INTERVIEW EXCLUSIVE. Seinkoun Sylla : « au-delà des annonces, il y a une dynamique nouvelle dans le renforcement de la coopération entre la Guinée et le Japon » (vidéo)

Print Friendly, PDF & Email

Du 19 au 21 juin derniers, le président guinéen Alpha Condé était en visite d’Etat au Japon. Des honneurs dus à son rang ont été rendus par le pays du Soleil levant qui a salué la visite du premier président guinéen sur son sol. De la Primature à l’imposant Palais impérial de Kyoto, le chef de l’Etat a eu droit à toutes les commodités et à toutes les attentions rarement accordées à un président de la République. L’Empereur Akihito -qui rompt avec la tradition de recevoir les hôtes de marque à Imperial Palace- l’a exceptionnellement reçu dans sa résidence officielle, là où il vit. Ce qui dénote l’excellence des relations guinéo-nipponnes. Au-delà du protocole, Alpha Condé a décroché d’importants accords, notamment l’ouverture prochaine à Conakry du bureau de la JICA (agence japonaise de coopération internationale). Le Japon s’est engagé dans la formation des Guinéens mais aussi dans les infrastructures avec la construction prochaine de pont, de ports artisanaux et aussi de routes. Et des investisseurs nippons se sont également engagés à écumer la destination Guinée pour un partenariat gagnant-gagnant. Pour mieux cerner tous les contours de ce nouveau départ entre Conakry et Tokyo, nous avons interrogé l’ambassadeur guinéen au Japon Elhadj Seinkoun Sylla. Le diplomate, point par point, est revenu sur les retombées de cette visite du président Alpha Condé. Mais aussi sur la vie de la communauté guinéenne dans l’archipel. C’était à l’ambassade de Guinée à Tokyo, sise au quartier chic de Shibuya. Interview à bâtons rompus…

Mediaguinee : Le forum d’affaires Guinée-Japon a pris fin à Tokyo avec la participation active du président Alpha Condé. Quelles sont les retombées de cette rencontre pour la Guinée ?

Elhadj Seinkoun Sylla : Je vous remercie tout d’abord d’avoir fait ce déplacement de Conakry, puis d’avoir jugé nécessaire de passer voir votre mission diplomatique ici au Japon. Donc, c’est une initiative que j’apprécie à sa juste valeur. Avant de parler de retombées, je pense qu’à mon avis, il faut d’abord parler des circonstances qui nous ont amené à l’organisation et au déroulement de cette importante visite. Nous, en tant que mission diplomatique, nous avons la tâche de promouvoir les relations de coopération entre la Guinée et le pays dans lequel nous sommes accrédités. C’est dans ce sens que dans nos actions sur le terrain, nous avons mis en priorité, dans notre feuille de route, l’organisation d’une visite d’Etat au Japon, pour que les deux dirigeants de nos deux pays puissent se rencontrer et discuter des problèmes, des préoccupations, notamment en matière de développement et de renforcement de la coopération au double plan économique et politique.

La visite du chef de l’Etat avait deux volets : le volet politique et le volet économique. Le volet politique s’est articulé autour des différentes rencontres, notamment celle avec le Premier ministre du Japon M. Shinzo Abe, mais aussi et surtout celle avec l’Empereur du Japon. Ce qui a permis de passer en revue l’état de notre coopération. Vous vous en souviendrez que la Guinée a établi les relations diplomatiques avec le Japon une année juste après notre accession à l’indépendance. Et depuis cette date, les relations n’ont fait que se renforcer et se diversifier. Aujourd’hui, il faut quand même le reconnaître, nous avons les secteurs importants autour desquels le Japon intervient dans le cadre du processus de développement économique de notre pays. Parmi ces options, il y a la santé, l’éducation, l’hydraulique villageoise mais aussi et surtout l’appui accordé aux écoles, aux institutions, dans le cadre des cantines scolaires, etc. Mais le constat que nous avons fait et qui était un peu le vide, c’était l’absence du secteur privé. Donc le forum économique vient à point nommé pour essayer de rapprocher les acteurs économiques des deux pays et voir dans quelle mesure on peut mettre en place des structures, des partenariats pour essayer d’impulser une dynamique nouvelle dans le cadre de la coopération entre nos deux pays. Comme vous le savez, la Guinée recèle un potentiel énorme. On ne peut pas tous les citer aujourd’hui. Et le Japon, vous le savez très bien, dispose aujourd’hui de savoir-faire dans différents domaines. Il était donc important de voir une synergie en termes d’action pour essayer de raccorder ou de concorder nos points de vue dans le cadre d’une coopération qui ne peut être que gagnant-gagnant pour nos deux pays.

Qu’est-ce qui a été obtenu concrètement au cours de cette visite d’Etat ?   

