La dictature technologique : cas du logiciel espion Pegasus (Par Youssouf Sylla)

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Les gouvernements autoritaires ne sont plus les seuls à craindre. Il y a plus grave et plus redoutable: la dictature technologique mise en œuvre par les grandes firmes privées qui contrôlent, pas seulement les habitants d’un pays, mais les populations de plusieurs pays à distance, sans que les contrôlés ne s’en rendent compte. C’est le pouvoir le plus total et le plus invasif. On cite à ce propos les GAFA, ces dinauroses des temps modernes qui dominent internet: Google, Apple, Facebook, Amazon, etc.

Cette dictature post étatique nous met devant une difficile équation à résoudre: Prendre sa revanche sur la technologie ou se laisser contrôler par elle.

En effet, nos données nous échappent complètement avec ou sans notre consentement. Elles sont collectées partout pour mille raisons: par nos téléphones dits intelligents, les caméras de surveillance au coin de la rue, les compagnies aériennes, les magasins, l’État, les banques, etc. Et rien ne dit que l’usage qui en fait est conforme aux lois. Certaines données sont collectées pour de bonnes raisons (protection de la société, prévention de crimes, etc). D’autres en revanche, le sont pour de très mauvaises raisons (espionnage, préparation de crimes, etc).

Les récentes révélations concernant le logiciel espion Pegasus correspond au second cas. Pendant qu’on est choqué par ces révélations, des millions de nos données personnelles sont en train d’être exploitées à notre insu. En réalité, le développement des nouvelles technologies ira forcément avec l’accroissement du risque d’atteinte à la vie privée.

Trouver l’équilibre entre les technologies invasives, aujourd’hui incontournables pour de bonnes raisons, et le respect de la vie privée, est un immense défi. Ce défi doit être relevé par l’association du droit, de la technologie, de l’éthique et de la coopération internationale.

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