Interview. Ousmane Bodié : ‘’si on touche Sans loiyah, c’est la moitié des commerçants de Kindia qui seront touchés’’

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Les occupants du centre commercial du nom d’El hadj Ousmane Baldé ‘’Sans Loi’’ sis au centre-ville de Kindia traversent des moments pénibles en cette période post-électorale. Ils sont plus de 1000 personnes ayant reçu une mission depuis mardi 27 octobre 2020 à libérer ce grand centre de négoce baillé en 2003 à El hadj Ousmane Fatako ‘’Sans Loi‘’ par L’Etat guinéen (sous le régime Conté ndlr). Ce samedi 31 octobre, le président par intérim de la chambre préfectorale de commerce et de l’industrie de Kindia, Ousmane Bödiè Baldé s’est prêté à nos questions. Entretien…

Bonjour M. Baldé, nous venons d’apprendre que les commerçants qui occupent le grand centre de négoce ‘’Sans loi’’ ont reçu un préavis de 72 heures depuis mardi de libérer les lieux. D’abord dites-nous en quelle année ce centre commercial a été baillé ? 

Pratiquement le centre commercial El hadj Ousmane Fatako, qui est d’ailleurs le directeur général dudit marché a été baillé en 2003 légalement avec l’Etat guinéen pour une période de 60 ans. Dès qu’il a fini sa construction, il a mis les boutiques et magasins à la disposition des commerçants. Donc cela fait 17 ans, ces commerçants sont installés là-bas et c’est là que chacun gagne sa vie quotidienne.

 Bien ! Maintenant parlez-nous de ce préavis. Est-ce vrai les commerçants sont appelés à libérer le centre commercial ‘’Sans loi’’ dans les prochains jours ? 

Effectivement, nous avons reçu un huissier de la justice muni d’un dossier qu’il a mis à la disposition des commerçants. Mais avant, il est venu se présenter à la chambre de commerce tout en disant qu’il est chargé de distribuer des dossiers au niveau des différents commerçants qui occupent le centre Fatako. Son arrivée a coïncidé que nous étions aussi convoqués chez le préfet de Kindia parce que  depuis le 15 octobre dernier, ils nous ont dit de dire à nos commerçants de quitter le marché ‘’Sans loi’’ mais la chambre préfectorale étant une structure qui intervient dans le secteur public et privé de la préfecture de Kindia, nous avons demandé à nos autorités, notamment le préfet, le gouverneur et le directeur préfectoral de l’habitat de surseoir la situation pour une période au moins de trois mois car nous étions à une période électorale. En plus si le responsable est en branle avec l’Etat autour des clauses de contrat, ce n’est pas nous qui sommes coupables donc, de maintenir nos commerçants.  

Monsieur Baldé, aujourd’hui comment les commerçants accueillent cette nouvelle ? Est- ce qu’ils ont commencé à libérer les lieux ?

Aller où ? Kindia est en chantier, tous les marchés sont en construction. Aujourd’hui si on touche ‘’Sans loiyah’’, c’est la moitié des commerçants de Kindia qui seront touchés. Il y a plus de 1000 personnes qui exercent leurs activités là-bas. C’est pourquoi nous continuons à demander à l’Etat et à toutes les autorités de Kindia de laisser nos commerçants jusqu’ au mois de janvier ou bien le 31 décembre, ça trouvera qu’une solution est trouvée.

Selon vous quelle serait la cause de la résiliation de ce contrat puisque d’après nos informations, il s’étale sur une durée de 60 ans ?

Le problème là, c’est entre le bailleur El hadj Ousmane ‘’Sans Loi’’ et l’Etat. Ce n’est pas entre les commerçants et l’Etat ni entre ‘’Sans Loi’’ et les commerçants. C’est pourquoi ils doivent nous accorder cette marge de manœuvre. Au niveau de ‘’Sans loiyah’’, c’est Kindia qui est là-bas, les Soussous, les Malinkés, les Peulhs et même les Forestiers. Donc déguerpir les commerçants de ‘’Sans loiyah’’, c’est de causer des problèmes de place aux populations de Kindia.

Aujourd’hui quelles sont les dispositions prises par la chambre préfectorale de commerce, d’industrie et d’artisanat de Kindia face à cette situation ?

Nous sommes en train de faire la plaidoirie parce que la chambre de commerce constitue un maillon entre les commerçants et le gouvernement. C’est ça que nous demandons humblement à l’administration et au gouvernement, de nous maintenir à nos places jusqu’à ce qu’on prenne des dispositions pour éviter une éventuelle crise à Kindia.   

Pour terminer M. Baldé, vu que cette situation intervient au moment où le pays vient de sortir d’une élection présidentielle qui reconduit le professeur Alpha Condé à la tête de la Guinée. Pensez-vous que cet acte est politique ?

Vous m’excusez, ça ce n’est pas mon domaine. Les secteurs sont divisés et nous, on est dans l’informel, loin de la politique. Nous ne sommes pas en mesure de parler de la politique. Nous, nos activités sont subordonnées à la paix. Nous voulons la paix, la solidarité et le développement. Donc nous voulons que l’entente qui est là persiste et que les autorités acceptent de nous aider à continuer nos activités.  

A noter que le responsable du centre commercial ‘’Sans Loi’’ n’a pas voulu faire de commentaires sur ce sujet. Pour rappel, d’après nos informations, El Hadj Ousmane Baldé a acquis ce domaine à travers un bail avec l’Etat guinéen qui date de 2003 (sous le régime Conté ndlr) pour une durée de 60 ans. Mais récemment l’Etat guinéen (le régime Condé ndlr) a remis en cause ce contrat. 

Interview réalisé par Aboubacar Dramé, correspondant régional à Kindia

+224 623 08 09 10

 

 

 

 

 

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