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Interview- Côte d’Ivoire : les vérités d’Elhadj Sékou Kaba, président de la communauté guinéenne

Elhadj Sékou  Kaba est président de la communauté guinéenne de Côte d’Ivoire, représentant la chambre de commerce de Guinée en Côte d’Ivoire et premier vice-président des ressortissants de la CEDEAO vivant en Côte d’Ivoire. Il a bien accorder une interview à Mediaguinee… à Adjamé.

Mediaguinee : Comment se porte la communauté guinéenne en Côte d’Ivoire?

Sékou Kaba : Je vous remercie. La communauté guinéenne de Côte d’Ivoire se porte très bien. Et vraiment nous vivons en symbiose ici. Nous nous entendons. Et les Guinéens en Côte d’Ivoire sont sur le bon chemin. Et ça c’est une très bonne chose, je suis fier d’être le président de cette communauté.

Mediaguinee : Quels sont les rapports que la communauté entretient avec son ambassade, c’est-à-dire l’ambassade de Guinée en Côte d’Ivoire ?

Sékou Kaba : L’ambassade de Guinée en Côte d’Ivoire est le représentant officiel du gouvernement guinéen en Côte d’Ivoire. Elle est chargée de la question diplomatique certes, mais de la gestion de la communauté et tout se passe très bien entre nous.

Mediaguinee : Parlez-nous des rapports de coopération entre l’ambassade de Guinée et la Côte d’Ivoire?

Sékou Kaba : Je sais qu’il y a des rencontres entre le gouvernement guinéen, par son patronat, et le patronat ivoirien. Tout se passe très bien du point de vue coopération mais je ne peux parler que des rapports avec la communauté, puisque la communauté vit en très bon rapport avec les autorités ivoiriennes et les ivoiriens en général. Donc je sais qu’entre la Guinée et la Côte d’Ivoire, tout va très bien.

Mediaguinee : Pouvez-vous nous parler des actions menées par l’ambassade en faveur de la communauté ?

Sékou Kaba : L’ambassade est là pour veiller, à travers le conseil, à la gestion de la communauté. Puisque c’est grâce à l’ambassade, sur l’initiative du chef de l’État, par le ministère des Affaires étrangères et la Direction des Guinéens de l’étranger, que le conseil des Guinéens de l’étranger a été mis en place. Par conséquent, avec l’ambassade, nous gérons la communauté au quotidien, puisqu’il y a souvent des problèmes d’ordre judiciaire à la police, les maladies, les décès et différentes cérémonies sociales. Nous participons auprès de l’ambassade à soulager nos compatriotes dans tous ces domaines.

Mediaguinee : Ils sont combien de Guinéens résidant en Côte d’Ivoire ?

Sékou Kaba : Il n’y a pas eu de statistiques, parce que les statistiques, nous les faisons pour les votes. Vraiment, c’est insignifiant vu le nombre de Guinéens en Côte d’Ivoire. Nous sommes près de deux millions de Guinéens en Côte d’Ivoire. Il y a des Guinéens de cœur, ils n’ont pas les papiers guinéens mais ils sont Guinéens. Quand il y a une opportunité de manifester leur nationalité, tout de suite ils sont là, sinon nous sommes près de deux millions.

Mediaguinee : Ces ressortissants guinéens ont-ils déjà été confrontés à des difficultés?

Sékou Kaba : Tous les étrangers, dans tous les pays du monde, sont confrontés à certaines réalités, mais nous vivons très bien. Les Guinéens se comportent très bien. Il y a quelques difficultés liées à la non-connaissance des lois d’un pays. Ça, ça peut mettre certains Guinéens dans des difficultés. Mais en réalité, nous n’avons pas de problèmes majeurs en Côte d’Ivoire.

Mediaguinee : Parlez-nous de la principale activité exercée par les Guinéens ici en Côte d’Ivoire ?

Sékou Kaba : Là, je peux citer par région. Je prends les Guinéens de la Guinée Forestière qui, pratiquement, sont dans les petits métiers ; ils sont plombiers, électriciens, mécaniciens, menuisiers, tapissiers. Les de la Guinée forestière sont des vendeuses de fruits qu’on voit dans toute la ville d’Abidjan. Et quand je prends les gens de la Moyenne Guinée, ils sont dans la restauration, les boutiques, les taxis. Principalement c’est surtout ça, il y a d’autres activités… Quant aux gens de la Haute Guinée, ils sont beaucoup plus dans la ferraille, dans la friperie, ça c’est leur spécialité. La Basse Guinée est confondue pratiquement aux deux autres régions, puisqu’il n’y a pas un métier qu’on peut dire spécifiquement que la Basse Guinée fait.

