Interview : Yéro Baldé, 3ème vice-président de l’UCG s’exprime sur des sujets de l’actualité guinéenne

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En séjour en Guinée, le troisième vice-président en charge de la coopération internationale en Europe du parti Union pour le Changement de la Guinée (UCG) a accordé une interview à la presse guinéenne dont Mediaguinee. Yéro Baldé, également membre du mouvement français « la République en Marche » qui a porté le président français Emmanuel Macron au pouvoir, s’est exprimé sur les sujets brûlants de l’actualité guinéenne dont la durée de la Transition, le bilan des cent premiers jours du CNT et le fonctionnement de la CRIEF.

Après l’adoption de la durée de la transition par le CNT, plusieurs formations politiques ont contesté les 36 mois établis pour le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée. Qu’en pensez-vous ?

Yéro Baldé: La Coalition Nationale pour la Refondation Politique (CONAREP) dont l’UCG est membre fondateur avait proposé un chronogramme de trente six (36) mois, donc trois ans. Quand le CNT a adopté ce chronogramme de 36 mois, nous nous sommes dits que c’est plutôt une bonne chose parce que c’est ce que nous avons proposé. Ce délai pourrait être largement suffisant parce que notre pays a traversé une crise majeure avant l’avènement du CNRD. À cet effet, pour ces trois ans, il faudrait dans un premier temps nettoyer le fichier électoral pour avoir un fichier crédible pour aller aux élections. Ensuite, il y a la refondation des institutions et l’organisation des échéances électorales. Nous pensons que pour aller au bout de ces réformes, un délai de trois ans est largement suffisant afin que le pouvoir revienne aux civils.

Ces derniers jours, on a assisté à la célébration des 100 premiers jours du CNT. Êtes-vous satisfait du bilan de l’institution qui fait office de parlement de la transition?

Yéro Baldé : Le bilan du CNT est plus ou moins satisfaisant. Depuis sa mise en place, il y a un travail qui a été engagé comme l’adoption du chronogramme de la transition, le déplacement des conseillers du CNT à l’intérieur du pays est un autre acte salutaire parce qu’il faut aussi aller voir la Guinée profonde, aller vivre les réalités du pays parce que ce qui se passe sur place en haute Guinée, en moyenne Guinée ou en forêt est tout à fait différent de ce que nous vivons à Conakry. Donc, cela est une très bonne chose. Par contre, il faudrait que le CNT accélère ce rythme, qu’il continue à mener ce travail de fond et qu’ils (les conseillers) puissent être un contre pouvoir face au CNRD. Maintenant, place au boulot pour la principale mission qui est celle de rédiger une constitution qui permettra à la Guinée de sortir de la transition et de revenir dans un ordre constitutionnel normal.

En tant qu’observateur de l’actualité guinéenne et internationale, quelle est votre impression par rapport à la hausse du prix du carburant? Est-ce que cela peut s’expliquer selon vous ?

Yéro Baldé : La hausse du prix des carburants à la pompe ne m’a pas surpris parce que le coût du baril a beaucoup grimpé depuis le début de la guerre en Ukraine. Donc, cette hausse est mondiale. Elle impacte le monde entier. Je trouve que la hausse de 20% en Guinée est plutôt raisonnable parce que quand vous allez chez nos voisins du Mali, du Sénégal ou un peu partout, ils payent leur carburant plus cher. Nous devons sortir des énergies fossiles et pour cela, il faudrait développer des modes de transport urbain. Nous sommes un pays qui est très riche mais les ressources sont mal gérées, mal exploitées. Là, il convient de mener un travail de fond pour que nous puissions sortir à long terme dans les embouteillages de Conakry d’ailleurs.

Les manifestations contre cette hausse ont fait un mort à Conakry…

Yéro Baldé : Permettez-moi de présenter nos condoléances à la famille éplorée et à tout le peuple de Guinée. Nous, nous condamnons toutes formes de violences. Nous saluons la diligence avec laquelle monsieur Charles Wright, Procureur Général près la Cour d’appel de Conakry qui est en train de se battre pour que justice soit faite dans ce dossier. Le fait que les présumés auteurs de la mort du jeune soient arrêtés et certains placés sous contrôle judiciaire, c’est un grand pas vers la recherche de la vérité et de la justice.

Que pensez-vous du fonctionnement de la cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF)?

Yéro Baldé : Pour moi, la CRIEF est en train de mener un bon travail parce que c’est la première fois dans l’histoire de notre pays que nous voyons des anciens gouvernants traduits devant la justice pour pouvoir s’expliquer sur leur gestion notamment la dilapidation des richesses. Il n’est pas normal qu’une seule personne puisse avoir des immeubles à Conakry, avec plusieurs entreprises alors qu’on n’a même pas des hôpitaux dignes pour soigner les guinéens. C’est scandaleux. Je salue le travail de la CRIEF, faisons confiance à la justice, il ne faut pas soutenir la CRIEF quand ça arrange d’un côté et de l’autre, on crie parce que c’est une personne qui appartient à notre famille politique. Non! Il faut laisser la justice faire son travail. D’ailleurs, le président de la transition l’a dit lors de son discours du 05 septembre que la justice sera dorénavant la boussole de tous les guinéens. Donc, on ne peut qu’encourager le travail de la CRIEF.

Faites-vous allusion à la convocation que la CRIEF a adressé à Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG?

Yéro Baldé : Le Président de l’UFDG est un justiciable comme un autre. De ce fait, lorsqu’un citoyen est convoqué devant la juridiction, il doit y répondre en toute sérénité en lui garantissant les droits à la défense conformément à la législation. Toutefois, la justice ne doit pas faire l’objet d’une instrumentalisation à des fins politiques.

Quel est votre mot de la fin?

Yéro Baldé : J’encourage plutôt le CNRD à tendre la main une nouvelle fois encore aux partis politiques. Il faudrait qu’on revienne tous autour de la table, qu’on discute. Mais il faut savoir qu’en Guinée, on est dominé par plusieurs partis qui ont le monopole. C’est le RPG arc-en-ciel, l’UFDG et l’UFR. Ce que nous proposons à l’UCG, c’est de sortir de ce carcan dans lequel ces partis politiques nous ont enfermé pendant plusieurs années. Nous demandons aux autorités de poursuivre le dialogue avec l’ensemble des partis politiques pour que la transition puisse se dérouler dans de bonnes conditions et que nous puissions avoir une transition apaisée. Le CNRD doit travailler dans ce sens.
Le CNRD doit se saisir de ce délai supplémentaire accordé par la CEDEAO pour revenir sur la table de négociations avec les partis politiques et continuer à dialoguer avec la CEDEAO et la communauté internationale.

Maciré Camara

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