Interview. Oumou Kadé Soumah, NGP : ‘’nous soutenons toujours Cellou Dalein…”

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Oumou Kadé Soumah -celle qui se proclame seule présidente du Mouvement Nouvelle Guinée Politique -NGP- ne fait pas dans la dentelle quand elle parle. Dans une interview qu’elle a accordée à Mediaguinee, la jeune entrepreneuse réitère le soutien de son mouvement à l’opposant Cellou Dalein Diallo, motive la reconnaissance de la victoire du président Alpha Condé au scrutin du 18 octobre dernier et l’éviction ‘’définitive’’ de Badra Koné. Interview…

Mediaguinee : Madame Oumou Kadé Soumah bonjour 

Oumou Kadé Soumah : Bonjour. 

Vous êtes la présidente de l’autre aile de NGP-Nouvelle Génération Politique ? 

Non, je suis la présidente de la NGP (Rires) 

Récemment au cours d’une conférence de presse vous avez reconnu la victoire du candidat du RPG arc-en-ciel au détriment de celui de l’UFDG. Pourquoi ce choix ? 

Vous savez la NGP a des doutes sur les résultats officiels proclamés par la CENI et la Cour Constitutionnelle, mais étant donné que nous sommes légalistes donc soumis aux règles élémentaires de la démocratie et de la quiétude sociale qui nous exigent de ne pas commenter l’arrêt de la Cour Constitutionnelle mais de l’admettre. Donc si vous le dites, que nous avons reconnu la victoire du Président Alpha Condé au détriment de l’UFDG, je vous dirai que non. Ce n’est pas sa victoire que nous avons reconnue, c’est juste que nous sommes légalistes. 

Est-ce autant dire que vous soutenez toujours le candidat de l’UFDG ? 

Oui.

Est-ce que vous accepteriez de travailler avec le Président de la République Alpha Condé si la proposition vous était faite ? 

Sincèrement, pour moi personnellement sans ambiguïté c’est non. Ce qui compte pour moi ce n’est pas ma place dans un gouvernement mais c’est la place de la Guinée dans le concert des Nations. 

Mais là vous nous répondez en tant que Oumou Kadé Soumah. Mais en tant que présidente de NGP, est-ce que vous serez disposée à travailler avec le Président de la République ? 

Cela fera l’objet d’un débat sincère au sein du mouvement pour déterminer la position de la NGP. Nous allons en débattre, car certes je suis la présidente mais je ne suis pas la seule dans le mouvement. 

Parlez-nous de l’assemblée du 1er novembre dernier qui vous a élue nouvelle présidente de la NGP

Ça s’est passé le 1er novembre 2020, lors d’une assemblée extraordinaire, j’ai été élue à l’unanimité des membres présents. 

Que répondez-vous aux personnes qui disent que la NGP a deux têtes ? 

Par rapport à la question-là, à date, moi je suis la seule présidente de la NGP. L’ancien président déchu, on l’a destitué de ses fonctions parce qu’il n’a pas respecté ses engagements, il n’a pas respecté les membres du bureau exécutif, il est allé jusqu’à parler au nom du mouvement et donner une parole qu’il n’a jamais su respecter, donc s’il se dit président alors qu’il a été destitué, rien ne le garantit. À date je suis donc la seule présidente de la NGP.

Parlez-nous de la position de la NGP face à la situation socio-politique actuelle du pays ?

Vous savez comme la dernière fois à la conférence de presse, on a parlé de plusieurs choses. On a parlé de la main tendue du Président Alpha Condé, nous avons parlé de la séquestration du président de l’UFDG, nous avons parlé des arrestations des cadres de l’UFDG, nous avons parlé des sièges de l’UFDG qui étaient encore fermés et sous protection des militaires. Nous, en tant que mouvement Indépendant, en tant que légalistes et tous nous condamnons l’injustice. Ce que nous pouvons faire vraiment, on a eu à proposer des choses, on a eu à proposer quelques idées pour la sortie de crise. Par exemple premièrement, vous avez vu en Côte d’Ivoire le Président Ouattara qui a fait appel à son adversaire Henry Konan Bédié, ils se sont donné la main. Nous la NGP nous avons proposé que le Président Alpha Condé lui-même appelle Cellou Dalein le président de l’UFDG sans intermédiaire, sans attendre que les gens viennent leur demander de dialoguer, il n’y a pas de frontière, ce n’est pas un pays qui les sépare. Le Président Alpha Condé lui, il est à Kaloum, Cellou Dalein lui, il est à Dixinn, qu’il l’appelle directement pour dialoguer et qu’il fasse la même chose pour les principaux partis de l’opposition aussi. Ça, c’était la première proposition. La deuxième proposition c’est que les prisonniers politiques soient libérés ou graciés parce que quand la main est tendue et qu’elle est sincère on ne peut pas se permettre de faire des arrestations à tout moment surtout que ce sont des cadres de l’UFDG ou bien confisquer les passeports des autres présidents des autres partis tels que Sidya Touré et Abé Sylla. La troisième proposition c’était d’ouvrir une enquête pour situer les responsabilités des violences passées et traduire devant les juridictions les auteurs de ces crimes de violation des droits humains et ces crimes odieux. Quatrième proposition c’était que les victimes reçoivent des indemnisations adéquates. Cinquièmement c’est que le Président de la République use de ses priorités constitutionnelles pour dissoudre l’Assemblée nationale et engager une législative anticipée. Et la dernière proposition c’est que le Président Alpha Condé mette sa main tendue et travaille avec les fils et filles du pays. 

Nous voilà donc au terme de l’interview, avez-vous un mot de la fin avant de clôturer ? 

J’espère juste que ces propositions tomberont dans de bonnes oreilles parce que le pays doit vraiment sortir de l’ornière. Il faut la stabilité, il faut la paix, il faut aller dans l’apaisement des choses. Il faut qu’il y ait un dialogue. 

Merci 

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