Kankan : le collectif des femmes pour la libération de Nanfo monte au créneau

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Arrêté le 13 mai dernier à son domicile alors qu’il dirigeait la prière de l’Aïd El Fitr en langue Maninka avec sa famille et jugé le mardi dernier au tribunal de première instance de Kankan, avec comme chefs d’accusation troubles apportés par les ministères de culte et manquements aux dispositions des articles 698 et 991 du code pénal guinéen, le célèbre promoteur et vulgarisateur de l’écriture N’ko, Nanfo Ismaël Diaby, qui se trouve actuellement en détention à la maison centrale de Kankan, est maintenant en attente du verdict de son procès. 

Hier lundi, des femmes de la commune urbaine de Kankan, réunies au sein du collectif pour la libération de Nanfo, ont fait une déclaration à Kabada 1, dans laquelle elles demandent elles aussi la libération pure et simple de ce dernier.

« Il a fallu à Nanfo la prière de l’Aid El Fitr chez lui dans son domicile privé pour que la police s’y introduise,  gazant les enfants de moins de deux ans, les femmes, certaines en état de famille, suivi de son incarcération à la police et de son jugement au tribunal de première instance de Kankan. Le ministère public représenté par le procureur n’a pu apporter la moindre preuve d’une infraction que monsieur Nanfo aurait pu commettre.  Ce procès n’honore pas l’image de la justice guinéenne et nous espérons que le juge dira le droit afin de rétablir la confiance entre notre justice et les justiciables. Nous dénonçons pour cela l’ingérence de l’Etat dans les affaires religieuses. 

Nous estimons que l’Etat a le devoir de protéger ses citoyens les uns contre les autres et de garantir leur liberté. Il ne doit, pour cela, en aucun cas, manquer de neutralité face à la pluralité des idéologies. 

Nous considérons que la justice existe pour l’égalité formelle entre les hommes.  Au nom des fondements de la vie en commun et du principe de la laïcité de notre pays, la République de Guinée, nous demandons vigoureusement la libération pure et simple de l’imam Nanfo Ismaila Diaby et son rétablissement dans ses droits. », diront-elles.

Ce collectif, qui a à sa tête les femmes du concerné Nanfo Ismaël Diaby, après leur déclaration, ont lancé un cri du cœur pour que leur voix soit entendue et qu’elles aient gain de cause.

Ahmed Sékou Nabé, correspondant à Kankan

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