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La chronique de Mamadou Dian Baldé : les dés sont jetés

Mamadou Dian Baldé, journaliste éditorialiste s’est penché sur le pan consacré par le chef de l’État sur le projet de révision constitutionnelle, dans une récente sortie qu’il a faite dans la presse sénégalaise. Le divorce entre le parti au pouvoir et son allié de l’Union des forces démocratiques (UFD) de Mamadou Bah Baadiko et la descente aux enfers de Mohamed Touré, du côté des États-Unis sont entre autres sujets abordés dans cette chronique hebdomadaire « croustillante »  de notre confrère.

Talibé Barry: Bonjour Mamadou Dian. Votre chronique d’aujourd’hui, actualité oblige, porte aussi sur la sortie du président de la  République chez nos confrères sénégalais, sur le projet de nouvelle constitution. Vous pensez que les dés sont jetés?  

Mamadou Dian Baldé : La récente sortie du président de la République chez nos confrères sénégalais, a permis de lever le voile de mystère qui plane sur ses intentions de se pérenniser au pouvoir au-delà de 2020. Cela va de soi que son propos ait pu assoir la conviction de l’opinion sur ses ambitions.

L’usage de circonlocution ne cache pas l’arrière-pensée du chef de l’État.

Alpha Condé serait donc prêt à tenter le diable, pourrait-on dire sans risque de se tromper.

Et comme il fallait s’y attendre, la posture adoptée par le président à travers cette interview, a fait monter la mayonnaise. C’est du côté de Paris que le Front National pour la Défense de la Constitution a rompu les lances contre l’idée d’une révision constitutionnelle.

Les promoteurs du fameux projet de modification constitutionnelle ont essuyé la même bronca dans les provinces de N’Zérékoré, Boké, Mamou et dans certains quartiers de Conakry.

Cette levée de boucliers ne semble cependant pas entamer le moral du camp présidentiel. La présence samedi au siège du RPG de Madame la Première dame, Hadja Djènè Condé, qui avait à ses côtés le président de l’assemblée nationale, Claude Kory Koundiano illustre parfaitement cette détermination à toute épreuve du parti au pouvoir. Qui, de son côté bénéficie également d’adhésion en faveur du maintien du président dans ses fonctions au-delà de 2020.

Comme l’a dit Alpha Condé, le débat est lancé. Et qu’il faille dorénavant faire prévaloir la souveraineté du peuple. Comme quoi les dés sont jetés.

La carotte et  le bâton

Avec ce qui se vit sur le terrain, à travers des arrestations de citoyens munis de banderoles et  arborant des tee-shirts défavorables au projet de troisième mandat, vous soupçonnez le pouvoir de manier la carotte et le bâton…

Il faut reconnaître que les deux camps ne sont pas logés à la même enseigne. Du moins pour le moment.

C’est comme si le président criait à la cantonade, quand il souhaite que le débat soit libre et démocratique.  Car c’est tout le contraire qu’on observe sur le terrain. Avec des arrestations opérées dans les rangs des « anti troisième mandat ».

Le cas de ce mineur de 13 ans, cueilli  à quelques encablures de la mairie de Matoto, fait froid dans le dos.

Alors que les pros eux, bénéficient de moyens de l’État et de toute l’attention de l’appareil sécuritaire.

C’est le moment d’appeler ceux qui font dans l’excès de zèle, de savoir raison garder. Et qu’ils comprennent bien que le débat doit se limiter à des affrontements à fleurets mouchetés. Au lieu de s’évertuer à instaurer un climat d’inquisition dans la cité.

L’exécutif ne doit nullement donner l’impression de vouloir manier la carotte et le bâton. Bien que ç’en a tout l’air en ce moment.

Baadiko largue les amarres

Vous nous apprenez que le leader de l’UFD a quitté le navire de la majorité présidentielle pour incompatibilité d’humeur. Et qu’avec le départ de Baadiko, cela constitue un allié de moins pour le parti au pouvoir ?

La coordination nationale de l’Union des Forces Démocratiques (UFD) de Labé a remis les pendules à l’heure, face à la question d’un éventuel tripatouillage de la constitution.

Dans un entretien accordé au site guineematin.com, Mamadou Saïdou Baldé, son porte-parole,  ne fait pas dans la dentelle en rappelant ce qui semble être une règle d’or gravé dans le marbre du parti. A savoir que ‘’depuis la création de l’UFD, en 1992, la défense  des valeurs démocratiques et les principes universels des droits de l’homme et des libertés fondamentales’’, demeurent non négociables.

« Nous avons toujours prôné l’alternance démocratique. Nous ne pouvons donc jamais être associés à toute forme de confiscation ou de tentative de confiscation du pouvoir par qui que ce soit. Nous comptons donc nous investir pour empêcher le président Alpha Condé de s’éterniser au pouvoir», tempête ce cadre  de l’UFD.

Des propos qui sonnent comme une rupture entre Alpha Condé et son allié Mamadou Bah Baadiko. Qui a fini sans doute par comprendre qu’il n’était qu’un pigeon dans ce mariage qui ressemble bien à celui du cheval et du cavalier.  C’est la fin d’une aventure qui n’aura pas profité à l’UFD. Là où des ouvriers de la onzième heure ont pu tirer les marrons du feu. Ceci expliquant sans doute cela. Il était donc temps pour Baadiko de se retirer sur l’Aventin.

