Kindia : un conflit domanial oppose Komoyah et Kambaliyah, plusieurs blessées et 13 arrêtés

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Un conflit domanial vieux d’une vingtaine d’années oppose deux secteurs de la sous-préfecture de Damakania. Lequel conflit a causé ce samedi 11 avril 2020, d’énormes dégâts matériels entre les habitants de Kambaliyah et Wondolayah. Ainsi, plusieurs personnes ont été arrêtées. Chacun de ses deux camps réclame la paternité de ce domaine d’une superficie de 554 hectares.

C’est ce week-end que ce conflit qui couvait depuis un peu plus de 20 ans a éclaté entre les secteurs Goléyah et Komoyah relevant de la commune rurale de Damakania. Dans le méli-mélo, des maisons ont été saccagées à Wondolayah. Les habitants parlent de motos emportées et une importante somme d’argent. Le président du district de Komoyah, Soriba Kéita affirme que le jugement a été rendu en faveur de ses frères. « Ce sont des gens de Kambaliyah qui sont venus jeter des pierres sur notre hameau ici à Wondolayah, saccager les maisons, détruire les biens des gens et voler même l’argent avec des motos et consort. L’origine, c’est le problème de terrain entre nous et les gens de Gningnima dont le jugement a été rendu en faveur de mes frères. On a fait la remise de leur domaine devant les autorités de la sous-préfecture et la gendarmerie sous l’ordre de Monsieur le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia. Donc hier on procédait à l’exécution des travaux, les gens de Kambaliyah sont venus nous jeter des pierres. Ils ont cassé les portes, sont rentrés dans les maisons et prendre les objets et de l’argent. Nous aussi, on a informé les autorités et au moment où je vous parle plus de 10 habitants de Kambaliyah sont arrêtés », explique-t-il.

Les citoyens de cette localité fortement mobilisés arrêtaient chaque citoyen de Kambaliyah qui passait. Une mère accusée par les jeunes de Wondolayah d’avoir gardé dans sa concession des jeunes de Kambaliyah a aussi été arrêtée.

« Moi j’étais dans la douche lorsque je les ai trouvés chez moi. Ils m’ont dit de leur donner ma clé, qu’un jeune de Kambaliyah est dans ma maison. J’ai tiré la maison et je leur ai dit qu’il s’est enfermé de l’intérieur. Dès qu’ils ont offensé la porte, ils ont attrapé le jeune et un a dit qu’on m’attrape aussi. C’est ainsi que j’ai pris la fuite. Ils m’ont trouvée chez les voisins et ils m’ont amené ici. Ils détiennent mon téléphone. Moi, je ne suis pas complice et personne n’est dans ma maison. Si vous ne me croyez pas, allons voir » explique Aïssatou Bah, habitante de Gningnima.

En route pour Kambaliyah où les gendarmes se sont rendus pour arrêter les jeunes de cette localité qui auraient saccagé les maisons à Wondolayah, une femme maraîchère a été retrouvée seule dans la forêt en train de pleurer.  A en croire M’Mah Soumah, son argent aurait été emporté par l’équipe de la gendarmerie.  « J’ai quitté à Conakry hier et tôt le matin je suis descendue au bas-fond pour arroser. C’est ainsi que l’une de nos filles est descendue en disant ma marâtre M’Mah Soumah courrons, il y’a des militaires qui ont en train de tirer. Je lui ai demandé comment je peux courir mes enfants sont là-bas. Au moment où je montais, j’ai vu les gens courir. Je suis restée et après je suis partie à la maison. Arrivée, j’ai trouvé la porte gâtée, il n’y a plus nos motos au salon, et mon argent que j’ai mis sous le lit. J’ai envoyé de la tomate et les feuilles nana à Conakry, j’avais plus de 700.000 gnf, les militaires ont tout emporté » explique-t-elle d’une voix coupante.

Regroupés sous un fromager, l’un des doyens de Kambaliyah du nom de Fodé Issiaga Soumah a aussi réclamé la propriété de ce domaine conflictuel. Pour lui, Kambaliyah a eu raison cinq fois de suite dans ce dossier. « C’est un conflit domanial qui est entre Komoyah et nous. Ils veulent prendre toutes nos terres pour eux. Nous avions tenu des assises, des jugements pendant 21 ans et la raison nous a été rendue cinq fois. Kindia a rendu verdict en notre faveur trois fois, la Cour d’appel 2 fois et elle nous a donné le feu vert de faire le lotissement.  Nous étions sur ça, un papier nous est parvenu en provenance de la Cour d’appel, d’arrêter le travail. Après cet arrêt, la brigade de recherche nous a dit de libérer le terrain que c’est à eux désormais de garder le domaine. Dès que nous sommes quittés, ils ont commencé à revendre le terrain. Je suis parti me présenter à la gendarmerie et ils ont réclamé le transport judiciaire 500.000 gnf et nous avons payé cela à maintes reprises. Nous étions sur ça, le mercredi maintenant j’ai vu le sous-préfet Soriba Kéita et le procureur en train de mettre les bornes mais comme il y avait là-bas plus de 50 personnes. Je ne suis pas parti là-bas car le regroupement est interdit ce moment. Hier ils sont revenus là-bas, c’est ainsi j’ai dit aux enfants d’aller leur dire de ne pas mettre les bornes là-bas. Dès qu’ils ont vu les enfants, ils ont pris la fuite en laissant là-bas leurs motos et nous avons envoyé les motos ici. La soirée, notre huissier de justice nous a autorisé d’envoyer les motos à l’habitat et on l’a obéi. Ce matin, nous, nous étions là, les gendarmes sont venus et ils ont commencé à frapper, casser les maisons. Ils se sont servis de gaz lacrymogènes en blessant plusieurs citoyens. Au moment où je vous parle, ils ont arrêté ici à Kambaliyah 13 personnes. On se demande où nous en sommes par rapport au verdict de la Cour d’appel » s’’interroge enfin le doyen.

A Kambaliyah plusieurs incidents ont été révélés par les habitants. Une femme enceinte de 8 mois blessée à la main et au niveau de ses pieds dis qu’elle a été battue par les gendarmes. Pour le moment, rien n’est clair en ce qui concerne la propriété de ce domaine litigieux. Affaire à suivre…

Aboubacar Dramé, correspondant régional à Kindia

+224 623 08 09 10

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