La CRIEF, possible trompe-l’œil ! (Edito Mognouma)

Une actualité en chasse une autre ! Cette réalité est bien connue des professionnels des médias. Le débat caporalisé par le dialogue politique en est la preuve.

La CRIEF, elle, on en parle très peu. Et pourtant !

Ce sujet est passé sous silence à cause de l’actualité liée à ce fameux dialogue qui a lieu dans la perspective de la énième appréciation très prochaine de la gestion de la transition, par la conférence des chefs d’Etats de la CEDEAO, qui aura lieu, en fin de semaine à Abuja, au Nigéria. En toile de fond des discussions à n’en finir, l’absence de la troïka. Ce sont ces trois grandes coalitions, composées des partis politiques les plus représentatifs du landerneau politique, qui continuent cependant, hélas, depuis trop longtemps, de ressasser les mêmes réclamations qui ont aussi longtemps agité le pays, au point de lasser une opinion apparemment désabusée, par ce qu’il est convenu d’appeler désormais les guerres de chapelle. Peut-être, une excuse sous la transition, une période qui est entièrement et abusivement dédiée à cela.

Pour revenir à la CRIEF, dont on parle très peu ces derniers temps, le sentiment d’injustice est le mieux partagé. Il est lié à ses actions et démarches très questionnables, notamment dans la gestion des dossiers emblématiques pendant par-devant elle et mettant en cause, des anciens dignitaires.

On peut innocemment conclure à une attitude de vengeance ou la volonté de mettre sous cloche, ou d’anéantir des adversaires déclarés à la capacité de nuisance imaginaire.

Le cas de Djoma Group dont le dossier, à l’enquête préliminaire a duré une éternité, dans le seul dessein inavoué de trouver la petite faille, a été reconnu vide, et son PDG, ancien proche collaborateur d’Alpha Condé  , malgré tout, est envoyé et gardé en prison.  

Il en ainsi ou presque de tous les autres dossiers, d’anciens dignitaires, bien sûr, pourtant pris, dit-on, en flagrant délit, mais paradoxalement, qui peinent à être renvoyés devant la juridiction de jugement de cette cour spéciale.

A cette allure, le Garde des sceaux a conscience d’un éventuel effondrement de ses efforts au quotidien pour la qualification de la justice.  Il prend la mesure de la situation. Et promet d’y apporter un nouveau souffle.

Charles Wright, connu pour son tempérament bouillant et dont les actions débordent d’audace et d’envie de trop bien faire, cependant souvent édulcorées par des agissements à la limite de l’inacceptable, au nom de cette fougue, veut mener, au sein de cette Cour spéciale, des grandes réformes.

Des reformes qui vont, à coup sûr, toucher à l’organigramme et aussi, certainement aux personnes qui composent cette juridiction, les mêmes, d’ailleurs, qui ont promis au Président de la transition, après avoir fait leur mea-culpa, en regrettant du bout des lèvres d’avoir été longtemps instrumentalisés, de faire leur mu, pour être des bons magistrats.

Le constat à ce jour, impose à notre compréhension, la réalité d’une mutation difficile de ces hommes en robe rose.

Dans une large mesure, il est incontestable que le sentiment d’impunité s’amenuise dans le pays où l’impunité était la règle de gouvernance. Le Président dans les discours, y attache un grand prix.  

La CRIEF qui est un des instruments de cette lutte, inspire parfois le règlement de compte et la haine des anciens.  A cet égard, elle amène à douter !

In Djomedia

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