Journée internationale des migrants à Labé : ”j’ai perdu de l’argent et j’ai failli y perdre ma vie”, témoigne un rescapé

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À l’instar des autres pays du monde, la Guinée à célébré ce vendredi 18 décembre la journée internationale des migrants. Il vous souviendra que cette commémoration a été déclarée depuis l’an 2000 par l’organisation des nations unies. À l’occasion de cette journée à Labé, un rescapé de cette aventure périlleuse a échappé de justesse à une mort tragique en Lybie, lorsqu’il a voulu regagner l’Europe en 2017. Il revient sur cette histoire sombre de sa vie. 

« Mon intention c’était d’aller en Europe, histoire de vivre mon rêve d’ingénieur. Pour y arriver, je me suis dit de me lancer dans l’immigration clandestine. Tout ce qui m’a touché le plus, durant mon parcours, je me suis rencontré avec un Guinéen au Mali, sans savoir que ce dernier est un arnaqueur. Nous  sommes partis ensemble en Algérie, il nous a emmenés dans leur base d’arnaque. Ils nous ont kidnappés et ils ont appelé nos parents pour leur dire de nous envoyer de l’argent, sinon ils vont nous tuer. Ils ont ainsi contacté ma mère pour lui demander un montant de 5 millions de  francs guinéens. J’ai profité de l’inattention de mes ravisseurs pour m’échapper », explique Abdoulaye Kourouma. 

Poursuivant, ce jeune résidant au quartier Madina dans la commune urbaine de Labé rencontré ce vendredi 18 décembre 2020, nous confie avoir perdu plus de 20 millions dans cette aventure.

« A partir de cet instant je n’avais confiance en personne. Depuis lors, tout mon souhait était de revenir au bercail. Arrivée aussi à la Libye, le passage était fermé. Avec la pression de la famille, il fallait que je me retourne. Lorsque je me suis retourné j’avais un regret total. C’est en ce temps que je me suis rendu compte que cet argent que j’ai dépensé environ 20 millions pouvait m’aider à réaliser mon rêve. J’ai perdu l’argent, j’ai failli perdre ma vie. Beaucoup de personnes dans le quartier me disent que je suis maudit du fait je suis parti jusqu’en Libye et je n’ai pu passer pour aller en Europe. C’est vrai, on peut dire que certains sont maudits mais y a d’autres qui périssent dans la mer », rappelle ce jeune de la vingtaine d’années. 

À noter que suite à l’appui de l’OIM, ce jeune a réussi aujourd’hui à monter avec un ami, son studio d’enregistrement, et voit son rêve de devenir ingénieur de son se matérialiser petit à petit. 

« Avec l’aide de l’OIM, aujourd’hui j’ai mis en place mon studio d’enregistrement avec un ami. Notre activité commence à nous devenir rentable. Je conseille tous les jeunes qui veulent aller en Europe d’aller légalement puisque l’immigration n’est pas  une option », conseille Abdoulaye Kourouma. 

Il faut rappeler que la Guinée est de nos jours, l’un des pays de départ vers cette immigration clandestine. 

Tidiane Diallo, correspondant régionale à Labé. 

620 44 25 83

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