Kalémodou et Bah Oury réagissent à l’attaque du domicile d’Elhadj Sékhouna : ‘’on a compté plus de 150 douilles de balle’’

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Au lendemain de l’attaque du domicile du Kountigui de la basse-Guinée, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a tenu une réunion au sortir de laquelle il a condamné l’usage de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre pour disperser les patriarches des quatre régions naturelles au cours d’une réunion chez El Hadj Sékhouna Soumah, à Tanènè, Dubréka.

Pour Kalémodou Yansané, l’un des vice-présidents de l’UFDG, « Qu’on ait le courage de s’attaquer à un domicile privé qui abrite les sages du pays, c’est allé trop loin. Il y a Alpha Condé, il y a le système d’Alpha Condé aussi.

Ce qu’on déplore, c’est qu’il n’a pas eu de réactions spontanées. On ne pouvait pas faire de réaction spontanée, parce que personne en Guinée ne pouvait imaginer qu’on pouvait aller jusqu’à attaquer un sage de plus de 87 ans à son domicile. On pouvait le tuer et ensuite aller présenter des colas avec des larmes de crocodile pour dire qu’ils n’ont pas été mandatés par le pouvoir en place.

Je demande solennellement aux forces de défense et de sécurité d’avoir pitié des Guinéens. Nous avons compté plus de 150 douilles de balles réelles dans le domicile d’El Hadj Sèkhouna. Ces douilles-là coûtent trop chères et c’est le contribuable guinéen qui les paie, qui équipe ces militaires, qui les forme, les nourrit et les paie. J’invite donc ces forces de défense et de sécurité à aller du bon côté de l’histoire », a-t-il lancé.

De son côté, l’opposant Bah Oury parle d’un divorce entre le pouvoir Condé et les autorités morales. Soutenant que le changement est très proche.

« Vous savez dans une pièce de théâtre, il y a la scène et il y a les coulisses. Dans notre pays, on regarde surtout ce qui se passe sur le devant de la scène. Il y a eu une fuite en avant du pouvoir en place pour essayer d’imposer un troisième mandat. Mais qu’est-ce qu’il y a dans les coulisses ? Vous avez un pouvoir en guerre contre les personnes morales, les personnes les plus âgées de ce pays, d’où l’attaque contre le domicile du patriarche de la Basse côte.

Depuis que la Guinée est indépendante, vous ne pouvez pas dénombrer des actions de ce genre, de la manière la plus flagrante commise par des agents des forces de l’ordre qui ont été mandatés pour cette action. Cela veut dire qu’il y a un divorce total entre le pouvoir et les doyens. Et qui dit doyen dans un pays, dit toute la société.

Deuxièmement, il est dit qu’un parti a un fief, ce fief est en ébullition aujourd’hui. Les jeunes se révoltent contre des promesses non tenues, et certains d’entre eux vont jusqu’à dire que si les promesses ne sont pas réglées, ils vont empêcher la tenue d’un scrutin dans cette région. De l’autre côté, on voit que l’écrasante majorité de la société guinéenne n’est pas en phase avec ce qui se passe actuellement.

La sagesse aurait demandé que lorsqu’on est devant cette situation, et lorsqu’on a un regard un peu attentif sur le plan sociologique et politique, de se dire qu’une page est en train d’être tournée. Donc, il ne faut pas croire que d’un seul claquement des doigts, les choses vont se transformer. C’est une lutte de longue haleine qui demande de repenser nos actions, nos stratégies, d’approfondir les dynamiques, parce que d’une manière ou d’une autre le temps du changement est très proche », prédit-il.

Mohamed Cissé

 

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