Candidature d’Alpha Condé, présidentielle 2020, constitution, Aly Kaba du RPG dit tout…

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INTERVIEW. Installé dans ses fonctions en avril dernier, le tout nouveau président du groupe parlementaire du Rpg Arc-en-ciel, honorable Aly Kaba qui a accordé une interview à Mediaguinee, mardi, 2 juin, s’est prononcé sur l’actualité sociopolitique du pays. Présidentielle de 2020, “falsification” de la Constitution, candidature d’Alpha Condé, dialogue politique, le président de la majorité présidentielle de la 9ème législature guinéenne dit tout. A bâtons rompus…

Mediaguinee : La colère gronde depuis que des avocats ont relevé la “falsification” de la Constitution votée le 22 mars dernier. Ne pensez-vous pas que le pouvoir s’est englué dans un front inutile alors qu’il avait un grand boulevard pour faire modifier des dispositions de la Constitution à l’Assemblée nationale ?

Aly Kaba : Vous savez la question-là est revenue plusieurs fois à mon niveau. J’ai eu à peu près la même réaction à l’époque parce qu’en fait, il faut faire d’abord la différence entre un avant-projet, un projet et une loi promulguée. Quand il y a eu cette situation, et que certains avocats ont pensé qu’il y a certains articles qui ont connu des réaménagements, l’exécutif n’est pas resté tranquille. Monsieur le ministre de la Justice et garde des sceaux a fait une communication en la matière, et il a été précis. Il dit : ‘’Je mènerai des investigations’’. D’abord pour s’assurer de l’objectivité, s’il y en a de ce qui est en train de se dire, et voir qu’est-ce qui est la réalité. Donc l’une des dernières déclarations, en la matière, monsieur le ministre de la Justice a été précis. Il dit que la loi a été promulguée, c’est celle-ci qui s’applique à nous. Et nous sommes en train d’être gérés par cette loi. Toutefois s’il y a encore quelques protestations que ce soit, je crois que c’est un pays démocratique, il y a toujours des voies de recours. Et sans oublier même que nous avons une institution qui est chargée de veiller à la régularité des lois en République de Guinée. Donc, tout citoyen est libre d’y recourir afin que le doute ou le soupçon que vous avez puisse avoir une réponse.

Le Barreau de Guinée a exigé ‘’le retrait immédiat et sans délais du document faux’’ et invité la Cour constitutionnelle à dire le droit. Quelle lecture faites-vous de cette réaction ?

Je crois que c’est la Cour constitutionnelle qui est interpellée à ce niveau, pas le parlement, pas le parti (RPG Arc-en-ciel). Je laisse la latitude à la Cour constitutionnelle de réagir.

Au sein même de l’Assemblée nationale, des voix commencent déjà à se lever pour dénoncer ce qu’elles appellent ”la falsification de la volonté populaire”. Cette situation ne vous met-elle pas dans une situation embarrassante ?

Pas du tout. Absolument pas.

Parlons maintenant de la présidentielle à venir. Le RPG veut être dans le délai, c’est-à-dire en octobre prochain. Mais le problème de candidat se poserait au sein de votre formation politique alors que nous ne sommes qu’à 4 mois du scrutin….

D’où tirez-vous votre question pour dire que le RPG a un problème de candidat ? Je vous ramène à votre question, quel est le parti à date qui a déjà choisi son candidat ?

En tout cas certaines indiscrétions attestent qu’au sein même du pouvoir, des cadres non des moindres sont intéressés par la présidentielle de 2020. Comment allez-vous gérer cette autre manche sachant bien que le président Alpha Condé n’a toujours pas dévoilé ses intentions ?

Je vous apprends que la présidentielle de 2010, ce n’est pas le professeur Alpha Condé qui s’est auto-désigné. Pour la présidentielle de 2015 c’était la même procédure. Ce n’est pas un candidat qui s’auto-désigne dans un parti politique légalement constitué. Des cadres comme vous le dites, qui ? Pour le moment nous n’en connaissons pas, si ces cadres ont des intentions, le moment venu le parti organisera sa convention parce que c’est ça le principe. C’est une convention qui désigne le candidat du parti, et cela à la majorité des congressistes qui sont les membres statutaires du parti pour désigner un candidat. Alors vous pensez que le président Alpha Condé n’a pas dévoilé ses intentions ? il n’a pas à dévoiler ses intentions dès lors qu’il est investi de la confiance de son parti. Mais ce n’est pas lui-même qui s’auto-désigne pour une élection.

Vous êtes sur la même longueur d’onde que l’opposition par rapport à la tenue du scrutin cette année. Etes-vous disposés à satisfaire à la demande de vos adversaires qui veulent que le fichier électoral soit remis à plat ?

