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Tribune

Guinée : si la solution politique vaudrait dire partager le pouvoir ! (Par Moussa Diabaté)

Depuis l’élection présidentielle de 2010, qui a vu porté à la tête de l’Etat guinéen, le prof. Alpha Condé, l’opposition conduite par Cellou Dalein Diallo n’a jamais observé la moindre accalmie face au pouvoir en place, dont les conséquences ne vont pas sans ralentissement des investissements économiques. Huit ans après, la Guinée est dans la même configuration politique, où le pouvoir et l’opposition se bousculent à longueur de journée pour un résultat qui n’avance pas le pays.

En pareille situation, l’équation pour la paix est simple : parce que la Guinée n’est pas une exception en Afrique, s’il s’agit évidemment de sceller des accords de partage du pouvoir, entre la majorité et l’opposition. Par le passé, on a constaté par endroits en Afrique où ce genre de pratique était d’actualité.

Par exemple, au Togo, sous l’ère Eyadema père, le pouvoir togolais avait initié un plan de partage de pouvoirs avec l’opposant historique, Gilchrist Olympio ; en RDC avec Kabila junior, il a été question en 2003 de la désignation de quatre vice-présidents ; en Côte d’ivoire, Alassane Ouattara pour abâtardir le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, a eu la précieuse idée de partager le pouvoir avec Henri Konan Bédié… c’est notamment le cas un peu partout en Afrique, dans les pays où l’opposition a une capacité de mobilisation de masse, le pouvoir en place met le ralentisseur, c’est-à-dire, fait une proposition de partage de pouvoirs avec l’opposition, histoire de faire la paix dans la durée.

Aujourd’hui, la situation politique en Guinée est telle que, par manque de confiance entre les acteurs politiques, (il faut pour le pouvoir en place d’amorcer un processus de dialogue, pouvant déboucher sur un partage de pouvoirs) ; sans quoi, il n’aurait pas la paix, parce que le fil conducteur pouvant amener les protagonistes sur la même ligne serait en panne.

Alors, il est temps de passer à autre chose, car la paix est primordiale pour consolider l’héritage de la nation et la République !

Par Moussa Diabaté, Journaliste

 

 

 

 

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3 Commentaires

3 Comments

  1. MANZO

    31 octobre 2018 at 19 h 05 min

    «  » en Côte d’ivoire, Alassane Ouattara pour abâtardir le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo, a eu la précieuse idée de partager le pouvoir avec Henri Konan Bédié… «  »

    N’était-il pas question d’une alliance RDR-PDCI scellée bien avant l’élection?

    Il faut éviter de travestir les faits , par ce que l’histoire est têtue!

  2. CONDÉ ABOU

    1 novembre 2018 at 4 h 39 min

    Le partage du pouvoir sous le couvert d’une cohabitation politique ou d’un Gouvernement de consensus en Afrique n’a conduit qu’aux crises politiques les plus dévastatrices que le continent ait jamais connues: Soudan du Sud, Kenya, Zimbabwe, Togo, Centrafrique, Congo Kinshasa, Guinée Bissau, Madagascar, etc…

    C’est une fuite en avant pour les élites politiques surtout quand elles se sentent toutes coupables de graves responsabilités civiles ou pénales et qui menacent directement leur survie politique.
    Sommes-nous dans ce cas de figure pour le moment en Guinée ? Je ne crois pas que l’on soit arrivé à une telle situation de non retour, en ce moment.

    Le cas de la Côte D’Ivoire est totalement différent d’une cohabitation politique. Il y a un pouvoir fort en place, qui est celui du Président Alhassane Dramane Ouattara et qui avait conclu une alliance électorale avec le PDCI-RDA de l’ancien Président Henri Konan Bédié.

    Ce n’est pas du tout le PDCI-RDA qui gouverne en Côte D’Ivoire dans une cohabitation. Dans leur Accord politique, il était question pour le RDR et le PDCI-RDA de s’allier pour gagner contre le FPI, ancien Parti au pouvoir, pour qu’après 2 mandats en 2020, la même alliance politique porte le candidat du PDCI-RDA au pouvoir. C’était cela la pierre angulaire du jeu politique Ivoirien pour battre le Parti au pouvoir, le FPI, durant les élections présidentielles de 2010.

    En Guinée, vous voyez les principales forces politiques de l’Opposition s’entendre sur un programme politique commun ou sur une alliance politique viable ? L’Opposition Guinéenne n’a aucune chance de s’en sortir parce qu’elle souffre d’un grave problème d’ego entre ses principaux leaders.

    C’est une situation politique exceptionnelle dans la Sous région qui est là depuis la nuit des temps, et qui n’existe ni au Sénégal, ni en Côte D’Ivoire, ni au Mali, ni au Burkina Faso ou au Bénin. Il est quasiment impossible pour un seul Parti politique d’Opposition, de renverser le Parti qui s’est installé durablement au pouvoir en Afrique.

    Au Soudan du Sud, un exemple politique de partage du pouvoir qui mérite réflexion. Depuis combien d’années les deux principales forces politiques du Soudan du Sud (celles du SPLA et du Chef de file de l’Opposition), continuent de se battre et de ruiner leur propre pays, bien après leur séparation d’avec le Soudan du Nord en 2011, et en dépit de la signature de deux Accords en 2015 et en Septembre 2018 sous la pression de la communauté internationale ?

