Kankan. Une collégienne victime de viol : « il a sorti une paire de ciseaux et m’a menacée »

Autres fois reconnue pour sa grande foi religieuse notamment islamique, Kankan est passe de devenir l’épicentre des violences basées sur le genre (VBG) dans le pays. Il ne se passe plus un mois sans qu’un cas de viol ne soit notifié dans la région. Ce lundi 16 janvier 2023, c’est un nouveau présumé violeur qui a été présenté à la presse par l’antenne régionale de l’OPROGEM, rapporte notre correspondant dans la localité.

Il s’agit d’un élève de la onzième année âgé de 19 ans selon ses dits, qui est accusé d’avoir menacé et abusé sexuellement à plusieurs reprises d’une élève de la 10ème année âgée de 18 ans. Selon la victime, les faits se seraient produits dans la nuit du samedi 14 à ce dimanche 15 janvier 2023 :

 « Je quittais à l’école aux environs de 12 heures quand un jeune lycéen m’a arrêté, il m’a dit qu’il voulait que je participe à son anniversaire le soir pour couper le gâteau avec lui puisque sa copine avec laquelle il devait fêter l’a plaqué, j’ai dit ok, donc il a pris mon numéro. Le soir il m’a appelé pour me demander si je me suis préparé pour l’anniversaire, je lui ai dit que je suis entrain de le faire, alors il m’a dit de m’habiller légèrement puisqu’il a déjà les habits qu’il avait cousu pour sa copine à la veille de l’anniversaire. Quelques instants après qu’on ait parlé, il m’a appelé encore, j’ai eu un peu peur donc je lui ai dit que je ne pourrais pas venir puisque ma sœur n’accepte pas que je sorte, alors il m’a dit de passer le téléphone à ma sœur pour qu’il lui parle, ma sœur a appris le téléphone et il a réussi à lui convaincre de me laisser sortir. Comme je ne connaissais pas le gars, ma sœur m’a dit d’aller avec une de mes copines. 

Après j’ai appelé pour lui dire que je suis prête, il est venu nous prendre ma copine et moi pour nous envoyer à l’hotel Nankon au quartier bordo où l’anniversaire devait avoir lieu. Arrivés sur la place, il a dit à ma copine de nous attendre là-bas que lui et moi on doit aller récupérer les habits qu’il a cousu pour l’anniversaire. Je suis montée derrière lui à moto et on est parti, mais à mon fort étonnement, on a dépassé la cour qu’il avait indiqué et on commençait à aller vers la brousse, je lui ai demandé où on va, il m’a dit que ce n’est plus loin. On est parti comme ça jusqu’à ce qu’on est rentré en brousse. Arrivés là-bas il s’est arrêté et m’a demandé de coucher avec lui chose que j’ai refusé, il a donc sorti une paire de ciseaux et m’a menacé en disant que si je ne couchais pas avec lui, qu’il va appeler tous ces amis pour abuser de moi à tour de rôle, j’avais très peur donc j’ai accepté malgré moi de coucher avec lui seul. Après avoir abusé de moi à plusieurs reprises, il m’a pris à moto et on est parti chez ses amis quelques parts que je ne connais pas, il a fumé un joint là-bas et m’a déposé près de chez moi en disant de ne rien dire à personne. » A-t-elle expliqué.

Revenu à la maison après cet acte ignoble dont elle venait d’être victime, la jeune fille n’a pas gardé le silence. Elle a explique le déroulement des faits à sa famille, qui a mis un plan en place pour arrêter le présumé bourreau et le conduire devant les autorités :

 « Mon amie qui m’a accompagné et ma sœur étaient mortes d’inquiétude, elles m’ont appelé à plusieurs reprises mais le gars avait confisqué mon téléphone. Quand je suis rentrée à la maison, j’ai tout raconté à ma sœur et nous nous sommes convenus de piéger le gars pour l’arrêter. Le lendemain matin, il m’a appelé pour savoir où je suis et se rassurer que je n’ai rien dit à personne, je lui ai dit que je suis à la révision à l’école, donc il a dit qu’il passera me chercher à 13 heures. Quand il est venu, mes grands frères l’attendaient déjà, ceux-ci l’ont attrapé pour le conduire à l’OPROGEM. » Poursuit la victime.

Devant les hommes de médias, le mis en cause a reconnu les faits mais il nie d’avoir utilisé une paire de ciseaux pour menacer sa victime. Sans tarder, le chef d’antenne régionale de l’OPROGEM a affirmé que le dossier atterrira dans un bref délai sur le bureau du procureur de la République près le TPI de Kankan :

 « Il sera déféré devant Monsieur le procureur du tribunal de première instance de Kankan, je ne badine pas avec les présumés violeurs. »

Effrayées la tournure de la procédure, la victime et sa famille ont désisté et demandent à ce que le jeune homme soit relâché, un vœu que l’OPROGEM n’entend pas exhausser. 

Ahmed Sékou Nabé correspondant à Kankan

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