Kankan : des leaders religieux en conclave sur le contenu des outils de communication pour l’abandon des MGF et mariage d’enfants en Guinée

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Lancement officiel vendredi 27 décembre dernier à Kankan de l’atelier de dissémination des outils de communication des leaders religieux pour l’abandon des Mutilations Génitales Féminines MGF et Mariages d’Enfants en Guinée.

L’initiative est du Secrétariat Général des Affaires Religieuses avec l’appui financier de l’UNICEF. Une quarantaine de leaders religieux dont une dizaine de femmes venues des régions de Kankan et Faranah prennent part à la rencontre.

« Ce cadre de concertation vise à vulgariser le contenu de la stratégie de lutte contre des MGF aux religieux afin qu’ils s’en approprient et d’en faire leur cheval de bataille dans des semons et messes, dans leurs mosquées et églises respectives », dit le facilitateur de la rencontre, Fara Djiba Kamano.

«Depuis 2014 jusqu’à maintenant en Guinée, il n’y avait pas une manière de travailler sur la question de mutilation génitale féminine surtout du côté religieux, donc les interventions des religieux étaient faibles, c’est de là est parti le constat, donc l’objectif c’est de présenter le document aux leaders religieux des régions de Faranah et Kankan et faciliter son appropriation au niveau de chaque leader par leur implication, par rapport à leur intervention dans le cadre de la réduction du taux de prévalence de l’excision en Guinée. Donc ce qui s’en va dire qu’il revient de droit de ceux qui sont au niveau national de pouvoir restituer tout le contenu de ce document à ceux qui sont au niveau déconcentré ».

Pour sa part, le directeur général adjoint du bureau de stratégie et de développement du secrétariat général aux affaires religieuses n’a pas caché ses attentes vis-à-vis des participants.

« Nos attentes à ces deux jours d’ateliers est que tous les participants venant des différentes préfectures de ces deux régions Kankan et Faranah s’approprient le contenu des outils de communication et qu’ils soient en terme du respect des droits et devoirs des enfants, des femmes et la promotion de l’abandon de mutilations génitales féminines y compris le mariage d’enfants », souligne-t-il.

Par ailleurs, Elhadj Aboubacar Sidiki Nabé a lancé une invite non seulement à l’endroit des parents et aux religieux mais aussi aux autorités politiques.

« Mon appel au niveau de la population, des autorités religieuses et politiques c’est que les mutilations génitales féminines ont des conséquences très néfastes sur la santé physique de la fille, de la femme, la santé de la reproduction et même ça peut conduire à la mort. C’est vrai c’est une coutume que nous avons héritée des ancêtres mais avec le développement de la médecine qui a prouvé qu’au lieu que ça ne soit un bénéfice mais plutôt des dégâts que ça cause donc je voudrais au nom du secrétaire général aux affaires religieuses lancer cet appel pour que tout le monde comprenne que cette pratique est ancestrale mais néfaste et que nous devons changer de comportement pour le bien-être des croyants en général et des filles et femmes en particulier ».

Au sortir de la salle, Mariame Diawara, l’une des participants de confier : « Une fois dans ma localité, je vais conseiller tout d’abord ma famille, mes amies mais aussi mes voisins et collaborateurs de cesser d’exciser les filles parce que ce n’est pas bon, ça peut entraîner beaucoup de maladies chez elles et ça peut même jouer sur leur reproduction »

Alpha Oumar Koita, correspondant à Kankan

 

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