Ibrahima livre sa version : ‘’seul colonel Barry savait que j’avais de l’’argent dans mon véhicule’’

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Le procès de l’ex-porte-parole de la gendarmerie nationale colonel Mamadou Alpha Barry poursuivi pour vol par l’opérateur économique Ibrahima Diallo a repris ce mercredi, 4 novembre au tribunal militaire, sis Kaloum.

A l’audience du jour, la parole était à la partie civile qui a retracé les faits qui incriminent le responsable des opérations de la gendarmerie régionale située à Dixinn, colonel Mamadou Alpha Barry. 

A la barre, le plaignant Ibrahima Diallo a d’abord tenu à préciser qu’il n’a jamais bénéficié lors de son interpellation du service du colonel Barry ni donné l’autorisation à ce dernier de prendre la somme incriminée qui est de 165 millions de francs guinéens.

« Quand je suis venu avec les agents à la gendarmerie régionale à Dixinn, j’ai croisé à la rentrée le colonel Mamadou Alpha Barry qui m’a dit : ‘’mon oncle, je t’ai pourtant dit de prendre soin de toi’’. J’ai rétorqué en disant : comment ça prendre soin de moi ?’’. Il a répliqué en me demandant que se passe-t-il ? J’ai répondu que je ne sais pas ce qu’on me reproche. C’est après ça il est venu me trouver pour me dire que son patron demande 12 millions francs guinéens pour ma mise en liberté. Je lui ai dit que je n’ai pas cette somme tout en lui rappelant que mes activités ne marchent pas actuellement. Il est parti et est revenu me dire de payer 7 millions de francs guinéens, je lui ai dit encore non. Il m’a demandé si j’ai l’argent dans ma voiture, j’ai dit : oui. Il m’a proposé à ce que j’accepte que mon argent soit transféré dans son véhicule, j’ai dit non”.

Répondant à la question de savoir qu’est-ce que les gendarmes lui reprochaient, le plaignant d’expliquer : ‘’quand j’étais à la gendarmerie régionale de Dixinn, on ne m’a pas les raisons de mon interpellation. Ils m’ont seulement dit qu’il y a Balla Samoura qui veut me voir. Qui d’ailleurs je n’ai pas rencontré. On m’a déféré à Matam. Et c’est à Matam qu’on m’a dit qu’on me reproche d’être l’un des financiers du FNDC. Mais j’ai été libéré 2 jours après grâce à mon avocat. Colonel Barry a dit qu’il a pris un huissier et un avocat. Cet avocat est venu après que j’ai déjà recouvré ma liberté. Je lui ai dit mais moi je n’ai pas demandé à ce qu’Alpha Barry prenne un avocat pour moi. Et colonel Barry dit avoir pris l’huissier pour venir faire le constat sur mon véhicule. Je me suis demandé pourquoi prendre un huissier ? C’est après ça j’ai compris qu’il a prélevé quelque chose sur mon argent. 

Vous savez, avant que je ne sois déféré à la gendarmerie de Matam, j’ai confié ma clé, ma voiture et le contenu de ma voiture au colonel Barry. Les gendarmes n’ont pas fouillé mon véhicule et ils ne savaient même pas que j’avais de l’argent dans mon véhicule. Seul le Colonel Barry en était informé.  Mais je ne lui ai pas dit la somme qui était dans mon sac et je ne lui ai jamais dit non plus de prendre de l’argent ou que je vais lui donner de l’argent. Colonel Barry ne m’a rendu aucun service. Il n’est même pas allé me voir à la gendarmerie de Matam. J’allais lui donner quelque chose s’il n’avait pas gâté la confiance”.

S’agissant de la somme, M. Diallo de rappeler : « lui, il parle de 2 milliards 500 millions de francs guinéens, c’est faux ce n’est pas ça. J’avais 35 milles dollars, 22 milles euros, 3 millions 200 mille fcfa, 20 millions de francs guinéens et 300 milles suisses. C’était pour aller rembourser les dettes. Cette somme que j’avais dans mon sac n’atteignait pas 2 milliards 500 millions de francs guinéens. Et il n’y avait pas de faux billets non plus dedans comme il l’a fait savoir. Il a déjà remboursé 9000 dollars à la gendarmerie et au tribunal ici, 50 millions de francs Guinéens. Et il lui reste 140 millions francs guinéens ». 

Pour le procureur, dire qu’il a pris un avocat et un huissier, le colonel voulait légitimer sa forfaiture. Tout en demandant à la cour d’ordonner le visionnage de la vidéo dans laquelle on voit un homme en train de prendre de l’argent. 

La défense par la voix de Me Salifou Béavogui a demandé à ce que les montants remboursés par son client soient placés directement à la greffe jusqu’à la fin du procès. Une demande qui a été rejetée par le juge qui a renvoyé l’affaire au 11 novembre prochain pour la projection de la vidéo, la réquisition, les plaidoiries et la décision de la cour. 

Elisa Camara 

+22465957322

 

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