Kindia/Covid 19 : les conducteurs de motos-taxis ne respectent pas les mesures barrières

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L’interdiction de prendre plus d’une personne chez les conducteurs de motos-taxis est aujourd’hui une mesure non respectée dans la préfecture de Kindia, située à 135 kilomètres de la capitale Conakry. Ces motocyclistes majoritairement des jeunes, continuent à prendre plus d’un passager sur leurs motos. Pour eux, il est très difficile de respecter cette mesure édictée dans la lutte contre le nouveau coronavirus.

Il suffit seulement de faire un tour dans certains lieux du centre urbain de Kindia ou ses périphéries pour constater la surcharge à laquelle se livrent les conducteurs de motos-taxis. Pour Mamadou Saliou Sow, conducteur de moto-taxi, il est très difficile de respecter cette mesure malgré la présence du virus. « C’est dommage ce que nous sommes en train de faire. Malgré la présence de ce virus on est obligé des fois de prendre deux personnes derrières nous. C’est juste pour qu’on ait la recette du jour. Ensuite, gagner de quoi manger. Parce que ça galère trop. Et malgré la situation, les policiers sont là à nous raquetter chaque jour. S’ils nous arrêtent, ils ne demandent même pas les dossiers. Et même s’ils demandent, c’est juste pour la forme. Après on te dit petit (andhé-songnirra ) (donne-moi un peu). En plus de ça, il y a aussi le syndicat qui nous fatigue avec leurs tickets. Donc vu tout ça, on est obligé de prendre deux personnes derrière, surtout quand il s’agit du déplacement pour les villages dans des Communes Rurales. Mais tout cela, c’est la faute au gouvernement guinéen qui ne met aucune stratégie en place pour répondre aux attentes des citoyens. Chez les autres ce n’est pas ce qu’on voit. Là-bas tu peux même rester à la maison et être satisfait par l’Etat en cette période de la pandémie. Mais ici le gouvernement ne fait absolument rien pour la population » explique -t-il

Depuis l’entrée de cette mesure en vigueur, certains motoyclistes auraient du mal à obtenir leurs recettes. Les clients sont rares et il est difficile d’avoir deux personnes pour un long voyage, explique Aboubacar Bah « Ici par tronçon, un passager paie 2500 à 3000 francs guinéens. Et il est difficile d’avoir le déplacement de deux personnes qui partent en brousse comme d’habitude. Ce qui veut dire que la clientèle se fait rare.  Alors si on ne profite pas pour prendre des fois deux passagers, on ne peut rien avoir comme intérêt. Et si tu demandes à un passager de payer 5000 francs guinéens pour un tronçon, il va se plaindre qu’il n’y a pas d’argent. Et nous aussi on a des comptes à rendre. A l’heure-là, il est difficile d’avoir 50 000 FG comme recette par jour. Pourtant on gagnait 80 à 100 000 fg avant Corona. Voilà un peu ce qui nous oblige de passer à côté de cette décision», nous a-t-il confié.

Les autorités devraient prendre des dispositions pour le respect strict de cette mesure dans la préfecture de Kindia qui n’a pas encore enregistré son premier cas positif du nouveau Coronavirus.

Aboubacar Dramé, correspondant régional à Kindia

+224 623 08 09 10.

 

 

 

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