    Les deux principaux dirigeants Salva Kir et Rek Machiar sont pourtant d’anciens dirigeants rebelles arrivés au pouvoir durant la guerre civile qui a opposé pendant 22 ans (de 1983 à 2005) le Nord et le Sud du Soudan et abouti à l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Les deux hommes sont issus des deux principaux groupes ethniques du Sud: Kiir est Dinka et Machar de l’ethnie Nuer.

    Leur cohabitation au sein du premier Gouvernement du Soudan du Sud indépendant a vite capoté, lorsqu’en 2013 le Président Salva Kiir a accusé le Vice Président Rek Machar de fomenter un coup d’Etat contre lui.

    Le Soudan du Sud s’est depuis, enfoncé dans une guerre civile marquée par des atrocités indescriptibles.

    Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et des millions déplacées à cause du conflit qui a éclaté en Décembre 2013, soit deux ans seulement après l’indépendance du pays en 2011.

    Le partage du pouvoir, est une formule politique suicidaire qui n’a fonctionné nulle part en Afrique, en réalité.

    Pour Alioune Tine, défenseur des droits de l’homme depuis plus de 30 ans, ancien Secrétaire Général de la Rencontre Africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO), et actuel Expert indépendant de l’ONU chargé des droits de l’homme au Mali, l’accord de partage du pouvoir est un très mauvais exemple pour la démocratie en Afrique.

    « Pourquoi investir de l’argent dans une nouvelle élection si on sait que si l’opposition gagne, on peut créer un climat de violence et une situation d’ingouvernabilité ? », s’est-il demandé, lorsque la question lui avait été posée.

    Il estime que ce qui s’était passé en Août 2008 au Zimbabwe (entre Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai), comme au Kenya en Décembre 2007, (entre Mwai Kibaki et Raila Odinga) est un mauvais précédent. « Si on continue sur cette voie, il ne sera plus possible de continuer à organiser des élections en Afrique », a-t-il dit, ajoutant que « le partage du pouvoir n’est pas un système démocratique ».

    Les adversaires politiques Zimbabwéens avaient signé, un accord de partage du pouvoir, en présence de plusieurs chefs d’Etat de la région, pour mettre fin à plusieurs mois de crise post-électorale.

    Dans le cadre de cet accord, le Président Robert Mugabe devait partager le pouvoir avec deux partis de l’Opposition dans un Gouvernement de coalition. Mugabe conserve la Présidence, tandis que le Chef de file de l’opposition, Morgan Tsvangirai, était nommé Premier ministre et Arthur Mutambara -leader d’un petit parti d’opposition- est devenu Vice-Premier Ministre.

    Résultat: la catastrophe, puisqu’aucun problème n’a été règlé. Le Parti au pouvoir, la ZANU-PF, n’ayant pas du tout accepté l’application des termes de l’Accord politique, négocié.

    À mon humble avis, la solution politique en Guinée, ne réside pas dans le partage du pouvoir, que ce soit avec le Président Alpha Condé ou avec n’importe lequel de ses successeurs qui arrivera au pouvoir.

    Mais dans l’organisation d’élections démocratiques justes et équitables. C’est le plus grand problème de notre démocratie balbultiante et qui aura encore besoin du soutien fort de la communauté internationale pendant les années à venir pour survivre.

    Bref, le partage du pouvoir est une approche qui va plonger le pays dans le chaos complet et qui ne pourra être gérée au bout du compte, que très difficilement selon l’agenda de la communauté internationale.

  3. Sylla

    1 novembre 2018 at 10 h 30 min

    Partager le pouvoir?
    Mais comment « partage » t’on le pouvoir dans une democratie?
    Mais c’est par les elections.
    Chaque candidat arrive avec son programme qu’il presente au peuple de Guinee’,le detenteur ultime du pouvoir de la Nation.
    Pendant les elections,le peuple reparti les roles: ceux qui ont gagne’ les elections lors d’un vote libre et transparent sont au pouvoir. Ceux qui ont perdu les elections vont dans l’opposition pour mieux se preparer pour les prochaines elections et etre une alternative au cas ou ceux qui sont au pouvoir ne respectent pas leur engagmement contenu dans le programme de gouvernement.
    De quel autre partage veut on encore parler?
    Si vous ecoutez « son galangni » de Sembedeke’,ils ne parlent que de ca.

    « Au nom de Djah,Almighty living
    On represente une portion de la force Divine
    Rien ne nous empechera de cracher la V
    Pour que ce pays soit entierement lave’
    FAIRE DES COUPS D’ETAT DANS UN PAYS C’EST PAS NORMAL
    Combien de fois nos President s’echappent aux coups d’Etats?

    SOUVENEZ VOUS DE LA SIERRA LEONE ET LIBERIA
    CE SONT CES PAREILS TRUCS QUI LES ONT MIS EN RETARD

    EN OCCIDENT ON FAIT JAMAIS DE COUP AU PRESIDENT
    C’EST POURQUOI LES BLANCS SONT TOUJOURS DEVANT
    ILS LAISSENT LEUR PRESIDENT FINIR SON MANDAT

    APRES TOUT ILS VOTENT POUR UN AUTRE OPPOSANT
    DEMOCRATIQUEMENT QUI PEUT FAIRE LEUR AFFAIRE
    AU LIEU QU’ON LES DECLARE UNE PUTAIN DE GUERRE

    PUISQU’AVEC LA PAIX TOUT FINIRA PAR ALLER BIEN

    AVEC LA GUERRE ON SERA MASSACRE’ COMME DES CHIENS
    …. »

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