La Doctrine PASTEF (Par Siré Sy)

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Du siècle dernier (1900-2000) jusqu’à ce siècle actuel et commençant, les luttes idéologiques, politiques et syndicales au Sénégal, étaient irriguées, inspirées et traversées dans tout son corps social, par les doctrines combinées et complémentaires de notre désir d’Indépendance (1900-1945), de notre volonté d’en finir avec la Colonisation (1945-1960), de notre dignité de s’en départir du Néo-colonialisme (1960-1980), de notre soif d’Alternance (1980-2000) et de notre espéranto pour une Alternative (2000-2020).

A chaque étape de notre trajectoire historique dans notre combat idéologique et politique pour un Sénégal de tous, pour un Sénégal par tous et pour un Sénégal pour tous, pour une reprise de notre destin en main et pour une renégociation de notre place dans le monde et de la globalisation, notre société a pu élaborer ses (propres) doctrines et a pu produire des diamants à l’état brut, à chaque étape de son combat. Une synthèse (un Leader, un Réformateur, un Révolutionnaire) et une Doctrine (une pensée idéologique et une philosophie politique) à la fois et sous le même rapport, sur/de nos propres contradictions mais aussi sur/de notre foi inébranlable face aux défis. 

Mais malheureusement, pour certains de nos diamants à l’état brut, nous les avons tués dans l’œuf (Majhmout DIOP et le PAI), pour d’autres diamants bruts, nous les avons perdus dès qu’ils ont éclos (Mamadou DIA et Cheikh Anta DIOP), s’ils n’ont pas perdu carrément leurs chemins en cours de route (Landing Savané et Talla SYLLA). Quand d’autres diamants à l’état brut ont pu éclore et grandir, en commençant à donner au Sénégal le meilleur des fruits attendus d’eux et de leurs doctrines, avant que subitement et brusquement, on ne sait pas de par quelle magie, leurs esprits ont dégénéré (Me WADE) ou commencent alors à dégénérer (Macky SALL). Au sens marxiste et révolutionnaire du terme.

Le Sénégal était immergé et submergé, de 1975 à l’an 2000, et le président Abdoulaye WADE lui a fait sortir sa tête de l’eau. C’est quand on avait le plus espéré que le président WADE allait ensuite mettre le Sénégal sur des rails nouveaux après l’avoir sauvé d’une noyade certaine, en la ramenant sur les berges, qu’il a été atteint de dégénérescence. La dégénérescence du troisième âge que des vautours et des cupides ont su habilement exploité au point d’amener le président Abdoulaye WADE, à trop s’approcher du Roi Soleil. Eh bien, comme Icare, le président Me WADE va se brûler les ailes.

C’est quand le Sénégal et les Sénégalais ont  commencé à être envahi par le doute,, sur ses propres rapports à Soi, sur ses propres rapports à Nous et sur ses propres rapports aux Autres, que le Sénégal et les Sénégalais découvrirent Macky SALL, le candidat Macky SALL et la séduisante et l’appétissante doctrine du Yonu Yokkuté. L’offre politique de l’opposant Macky SALL (2008-2012) était tellement sexy, tellement ”sweet”, comme un démon de midi, quoique  dans l’intervalle le candidat Macky SALL (2012), a profondément changé et est carrément différent du  président Macky SALL (2012-2021), dans sa pratique politique et dans sa ligne doctrinaire. Au point d’inquiéter. Au point de faire peur…….

Est-ce-à-dire que le Pouvoir révèle au sens photographique du terme, les traits de caractère d’une personne qui a su cacher son jeu jusqu’à s’emparer du Pouvoir? Si, oui, alors, le Pouvoir ne rend pas fou….

C’est dans cet intervalle qu’il faut situer la doctrine idéologique et politique ‘’PASTEF’’, l’état d’esprit ‘’PASTEF’’, l’espéranto ‘’PASTEF’’; ces espérances collectives; qui est plus en soi et pour soi, ni pour une Alternance (le système demeure mais les hommes changent) ou ni pour une Alternative (le système demeure mais la tactique change et les hommes aussi); mais un possible pour une TOUTE NOUVELLE SOCIÉTÉ SÉNÉGALAISE (qui dépasse le seul cadre de la Politique-Etat et Pouvoir) que les tenants et les lieutenants (les décideurs politiques/économiques et les autorités religieuses/coutumières) n’ont pas encore pleinement perçus les faisceaux d’indices de ses ruptures profondes et douloureuses. Profondes parce que douloureuses. Douloureuses parce que profondes. 