Concrètement, il faut d’abord saluer l’engagement du Japon envers la Guinée. Parmi les mesures phares qui ont été annoncées, moi je mettrai en avant l’ouverture très prochaine d’un bureau de l’Agence japonaise de coopération internationale, communément appelée” la JICA”. Comme vous le savez, la JICA est une agence intergouvernementale qui est sous l’autorité du Ministère des Affaires étrangères. Et l’essentiel des actions de coopération entre le Japon et les autres pays du monde passe par cette structure. Donc, avoir aujourd’hui un bureau de la JICA permet un meilleur rapprochement entre nos différents départements, les secteurs de pointe de notre pays et l’administration japonaise. Ce qui nous permettra de mieux ficeler les projets de développement, les requêtes qui seront présentées par les différentes administrations et concomitamment de recevoir l’appui et les réflexions qui s’avèrent nécessaires dans ce domaine pour mieux ficeler les projets et donner les résultats escomptés. A part l’ouverture du bureau de la JICA, il y a eu un appui financier qui est assez important : plus de 200 millions de yens pour l’achat d’équipements médicaux. Donc voilà une des mesures phares qui ont été annoncées au cours de cette visite. Mais au-delà de ces annonces, il y a un élan, une dynamique nouvelle qui s’inscrit désormais dans le cadre du renforcement de la coopération entre la Guinée et le Japon. Et c’est surtout  cela qu’il faut saluer.

Sortons du cadre de la visite d’Etat et parlons un peu de la communauté guinéenne vivant ici. Comment vit-elle dans ce pays ?

Selon les statistiques dont nous disposons au compte de notre consulat, la communauté guinéenne ici, c’est entre 300 et 400 individus aujourd’hui, hommes, femmes et enfants compris. Depuis notre prise de fonction, le constat que l’on peut faire, c’est que cette communauté est organisée et structurée. La plupart des Guinéens qui vivent ici ont des activités, ils travaillent. En général, ils ne posent pas énormément de problèmes à notre mission diplomatique. Quand nous avons pris fonction, la première réflexion que nous avons essayé de soumettre à la communauté, c’est la mise en place d’un bureau de coordination, parce que nous avons constaté à notre arrivée que le bureau qui existait ne fonctionnait plus. Et donc, après des échanges avec les éléments de la communauté, nous avons mis en place un bureau provisoire. Bien entendu, ce bureau provisoire aussi a du mal un peu à fonctionner. On est là encore pour les encourager, essayer de trouver les solutions idoines, pour voir dans quelle mesure ils peuvent se donner la main. Et puis tenir compte des préoccupations des uns et des autres et évoluer en synergie comme une vraie communauté, comme une vraie nation, si petite soit-elle pour essayer d’apporter des éléments de réponse qui peuvent s’imposer à eux.

Quelle est la nature de la relation entre l’ambassade et ces Guinéens ?

Pour ma part, je pense que les relations sont très bonnes. Depuis mon arrivée, nous avons essayé de tisser des liens forts, des liens surtout basés sur la fraternité. Ce qui nous a permis, de temps en temps, l’exigence l’impose, d’aller rendre visite à des frères malades ou quand il y a des naissances. Chaque année, on reçoit à la résidence de Guinée quand il s’agit surtout des fêtes de Ramadan et de Tabaski. A chaque fois, au cours de ces deux dernières années, nous avons eu l’honneur de recevoir nos compatriotes avec lesquels nous avons partagé des repas dans une ambiance festive, de fraternité et de cordialité.

Monsieur l’ambassadeur, vous avez magnifié le savoir-faire japonais. Est-ce que, depuis votre prise de fonction, vous avez essayé d’établir un pont entre la Guinée et le Japon dans le cadre de l’éducation, en vue d’aider les jeunes à mieux se parfaire ?

Bien entendu ! Je vous disais tantôt que l’éducation figure en bonne place parmi les secteurs prioritaires en matière de coopération entre le Japon et la Guinée. C’est pour juste vous faire comprendre que le Japon, dans le cadre de cette coopération, a participé à la construction de plus de 1400 classes en Guinée. Donc, c’est quand même un volet très important. Le Japon considère qu’aucun pays ne peut se développer sans avoir une éducation de base. C’est pourquoi aujourd’hui, il investit de manière très approfondie pour assurer une éducation de qualité à nos enfants, en déboursant des montants très importants, qui vont soit à la rénovation ou à la construction des écoles. Mais au-delà de cet appui au système éducatif, il y a aussi un élément qu’il faut aussi mettre en avant, c’est le renforcement des capacités au niveau des études supérieures et postuniversitaires à travers ce que nous appelons ici au Japon l’initiative Abe [Shinzo, le Premier ministre, ndlr] qui a été instituée dans le cadre de la TICAD. La TICAD, c’est le processus de partenariat qui lie l’Afrique au Japon. Et dans ce cadre de la TICAD, le Japon a mis en place un processus qui permet aux jeunes africains de bénéficier des formations postuniversitaires au Japon, en suivant des études dans les différents domaines, que ce soit dans le domaine de l’économie ou celui de l’ingénierie pendant quatre ans pour obtenir des maîtrises, et après se retourner en Guinée. Quel est l’objectif d’une telle initiative ? C’est de permettre à ces bénéficiaires d’être des traits d’union entre les entreprises japonaises qui seront demain appelées à investir dans nos pays et les populations de nos pays, de créer un certain pont entre le Japon et la Guinée à travers la formation.

