Inondations récurrentes à Kankan : quelles en sont les vraies causes ? (le météorologue répond)

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Cette année la saison pluvieuse ne se passe pas comme d’ordinaire pour les citoyens de la Haute Guinée. Les cas d’inondation sont très récurrents. Qu’est-ce qui explique cette tragédie dans une zone à faible densité pluviométrique ? Quelles sont les mesures de prévention ?

Pourtant les spécialistes de la pluviométrie de Kankan n’ont rien remarqué d’extraordinaire. A en croire El hadj Amara Camara, chef de la station météorologique de Kankan, contrairement à ce que pensent plus d’un, ce n’est pas le lit du fleuve Milo qui est responsable de ces inondations mais plutôt les constructions anarchiques.

« La quantité d’eau qui est tombée cette année au mois de septembre, parce que c’est en septembre que les inondations ont eu lieu, on a eu 100,2 millimètres d’eau en 24 heures. Mais cette quantité n’est pas la seule cause de l’inondation, la principale cause de cette inondation est que les gens ont construit de façon anarchique à travers la ville et le long des cours d’eau et du fleuve. Donc dès qu’il y a une petite quantité d’eau même si elle n’est pas extraordinaire, l’eau ne sait pas où aller elle est obligée de rentrer dans les concessions parce que là où elle doit aller là-bas est barré. Le niveau du fleuve n’est pas débordant, l’eau est toujours dans le fleuve, ce n’est pas l’eau du fleuve qui est venue envahir les concessions, donc la cause principale de cette inondation, ce sont les constructions anarchiques », précise-t-il.

Selon lui, pour prévenir d’autres saisons pluvieuses à catastrophes inattendues à l’image de celle que vivent en ce moment les habitants de la région d’administrative de Kankan, il faut de l’assainissement mais aussi et surtout la vigilance des services techniques de l’habitat.

« Il faut curer les caniveaux de la ville, mais pour éviter les inondations ce n’est pas une question d’un jour, de deux jours ou d’un mois, ce sont des dispositions à prendre à court et à moyen terme pour ne pas qu’il y ait de telles inondations. Donc la commune doit se mobiliser pour le curage des caniveaux. Ça peut réduire les risques mais ça ne peut pas limiter parce que les constructions étant là déjà ne peuvent pas quitter dans l’immédiat », a-t-il conclu.

A rappeler que suite aux récentes pluies qui se sont abattues à Kankan, les populations de plusieurs quartiers de la ville se sont retrouvées piégées par le sinistre. Conséquence, certains sinistrés dorment désormais à la belle étoile.

Ahmed Sékou Nabé, correspondant à Kankan

 

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