Kankan : les étudiants expriment leur ras-le-bol

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Comme annoncé, les étudiants de l’université Julius Nyerere de Kankan, 2è ville du pays, à l’instar des autres étudiants des universités et instituts publics du pays, ont manifesté ce jeudi 17 décembre 2020 contre la hausse des frais d’inscription et de réinscription, qui sont à 250 000 FG et 200 000 FG. C’est très tôt ce matin dès 8 heures à Kankan, que ces étudiants munis de banderoles se sont réunis au mât de leur université pour commencer leur revendication. Sur ces banderoles, on pouvait lire : « M. le ministre, nos parents sont pauvres » ou encore « 250 000 FG c’est trop, 200 000 FG c’est trop, 50 000 FG c’est bon, 30 000 FG c’est mieux ». Ces étudiants, plus motivés que jamais, on fait le tour de l’université en scandant le slogan « c’est trop ». C’est devant le rectorat où ils se sont arrêtés pour se faire entendre.

Mohamed Lamine Conté, étudiant en sciences du langage, fulmine: « On est réunis pour que le prix de la réinscription puisse diminuer, ils n’ont qu’à diminuer, c’est trop, on a beaucoup souffert, la promotion de l’année dernière a payé 15 000 FG et on demande à nous de payer 200 000 FG. L’année dernière, je suis venu ici avec 250 000 FG comme argent de poche, on m’a dit que les frais d’inscription c’est 250 000 FG, donc mon argent-là, je vais manger ou bien je vais m’inscrire, j’ai payé les 250 000 FG et j’ai deux mois sans avoir de l’argent sauf appeler les parents, on en a marre maintenant, ils n’ont qu’à nous entendre parce qu’on défend la cause de tout le monde. ».

Du rectorat, ces étudiants munis de banderoles ont décidé sortir hors de la cour pour manifester leur ras-le bol aux yeux de tous. Ils se sont dirigés au gouvernorat où ils ont été sensibilisés sous prétexte que le gouverneur est absent. De là, ils sont partis au bloc administratif de la préfecture de Kankan.

Sur place, Moussa Camara, étudiant au département de Mathématiques et porte-parole du collectif des étudiants pour la réduction des frais d’inscription et de réinscription (CERIR) à Kankan de lâcher : « Nous ne sommes pas là pour une manifestation inutile, on manifeste avec un objectif bien déterminé, c’est la diminution des frais d’inscription et de réinscription. Regardez la situation sanitaire aujourd’hui avec cette pandémie, l’Etat pleure, l’Afrique pleure, le monde pleure, mais pourquoi les étudiants ne vont pas pleurer ? Ça fait deux ans que nous payons ce gros montant et nous avons vu aucun impact sur notre éducation. »

A l’intérieur de la cour de la préfecture, ces étudiants ont été calmés par le préfet Amara Lamine Soumah qui leur a promis de faire remonter l’information à ses supérieurs hiérarchiques. Au moment où nous mettions cet article en ligne, la manifestation se poursuit mais avec un caractère pacifique, aucune violence ou dérapage n’a été enregistré, mais tous les cours ont été perturbés à l’université Julius Nyerere de Kankan.

Ahmed Sékou Nabé, correspondant à Kankan

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