Mediaguinee : Est-ce que le Conseil, à travers l’ambassade, bénéficie d’un appui du gouvernement pour aider les Guinéens?

Sékou Kaba : Là, rien ! Absolument rien! J’ai dénoncé ça plusieurs fois. Quand on apporte des appuis, c’est en Guinée. On donne des crédits aux femmes, aux jeunes, mais nous sommes une forte communauté à l’extérieur. Quand tu prends le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire, on est près de cinq millions. Le gouvernement ne pense pas du tout à nous. Nos étudiants sont là. Quand ils ont fini, comment faire pour continuer leurs études. C’est un problème. Pour s’inscrire à l’université ici, c’est un calvaire, puisque l’État a pris pour les Ivoiriens 30.000 CFA, l’UEMOA 100.000 CFA et prend les autres communautés comme la Guinée 300.000 CFA. Imaginez un peu, pour nos parents qui font les petits métiers ce n’est pas facile de payer 300.000 CFA à l’inscription. C’est le gouvernement qui peut appuyer ça. Quant au conseil, on n’a rien, on se base sur nos propres fonds. Tout ce qu’on fait pour la communauté, c’est nous-mêmes. On ne nous donne même pas l’opportunité d’avoir de l’argent. Impossible! Et j’ai dénoncé ça, qu’on nous donne de l’argent, on veut bien de l’argent mais qu’on nous aide à avoir de l’argent. C’est-à-dire auprès de nos chancelleries. Quand j’ai parlé, j’ai parlé de tout, au nom de tous les conseils à travers le monde, puisque c’est l’État même qui a mis ces conseils en place. Il n’y a aucune possibilité sauf les cotisations. Les cotisations, ce n’est rien. A longueur de journée, nous sommes au tribunal, à la brigade des mœurs, il y a des décès, il y a des baptêmes, il y a beaucoup de cérémonies auxquelles le Conseil est confronté. Bien sûr, l’ambassade ne croise pas les bras. Bien qu’on dise qu’il n’y a pas de fonds sociaux en son sein,  l’ambassade fait des efforts pour essayer d’aider les compatriotes chaque fois qu’il y a une cérémonie, mais le poids c’est le Conseil.

Mediaguinee : Bientôt 2020, l’année prévue pour les élections présidentielles en Guinée. Très souvent en Guinée, ils y a toujours des contestations après le vote. Est-ce que vous êtes confrontés au même cas ici ? 

Sékou Kaba : Nous n’avons pas les mêmes problèmes. Nous n’avons pas les mêmes soucis. Il y a certes des contestations, mais pas avec l’ampleur que ça prend en Guinée ; ça pas du tout. Dans tous les pays, il y a des contestations, il y en a qui font avec calme, il y en a qui font avec violence. Partout, les résultats sont contestés, au Sénégal on conteste, au Nigeria on conteste, partout.

Mediaguinee : Comment est-ce que vous parvenez à gérer cela ? 

Sékou Kaba : Nous, on gère parce qu’il n’y a pas de problèmes. Pour gérer, il faut qu’il y ait problème. Donc on ne gère rien puisqu’il n’y a pas de problème.

Mediaguinee : Nous sommes à la fin de l’interview. Souhaitez-vous ajouter quelque chose?

Sékou Kaba : C’est d’abord saluer mes compatriotes, les remercier et faire comprendre à la communauté internationale que la communauté guinéenne de Côte d’Ivoire, nous sommes très bien. Il n’y a pas de chômeurs, parce que tous les Guinéens qui sont en Côte d’Ivoire, tout Guinéen essaie de faire quelque chose pour subvenir à ses besoins. Nous ne sommes pas dans le trafic, nous ne sommes pas dans le brigandage, nous ne sommes pas dans le vol, c’est-à-dire que les Guinéens sont sérieux. C’est pourquoi j’ai dit tantôt que je les salue et je les remercie très sincèrement de m’avoir fait confiance pour être à leur tête et je les encourage à suivre le bon chemin.

Réalisée par Maciré Camara, depuis Abidjan

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