Kankan : le courant électrique, une denrée rare dans la ville de Nabaya

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La plupart des foyers de la comme urbaine de Kankan -2è ville du pays- recevaient le courant 6 jrs/7 avant l’état d’urgence sanitaire décrété par le chef de l’État. Depuis l’entrée en vigueur de cette décision qui a rendu l’eau et l’électricité gratuites sur toute l’étendue du territoire national, la ville de Nabaya a renoué avec le délestage du courant électrique. Pire, aujourd’hui les foyers ne reçoivent le courant qu’une seule fois dans la semaine avec à la clé, des coupures intempestives.

Tout porte à croire qu’EDG de Kankan n’est plus dans la capacité de desservir la commune urbaine en courant électrique malgré l’octroi de 10 groupes électrogènes de 10 mégawatts à la ville par le chef de l’État en plus des 6 mégawatts qui existaient. Conséquence, un groupe de jeunes s’est fait entendre ce lundi 22 juin 2020 par la rue. Dès 9h, ils ont rallié le rond-point Komarala Loisir qui est devenu le point de rencontre.

Une trentaine de minutes seulement après leur dispersion par des forces de l’ordre, ces jeunes déterminés plus que jamais, ont réussi à remobiliser une foule plus importante acquise à leur cause.

Du rond-point Komarala loisir en passant par le grand marché jusqu’à la préfecture, partout ces jeunes en colère acclamés comme des héros par la population, scandaient des slogans. Et on pouvait entendre “EDG Zéro, Préfet Zéro “.

Sitôt arrivés à la préfecture, 10 jeunes leaders des manifestants dont le jeune artiste Béky du groupe Puissance mandingue ont été reçus par le préfet dans son bureau. Dans son intervention de circonstance, après avoir demandé la libération sans conditions de certains des leurs arrêtés par la police dans la matinée, le porte-parole du groupe a décliné le principal motif de leur réclamation « Aujourd’hui on reçoit le courant une fois dans la semaine y a d’autres familles qui ne voient même pas le courant, donc ce que nous la jeunesse de Kankan réclamons maintenant, c’est de nous aider à construire un barrage hydroélectrique pas plus, pas moins », avant d’ajouter « Notre lutte n’est pas politique, et nous ne sommes manipulés par qui se soit, c’est une lutte apolitique. »

En réponse, le préfet Amara Lamine Soumah, conscient de la légitimité de cette manifestation des jeunes et la pertinence de leur réclamation leur a tout d’abord rassuré que leurs collègues détenus seront libérés dans les heures qui suivent avant de les inviter à rejoindre leurs familles respectives le temps pour lui de remonter l’information à qui de droit. Un message qui a été salué à sa juste valeur par la délégation qui, à son tour a fait la restitution à ses pairs qui les attendaient impatiemment dans la cour de la préfecture.

Si rien n’est fait, ces jeunes ont promis de reprendre la rue dans les jours ou semaines à venir jusqu’à la satisfaction de leur réclamation. En attendant, la population de Kankan continue à prendre son mal en patience.

Alpha Oumar Koïta correspondant à Kankan

+224) 622-16-07-20

 

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