Vous savez à ce niveau, il faut être précis. Il y a des activités dans le processus politique ou le processus électoral, je veux dire qui relèvent des partis politiques. Il y a réellement des activités qui relèvent des institutions. Quand vous parlez du fichier électoral, l’institution en charge de l’élaboration du fichier électoral en République de Guinée, c’est la commission électorale nationale indépendante (Céni). Et à date, notre fichier, l’unique problème qu’il avait c’était la situation des 2 millions 400 et quelques poussières d’électeurs, et qui avaient été retirés du fichier. Parce que c’était l’une des revendications de l’opposition. Et comme pour dire que cette masse d’électeurs était faite à dessein au compte d’un parti politique en vue de s’octroyer des victoires futures. Mais quand l’audit a été mené, on s’est rendu compte que c’est pour des raisons techniques que c’est arrivé. Et que ces électeurs étaient repartis sur l’ensemble du territoire national. Donc la géolocalisation n’était pas due aux objections politiques, des citoyens concernés mais c’était des questions purement techniques. Donc, il est question de régler cette situation que de mettre à plat tout un fichier.  Etant entendu que ça, ce n’est pas pour 2 ou 3 mois, et la date constitutionnelle pour des élections arrive à un grand pas. Donc, je ne comprends pas comment quelqu’un veut vouloir d’une chose et de son contraire. Tenir à date les élections, pour tout bon républicain c’est de bonne guerre, c’est normal. Et en même temps exiger des préalables qui prendront plus de temps que la période qui reste pour l’organisation des élections. Donc, le dialogue doit être ouvert et faire en sorte que les réalités techniques soient exposées par qui de droit je veux parler de la CENI. Et qu’en face, tous les acteurs puissent apprécier et décider en toute connaissance de cause.

Le président de la République a dit récemment son intention de dialoguer avec tout le monde, y compris l’opposition, en prélude à la présidentielle prochaine. Selon vous, sur quoi, allez-vous dialoguer concrètement ?

Il y a plusieurs sujets. Aujourd’hui, nous avons en face cette pandémie, au lieu que les uns et les autres se mettent à des endroits différents pour faire des propositions qui, à la fin, on accable de critiques la stratégie de riposte. Si tout le monde est autour d’une même table, une union sacrée avec de bonnes initiatives pourrait aider à booster cette pandémie. Ça peut être aujourd’hui une des thématiques à développer à une table de dialogue. Mais également, en me référant à votre avant-dernière question, mettre à plat le fichier pour le reprendre et en même temps vouloir aller aux élections à date. Quand les deux sont diffusés séparément sans aucun support pour apprécier, il est souhaitable que ces acteurs soient assis à la même table, en face des partenaires. Et cette fois-ci, je m’empresse de le dire, qu’il faut impliquer tous les partenaires, ne pas être sélectif pour prendre quelques partenaires et laisser d’autres. Tous ceux qui nous accompagnent, il faut les intéresser parce que chacun peut apporter sa contribution dans la facilitation de ce dialogue. Donc il est important de s’asseoir à la table de dialogue comme monsieur le Président de la République vient de faire la main tendue. Et les thématiques ne manqueront pas, parce qu’il y a des problèmes à régler et ensemble.

La Guinée a une nouvelle Assemblée nationale, à sa tête honorable Amadou Damaro Camara. Concrètement, qu’est-ce qui va vous différencier de l’ancien Parlement ?

Il y a toute une volonté aujourd’hui d’aller de l’avant, et d’améliorer même le fonctionnement interne de l’Assemblée nationale. Il y a un grand projet aujourd’hui relatif à la digitalisation de l’Assemblée nationale. Cette volonté du monsieur le président de l’Assemblée nationale, du bureau de l’Assemblée nationale pour faire en sorte que le citoyen soit désormais imprégné des réalités du travail parlementaire, justifiera à la longue l’utilité du parlement. Les activités du parlement qui sont peu connues en lieu et place des demandes qui se font dans les localités qui sont des réalités des populations par rapport à leur bien-être s’ajoutera à cela, une certaine visibilité de l’action du parlement. Et à ce niveau, monsieur le président de l’Assemblée nationale accompagné du bureau, un travail accéléré est en train d’être fait. Et un autre élément non des moindres j’ose espérer, c’est que contrairement à la 8ème législature, l’opposition que nous avons en face mesurant l’ampleur du travail et fera en sorte que l’hémicycle ne soit pas comme il était souvent lors de la 8ème législature, le siège des partis politiques. Donc c’est une Assemblée qui a des ambitions et j’en suis sûr qu’elle parviendra avec la volonté de l’ensemble des députés, du personnel d’appui… 

Réalisée par Elisa Camara

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