Du temps de la doctrine ‘’Alternance’’ (1970-2000) surtout avec le PDS et Me Wade; et de la doctrine ‘’Alternative’’ (1980-2000) avec notamment le Mouvement Révolutionnaire pour une Démocratie Nouvelle, tête de pont du Mouvement révolutionnaire sénégalais, le Sénégal était en crise. Aujourd’hui (2020) et jusqu’à Demain (2035), le Sénégal n’est pas/plus en crise, mais il se transforme et se métamorphose – le Sénégal s’est transformé et s’est métamorphosé- sous la combinaison de trois chocs: (1) choc démographique; (2) choc économique et (3) choc culturel. Avec en toile de fond, les révolutions technologiques et numériques qui ont fini de changer d’abord nos rapports à Soi, nos rapports à Nous et nos rapports aux Autres.

C’est en cela que la Doctrine ‘’PASTEF’’ mobilise de plus de plus une bonne frange de la jeunesse sénégalaise, les diaspora sénégalaises, les libres penseurs, les universitaires et les artistes. Parce que la doctrine ‘’PASTEF’’ représente à leurs yeux, à eux, cette doctrine du ‘’tout à fait autre chose’’; la Doctrine de la Rupture épistémologique, la Doctrine de la Disruption idéologique et politique. En un mot, la ‘’Nouvelle Société Sénégalaise’’. Celle qui habite le monde et qui vit le monde; tout en enfouissant ses propres pieds dans ses repères d’ancrage et de proximité. Et c’est en cela et pour cela qu’avec la Doctrine ‘’PASTEF’’, la politique se fanatise quand le fanatique se politise aussi. 

Et sous cet angle, le président Ousmane SONKO apparaît dès lors comme le dernier des Mohicans, la figure réincarnée de tous ces diamants à l’état brut que le Sénégal a perdu en cours de route, de Majhmout DIOP au président ….Macky SALL, en passant par Mamadou DIA, Cheikh Anta DIOP, Landing SAVANE et Talla SYLLA.

Maintenant; c’est au président Macky SALL-comme il l’aurait dit un soir de 31 décembre, que c’est lui qui gère de sa main de maître, les chaux dossiers judiciaires pour la stabilité du Sénégal et dans l’intérêt de la paix sociale), de répondre aux Sénégalais et à son Peuple. Pour parler comme Cheikh Hamidou KANE dans ‘’l’aventure ambiguë’’: ce que vous gagnerez sur ‘’le fils de l’Homme’’ qu’est Ousmane SONKO, vaut elle mieux que ce que le Sénégal perdra comme Doctrine ‘’PASTEF’’?   

Excellence, Monsieur le président de la République, Macky SALL, je vous fais parvenir ces quelques mots et idées que Nietzsche disait à propos du ‘’fils de l’Homme’’ que nous sommes finalement tous. Parce que l’Homme n’est ni ange, ni bête et le malheur veut que celui qui veut faire l’ange, fait aussi la bête.

Nietzsche a dit et écrit : (……). Nous nous sommes corrigés. Nous sommes devenus moins prétentieux en toutes choses. Nous ne faisons plus descendre l’homme de ‘’l’esprit’’, de la ‘’divinité’’, nous l’avons replacé parmi les animaux. Il est pour nous l’animal le plus fort, parce qu’il est le plus rusé : l’esprit dont il est doté en est une suite. Nous nous défendons d’autre part contre une vanité qui, là aussi, voudrait élever sa voix. Et, en prétendant cela, nous allons encore trop loin : l’homme est relativement le plus manqué de tous les animaux, le plus maladif, celui qui s’est égaré le plus dangereusement loin de ses instincts – il est vrai qu’avec tout cela il est aussi l’animal le plus intéressant !

Siré SY, Président du Think Tank Africa WorldWide Group

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