 

 

Réalisée par Mamadou Savané

de retour de Tokyo, Japon

 

  1. Siriki 4 ans il y a
    Repondre

    L’ambassadeur de la Guinée au Japon, El hadj Seinkoun Sylla fait partie de ceux qui quémandent, depuis les chancelleries guinéennes à l’étranger, des visites d’Etat et autres visites officielles, au profit du Président Alpha Condé. Ce qui permet à Alpha de masquer ses voyages touristiques en visites de travail !!
    Cet ambassadeur est tellement vaseux dans ces propos qu’il nous renforce dans notre conviction que cette visite n’était effectivement qu’un voyage d’agrément.
    “Le Japon s’est engagé à construire des ponts, des ports artisanaux et des routes en Guinée” ; dixit El hadj Seinkoun Sylla !!
    Que des paroles en l’air, sans aucune preuve à l’appui !!
    Aucun accord n’a été signé au Japon, comme on a eu l’habitude de voir sur la RTG, les signatures d’accord avec les marocains, les turcs…!!
    Si c’est le cas, que la RTG nous les montre et nous disent dans quelles villes seront construits ces ouvrages imaginaires !!
    La JICA construit gratuitement des ponts, des ports de pêche, des écoles…dans de nombreux pays africains et pas besoin d’effectuer une visite d’Etat à Tokyo pour cela.
    El hadj Seinkoun Sylla prend vraiment les guinéens pour des cons !!

  2. Sylla 4 ans il y a
    Repondre

    Encore les mêmes remarques stupides de mamadou saliou diallo dit siriki qui hypocritement salit le Président et tresse des lauriers à un prédateur abjecte comme ce-loup Diablo qui a corrompu le vieux ethnocentriste bah mamadou pour s’emparer de l’ufdg.
    Vous les malhonnetes ethnocentristes de l’ufdg,vous ne parlez pas de ça. Sauf les critiques vaseuses à relent stupidement ethnocentristes sans plus-value.
    Vous êtes le malheur de ce pays et votre malhonneteté congenitale fera le lit de votre décheance.

    • Siriki 4 ans il y a
      Repondre

      Désolé, mon frère Sylla, j’ai décidé de ne plus débattre avec les abrutits de ton genre, trop limités intellectuellement et englués dans la haine ethnique !!
      Tu peux donc raconter ta vie de merde !!

      • Sylla 4 ans il y a
        Repondre

        Fuite en avant. Ton débat et ta personne ne m’interessent pas non plus. Je te laisse à tes balivernes quant à mon niveau car tout ce forum nous lit.
        Ce que je dis,c’est qu’il n’est pas question de vous laisser deverser vos insanités sans repliquer car vous êtes naturellement malhonnêtes.
        On se connait entre nous dans ce pays. On critique Alpha Condé et on se tue pour un prédateur tout en s’égosillant de defendre la democratie. Ce jeu de cirque est terminé.

  3. pecos 4 ans il y a
    Repondre

    Siriki. Franchement, la haine t’a rendue aveugle. Putain, tout ce qui est fait par Alpha Condé est mauvais pour toi.Quelle haine !

    • Siriki 4 ans il y a
      Repondre

      Pecos, désolé mais, il n’y a pas de place pour la haine dans mon cœur !!
      Je trouve simplement qu’Alpha Condé est un Président paresseux !!
      Il ne fait que voyager au lieu de résoudre les problèmes des guinéens qui vivent dans une pauvreté indescriptible ; alors que la Guinée est un pays potentiellement très riche !!
      Il est rentré d’un voyage au Japon et en Ouganda le dimanche. Mercredi, il prend à nouveau l’avion pour une visite au Tchad et je ne sais où encore !! Alpha a vraiment la bougeotte !! C’est à croire qu’il fuit la misère de Conakry !!
      On sait tous que quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Comment veux-tu que ça travaille dans l’administration guinéenne, quand le Grand Chef est tout le temps entrain de faire du tourisme à travers le monde.
      Alpha n’aime pas travailler, c’est un jouisseur, un épicurien qui aime, les fastes des réceptions dans les grands hôtels de luxe et les palais à l’étranger !!
      Eh Sékouba, tu nous as tué !!
      Tu aurais dû truquer les élections au profit de Lansana Kouyaté ; et la Guinée ne se serait pas retrouvée dans cette merde, dans ce véritable Gondwana, décrié par le nigérien Mahamane sur RFI !!
      Mon frère Pecos, dénoncer les agissements d’un dictateur, ce n’est pas avoir de la haine et d’ailleurs, pourquoi devrais-je avoir de la haine !? Merci.

Laisser un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.