Avec son retour au pays annoncé pour les heures qui suivent, on pourrait certainement en apprendre de plus belle sur ce divorce.

Toujours est-il que la mouvance vient de perdre un allié, et non des moindres.

Clap de fin pour Mohamed Touré !

Mamadou Dian, vous semblez craindre également que l’emprisonnement du fils de Sékou Touré aux USA ne marque la fin de sa carrière politique qui battait déjà de l’aile ?

La nouvelle de la condamnation de Mohamed Touré à 7 ans de prison, assortie de libération conditionnelle est tombée comme un couperet sur la tête de ses proches. Les nostalgiques de la première République ne pourraient être en reste dans cette mélancolie.

Tout comme Mohamed Touré, son épouse aussi est soumise à l’épreuve de la justice américaine.  Denise Cross écope de la même peine de prison.

Ni les jérémiades des comités de soutien au couple, qui ont tenté des coups d’éclat devant la chancellerie américaine à Conakry, ni les foucades du président Condé, qui a pris fait et cause pour Mohamed dans ce dossier, n’ont pu freiner la redoutable machine judiciaire du pays de l’Oncle Sam.

Le plus dur dans cette affaire, c’est que le couple va devoir verser à la victime, plus de 288 000 dollars, avant d’être expulsé, une fois la peine  de prison purgée.

Le fils de Sékou Touré va ainsi devoir endurer ce sort funeste, qui pourrait sonner le glas de sa carrière politique. Lui, qui n’a jamais réussi d’ailleurs à redresser la barre de son parti le PDG RDA,  qui peine  à survivre à son fondateur, feu Sékou Touré.

Ses ouailles tentent néanmoins de faire contre mauvaise fortune bon cœur. C’est ainsi que dans une déclaration publiée en guise de réaction à cette condamnation, son secrétaire général par intérim, Oyé Béavogui reconnait ‘’qu’il n’est pas facile de digérer cette condamnation. Cette nouvelle n’est pas satisfaisante. Mais s’il y a lieu de comparer cette peine qui vient d’être prononcée, ce n’est pas mal en soi.’’

Le couple Touré derrière les barreaux, pour de nombreuses victimes du régime de Sékou Touré, cela n’est que justice. Et comme le dit le proverbe : « le malheur des uns fait le bonheur des autres. »

Dr Faya Millimouno dans l’œil du cyclone judiciaire

Vous chutez dans votre chronique par les déboires judiciaires du leader du Bloc libéral Dr Faya Millimouno, qui pour vous est dans l’œil du cyclone ?

L’étau s’est certes desserré autour du  président du BL, ces dernières heures. Même si l’épouvantail judiciaire continue encore de planer au-dessus de la tête du Dr Faya.

Son inculpation serait d’ailleurs une manière pour le pouvoir de le tenir en laisse. C’est du moins l’avis de maints observateurs qui considèrent Dr Faya comme un empêcheur de tourner en rond.

En proie à des démêlées judiciaires pour avoir tenté de s’opposer à l’ouverture de la session des lois avec des députés « périmés », le leader du BL se sent désormais seul. Hormis le soutien de quelques personnalités de la société civile.

L’opposition s’est contentée d’une condamnation du bout des lèvres de son interpellation.

Cela est de bonne guerre, vu que les principaux partis ont repris leurs places au sein de l’hémicycle.

Dr Faya Millimouno a profité d’une conférence de presse organisée ce mardi, pour parler ‘’d’acharnement contre son parti.’’

« Le pouvoir du Pr Alpha Condé, c’est un seul parti aujourd’hui qui montre toute sa cohérence par rapport aux dérives du régime. Il faut faire des manœuvres pour faire taire les membres du Bloc Libéral », a-t-il tancé lors de cette sortie.

Avant que l’ordonnance de mise sous contrôle judiciaire de l’opposant ne soit temporairement suspendue, il lui était ‘’interdit de dépasser les périmètres de Conakry. Il devait aussi répondre à la convocation du juge d’instruction à n’importe quel moment.’’

Malgré cette privation de liberté, l’opposant maintient  que ‘’le mandat des députés est périmé. Et que ces gens-là n’ont plus le droit de siéger à l’assemblée.’’

Au sein de la mouvance, les déboires de Faya sont perçus comme un non-événement. Comme l’a clamé le député Damaro Camara, que le « leader du BL est à sa place.»

Il faut reconnaître qu’il y a de quoi se frotter les mains, du côté du parti au pouvoir, avec la présence de l’opposition au sein du parlement, après l’expiration du mandat des députés. Sans que de nouvelles élections ne soient tenues.

Car comme disait François Mitterrand, « rien n’est pire pour le fonctionnement de la démocratie qu’une chambre monocolore. »

A l’allure où vont les choses, Dr Faya, Dr Ousmane Kaba et Fodé Mohamed Soumah ne font que prêcher dans le désert.

Mamadou Dian Baldé

Journaliste éditorialiste

 

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