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Guinée-Santé : les bonnes pratiques de gestion des données au cœur d’une formation

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Conakry, Guinée : Plusieurs cadres du système sanitaire guinéen ont bénéficié il y a quelques jours à Conakry d’une session de renforcement de capacités sur les bonnes pratiques de gestion des données dans leurs différents services. L’atelier financé par le Programme spécial de recherche et de formation sur les maladies tropicales (TDR) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été animé par des formateurs nationaux et de la sous-région Ouest-africaine.

Cette formation basée sur une approche pratique d’apprentissage, s’inscrit dans le cadre d’un programme régional de renforcement de capacités initié par l’OMS à travers TDR et la Faculté des Sciences et Techniques de la Santé de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. L’organisation de l’atelier a été facilitée par le Centre national de formation et de recherche en santé rurale (CNFRSR) « Jean SENECAL » de Maferinyah.

Un des facilitateurs nationaux, Dr Mahamoud Sama Chérif, Médecin Pédiatre, Chercheur au CNFRSR de Mafèrinyah, affirme que « l’objectif principal est de doter les participants des compétences en gestion des données. La gestion des données dans le système de santé est confrontée à d’énormes problèmes. Il y a un problème de ressources humaines. Les gestionnaires de données se comptent au bout des doigts. L’atelier vient à point nommé ».

Pour cette première session, ce sont  27 participants venus de Conakry et de l’intérieur de la Guinée (Mamou, Boké, Kamsar, Kindia, Forécariah et Coyah) qui ont suivi la formation du 26 au 30 Décembre dernier.

A la fin de la formation,  les participants ont été dotés de nouvelles compétences en gestion de données. En réalité il s’agit de deux types d’outils de gestion de données qui ont été enseignés lors de cet atelier pour permettre aux apprenants de créer et gérer une base de données. Il s’agit du logiciel Epidata et de Kobotoolbox (qui permet d’utiliser des tablettes dans la collecte de données).

Le Co-animateur de cette formation, Sombié S. Benjamin, du Groupe de Recherche et d’Actions en Santé du Burkina Faso, et  Wilfried Bekou, du Projet de lutte contre la tuberculose du Benin, reconnaissent l’existence de lacunes dans la gestion des données, principalement en Afrique de l’Ouest.

« Depuis très longtemps on a constaté qu’il y a des lacunes sur les bonnes pratiques au niveau de la gestion des données. Ce qui fait qu’avec l’OMS/TDR, nous avons élaboré un cours pour faciliter les centres de recherche et les programmes de routine à avoir accès aux bonnes pratiques cliniques sur le data management et pour les essais cliniques dans nos différents pays mais surtout pour l’Afrique de l’Ouest » éclaircit Mr Sombié.

Au cours de la session de Conakry, les bonnes pratiques cliniques enseignées incluaient « les différentes procédures pour mettre en place la gestion des données à partir des procédures opératoires standardisées. Les bonnes pratiques, c’est aussi c’est comment élaborer une base de données pour permettre aux chercheurs d’avoir des données propres à l’analyse. »

Selon le constat de cet expert, « On gère mal les données car les chercheurs ne sont pas bien outillés pour élaborer les bases de données de façon correcte en respectant les bonnes pratiques cliniques. Ce qui fait que l’OMS a voulu accompagner ces pays francophones à la mise en place de ces cours pour faciliter la gestion des données au niveau des centres de recherche ».

Les participants à cet atelier sur les bonnes pratiques de gestion des données dans les structures relevant du système sanitaire, venaient de divers horizons avec des expériences multiples.

Adrien Fapeingou Tounkara, Médecin, Stagiaire à la Chaire de Santé Publique (Université Gamal Abdel Nasser de Conakry), à la fin, a « apprécié » le contenu de ladite formation.

«J’ai apprécié les normes et procédures par rapport à la gestion des données, les techniques à implémenter pour chaque type d’études et voir les préalables pour les normes… Parce que dans la majorité des études, on n’implique pas les gestionnaires des données pendant la conception. On finit de monter toute l’étude et après on donne un produit fini pour la gestion des données. Cela est très compliqué. Ce que j’ai appris, on doit nous mettre en amont. Ce cours vise à prévoir les erreurs à l’avance au lieu de les gérer après, afin d’éviter de falsifier les résultats ou d’en donner les mauvais. Cette formation va beaucoup m’aider. »

Sanogo Fatoumata, Médecin, affirme que les bénéfices de cette formation sont à analyser à court et à moyen terme.

«J’ai beaucoup appris sur la gestion des données, je n’avais pas une idée très claire de la notion. Mais j’ai compris que l’éthique est très importante lorsqu’on gère des données. Puisque c’est sur la base de ces résultats que le gouvernement et les partenaires élaborent des projets pour améliorer le système sanitaire guinéen. C’est une grande avancée sur un plan général. Mais en particulier, ce module de formation me permet de bien mener ma thèse de doctorat afin d’avoir des résultats qui pourront m’aider à valider mon cursus » a-t-elle dit.

« Dans l’avenir, continue-t-elle, si j’ai un poste, je peux bien aider mon service dans la gestion des données et montrer à mes collaborateurs la valeur de ces données. C’est banal de voir les malades chaque jour venir à l’hôpital, mais on peut créer une base autour d’eux pour voir la maladie la plus fréquente dans nos communautés, les médicaments les plus prescrits…Ces données peuvent nous aider à investir dans un secteur ou un autre

La majorité des participants à cet atelier ont déjà la main à la pâte. C’est pourquoi, n réseau est créé à travers cet atelier afin de permettre aux participants de rester en contact via divers canaux de communication. Tous les blocages constatés par chaque gestionnaire de données dans sa tâche quotidienne dans son service peuvent trouver solutions auprès de ce réseau.

Avant cette session de formation sur les bonnes pratiques de gestion de données en Guinée, il y a eu une formation des formateurs à Dakar au mois de septembre 2019. Une vingtaine de cadres expérimentés ont suivi une dizaine de modules de formation en gestion des données. Il a été au instruit à chaque participant de dupliquer cette formation une fois de retour dans son pays.

Amadou Touré

 

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