Kankan : l’interdiction de vente du carburant sur le marché noir fait des mécontents

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Le Ministère de la Sécurité a rappelé jeudi dans un communiqué l’interdiction de la vente du carburant en dehors des installations appropriées et autorisées. Face à cette décision, les vendeurs de carburant sur le marché noir dans la commune urbaine de Kankan sont montés au créneau pour dénoncer la mesure du ministre. 

Fodé Camara étudiant sortant et vendeur d’essence, pense que ce sont les villageois qui vont le plus subir les conséquences de cette décision et appelle le gouvernement à la revoir.

 « Vu la situation des campagnards et des villageois qui sont dans les contrées lointaines, eux ils ne pourront en aucun cas vivre sans le carburant, parce qu’ils sont en possession des motos et des véhicules donc ils ont besoin du carburant. Donc lorsqu’on interdit la vente sur le marché noir comment ils auront accès à l’essence là-bas ?  Nous qui sommes ici à Kankan, les gens ont besoin d’acheter le demi litre d’essence. Comment ceux-ci vont faire ? Donc le gouvernement peut changer la décision, il doit faire un remaniement afin que la population ne souffre pas à un niveau élevé », a-t-il dit.

Ibrahima Diallo, lui aussi vendeur de carburant sur le marché noir, estime que cette interdiction ne va pas à l’avantage de tout le monde.

« On est obligés de vendre de l’essence au marché noir parce que nous sommes des étudiants diplômés sans emploi, donc s’il interdit cette vente, vraiment ce n’est pas bon pour nous, ce qui est bon pour nous les Guinéens, le gouvernement n’a qu’à faire ça et revoir cette décision ».

Même réaction pour Seydou Sangaré, vendeur d’essence : « Il y en a qui vendent l’essence à un prix exorbitant, nous nous vendons à 10 000FG, le gouvernement n’a qu’à prendre des sanctions contre ceux-ci. Si on interdit la vente sur le marché noir, ça va jouer sur nous, parce que c’est là-bas qu’on gagne nos vies ».

Depuis le début de cette crise postélectorale, le prix de l’essence n’a pas flambé dans la commune urbaine de Kankan. Le litre est toujours à 9000 FG à la pompe et 10 000fg sur le marché noir.  

Ahmed Sékou Nabé, correspondant à Kankan

623-77-06-09

 

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