadrage, a-t-il poursuivi, le principe voudrait qu’on ne dépasse pas les règles de gestion macroéconomique qui ont été définies. 

« Le préfinancement que la Banque mondiale accorde à l’État guinéen est plafonné à 819 milliards par mois. Alors il revient de tout faire pour ne pas qu’on dépasse ce montant, parce qu’en le faisant, la gestion peut devenir inconfortable après, et tous les autres fondamentaux peuvent commencer à bouger comme le taux d’échange ou encore les prix, parce qu’on commence à s’endetter plus que nécessaire sur le marché. Et vous avez remarqué que le franc guinéen s’est nettement apprécié, ce qui a permis une maîtrise de l’inflation… », a expliqué Dr Lancinet Condé. Et de poursuivre en cestermes: « en Guinée,  on est en train de parler de 8,2%, alors  qu’on était dans le passé à 13 et quelques pourcent. Comme pour dire que la stabilité macroéconomique est l’un des piliers du Gouvernement de la transition sur lequel nous travaillons»

Malgré la maîtrise de ladite inflation, il faut mentionner qu’il y a une disonnance entre ce qui est réellement et ce qui est perçu sur le terrain, notamment dans les marchés. C’est en cela qu’il faille noter que beaucoup de citoyens disent ne rien comprendre, puisque selon eux, c’est le temps de voir les produits et surtout les denrées connaître une baisse. Loin de leur conception, ce facteur économique s’explique plutôt par plusieurs paramètres.

« La réalité est que, lorsque vous maîtrisez la gestion macroéconomique et que le taux d’échange s’applique, ça veut dire globalement que nous achetons les produits moins cher que nous les achetions anciennement. Ça c’est un premier aspect. Le deuxième aspect, c’est que dans la conception de nos compatriotes, lorsque vous dites que les prix sont maîtrisés, ils veulent tout de suite comprendre que les prix baissent. Et là, la personne te dira que quand moi je vais au marché, le piment je l’achetais à 10 fg et je l’achète encore à ce même prix, qu’il faut que ça soit à deux. Alors que sur ces phénomènes là, il y a un certain nombre de paramètres qu’ils ignorent et qu’il faut expliquer. Si je produis mon sachet d’eau à 10fg, je ne peux pas le vendre en dessous de 10 parce qu’il y a des procédures à suivre qui t’amènent à dépenser notamment le payement des travailleurs, avant d’acheminer cette eau sur le marché. Donc ça veut dire que les prix ne sont pas des choses qui baissent très souvent. C’est en tout cas la tendance générale», a conclu le ministre.

Sâa Robert KOUNDOUNO 

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