Journée mondiale des Enseignants : à la rencontre des retraités à N’zérékoré

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A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des enseignants ce mardi 5 octobre sous le thème  » Les enseignants au cœur de la relance de l’Education », notre rédaction s’est intéressée à la carrière de 30 ans de services d’un enseignant à la retraite à N’zérékoré, du nom de Bangaly  Camara.

Malgré le poids de l’âge, Bangaly Camara garde encore ses souvenirs. Il a accepté donc de revenir sur sa carrière.

« De 1980 à 1985, j’ai été directeur à l’école primaire Réné Soukana. A l’époque, c’était la seule école Franco arabe à N’zérékoré. Et puis après là-bas je suis allé à N’faly Touré. Après avoir passé une année, je suis allé à l’inspection  régionale de l’Education, qui était autrefois appelé Académie », a expliqué Bangaly Camara.

Après 30 de carrière, l’enseignant à la retraite est jusqu’à présent en location. Je suis toujours en location depuis que j’ai commencé le service. Le traitement ne nous permettait pas de s’en sortir. 30 après je suis toujours en location.

On n’a pas eu de privilège. L’État Guinéen devrait imiter au moins les conditions dans lesquelles vivent les enseignants des pays limitrophes comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Il faut encourager les enseignants dans ce noble métier. L’État Guinenn doit mettre le secteur en valeur puisque c’est le levier de tout développement. Encore je plaide pour l’amélioration des conditions de vie », souhaite l’instituteur.

Dans la carrière de Monsieur Bangaly Camara, il a été également victime de ségrégation à cause de son obédience politique, ce qui lui a même fait perdre 6 mois de son salaire qu’il n’a jamais eu.

« Dans le temps, entre 1994- 1995, j’ai été muté à Macenta par Martin Bonamou lorsque il s’est rendu compte que c’est nous qui distribuions les documents du RPG à N’zérékoré. J’ai fait deux ans 2 à Macenta, avant de revenir. Mais lorsque je suis revenu à N’zérékoré, mon salaire a été bloqué pendant 6 mois. Et je n’ai jamais reçu. Sinon, à l’époque, nous sommes allés jusqu’à Conakry mais ça n’a pas marché. C’est Kassory Fofana qui était le ministre de l’Economie et des Finances. Mais peut être j’aurai mon argent dans l’autre monde »,  a précisé l’enseignant.

A l’image de Monsieur Bangaly Camara, plusieurs de ses pairs vivent aujourd’hui à la retraite ou en situation de classe dans  les mêmes conditions en Guinée.

Il faut rappeler que la journée mondiale de l’enseignant a été adoptée par l’UNESCO le 5 octobre 1966. Une occasion pour les États membres de se pencher sur les conditions de vie et de travail des enseignants dans le monde en vue d’apporter des réponses à leurs problèmes.

Amara Souza Soumaoro, correspondant à N’zérékoré

621-94-17-77

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