La galère du changement (Par Ibrahima Kalil Sylla, BL)

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Je suis jeune. Je suis diplômé. Je suis au chômage. Je fais partie de ceux et celles de mes compatriotes qui avaient beaucoup fondé l’espoir d’un lendemain meilleur sur l’arrivée au pouvoir de Monsieur Alpha Condé. Mais hélas ! Quel cauchemar ? Quel désenchantement ? Tout se passe exactement comme dans une jungle. Je suis choqué. Ma foi et mon amour pour mon pays sont ébranlés. Je suis davantage choqué quand j’entends certains thuriféraires faire l’éloge du régime et, surtout, défendre son « bilan élogieux ». Ils claironnent que tout va bien. Ils proclament que la crise économique est sous contrôle ; que tout est fait pour résoudre le problème du chômage des jeunes. Bref, ils prétendent que le gouvernement travaille.

Si le gouvernement travaille comme ils le prétendent, peut-on se demander quel est le bilan ? Qu’est ce que ce régime a concrètement fourni à la Guinée depuis son avènement ? Les thuriféraires diront Kaléta. C’est vrai.  C’est en réalité la seule véritable réalisation de ce régime même s’il faut déplorer les conditions qui ont permis la réalisation de Kaléta. De notre point de vue, le bilan est catastrophique et détestable à bien des égards. Comment ?

Au plan environnemental, c’est la catastrophe. En effet, Conakry et les grandes agglomérations de l’intérieur sont aujourd’hui sales comme ils ne l’ont jamais été dans l’histoire de notre pays. La forêt a disparue, les forêts classées de Ziama et de Diecké sont menacées. Boké, Kintinia, Léro, etc. sont plongés dans une tempête de poussière inimaginable. Les décharges de déchets commencent à tuer les Guinéens, etc. 

Au plan économique, le mensonge, c’est le fait de confondre gestion financière et économique, confondre la croissance économique au développement ou à la réduction de la pauvreté. En réalité, on ne sait pas ou on va avec se regime, il est très difficile d’appréhender sa politique économique. Elle manque de plan et n’est en aucun cas conforme à la réalité du pays. Tout l’effort de ce régime est exclusivement basé sur le seul secteur minier ; un secteur qui, à court terme, ne peut profiter à la majorité de la population guinéenne. Il ne profite qu’à une minorité. L’agriculture, l’élevage et l’agro-industrie sont laissés pour compte. Pourtant ces secteurs emploient plus de la moitié des actifs guinéens. Les conséquences de cela sont : l’incohérence et l’inefficacité de la croissance économique, la stagnation du taux de pauvreté. Elle est caractérisée par la gabegie, la corruption et les marchés de gré. Quand on veut lutter contre la pauvreté il faut mener le combat la où se trouve les pauvres.

Au plan politique, institutionnel et démocratique,

La gouvernance est un pilotage à vue. Le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire se confondent, la séparation garantie par la constitution de notre pays est piétinée. D’ailleurs, il a fallu trois ans après 2010 pour voir enfin l’installation du parlement et les élections communales ne sont toujours pas organisées. Les droits fondamentaux et libertés fondamentales ont du mal à s’exercer. Les manifestations sont fréquentes et sont toujours réprimées de façon sanglante (82 morts déjà). La manifestation est un droit consacré par la constitution et le gouvernement a la responsabilité de protéger les citoyens.

Au plan des infrastructures de soutien au développement

Les infrastructures sont quasi inexistantes, les routes sont dégradées, les logements sociaux n’existent pas. Se comparer à Nelson Mandela est une outrecuidance exagérée car ce dernier a construit plus d’un million de logement en cinq ans, soit deux cent mille logements par an. Quid d’Alpha Condé ?

Au plan éducatif et sanitaire

La seule politique éducative de ce régime consiste à sanctionner ceux qui n’ont pas le niveau. Aucune infrastructure scolaire et universitaire ne répond aux normes. La formation des formateurs, l’alphabétisation etc. ?

Sans parler ici de la condition des jeunes et des femmes, de celle des personnes agrées, force est de reconnaitre que l’espoir suscité par le régime d’alpha condé en 2010 c’est vite transformé en désespoir. Le bilan est piteux et cela par manque de rigueur, l’impunité, par manque de vision et de politiques rigoureuses. Le mensonge et les fausses promesses ont caractérisés ce régime depuis 2010.

Par Ibrahima Kalil Sylla

Membre de la coordination à l’implantation de bloc libéral BL

Responsable des relations avec les médias

 

 

 

 

 

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